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Fier compétiteur

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Il ne pourrait y avoir plus grand fan de Francis Bouillon que Michel Therrien. Et vice-versa.



Et si on dit qu’une image vaut mille mots, celle de Michel Therrien qui interrompt son ancien défenseur au milieu d’un point de presse annonçant sa retraite, devant une vingtaine de journalistes, pour lui faire l’accolade, décrit à merveille toute l’histoire qui existe entre les deux hommes.

« Même moi, au début, dans les rangs juniors, je n’étais pas sûr de moi. Je voyais que Michel croyait en moi, il m’aidait, on restait après les pratiques, on travaillait ensemble. De mon côté, je me demandais combien de temps tout ça allait durer. Et aujourd’hui, quand je vois qu’il vient me serrer comme ça… ça veut dire tellement tout pour moi. Ça fait une vingtaine d’années de ça. »


L’actuel entraîneur-chef des Canadiens et Bouillon en ont parcouru du chemin ensemble. Therrien a été l’entraîneur du défenseur pendant quatre ans dans la LHJMQ avant que leur chemin se croisent à nouveau dans la AHL en 1998 et que les deux graduent à peu près en même temps dans la LNH avec les Canadiens. Puis, en 2012, la paire a de nouveau été réunie jusqu’à ce que Bouillon quitte l’équipe au terme de la campagne 2013-2014.

« Lorsque tu apprends à connaître quelqu’un à l’âge de 17 ans et que tu passes à travers une série de hauts et de bas avec lui, ça rend les choses spéciales. Dans mon esprit, Francis Bouillon est un homme de courage et de détermination », d’affirmer Michel Therrien, qui a dirigé Bouillon pour la première fois en 1992 alors qu’il était entraîneur-adjoint à Bob Hartley avec les Titans de Laval dans la LHJMQ.  « Je me souviens lorsque j’étais entraîneur dans les rangs juniors, j’étais allé le voir. Il jouait pour Montréal dans le Midget AAA. Il m’a vraiment fait une bonne impression. Les gens me disaient qu’il était un bon joueur Midget, mais qu’il était trop petit. Dans la AHL, ce fut la même chose. Ils disaient que c’était un bon joueur junior, mais qu’il était trop petit pour jouer au niveau professionnel. Pour avoir la carrière qu’il a eue, ça prend de la détermination. C’est pour ça que j’ai beaucoup de respect pour lui. »

Au fil des années, la relation entre les deux hommes est allée bien au-delà du hockey.

« Ça a toujours été dur pour moi de le voir comme entraîneur, parce que pour moi Michel Therrien a été plus qu’un entraîneur, c’est un ami, c’est un père adoptif», de confier Bouillon, qui a disputé 581 matchs avec le Tricolore au cours de sa carrière de 15 ans dans la LNH. « Quand c’était le temps de pousser, il me poussait, il me connaissait. Quand il voyait que ça n’allait pas bien de mon côté, il savait comment me relancer. Je dois tout à Michel. »

Comme tout athlète, Bouillon carburait aux défis et Therrien ne manquait pas de lui en lancer.

« Quand je suis arrivé à Granby à 20 ans, Michel m’a dit ‘’On est venu ici pour gagner la coupe Memorial et tu vas être mon capitaine’’. Il m’a toujours donné des défis, c’est ça que j’aimais de Michel », se souvient Bouillon, qui a, comme de fait, amener son équipe jusqu’aux grands honneurs. « Lorsque Michel m’a demandé de le rejoindre à Fredericton, je lui ai dit que je n’étais pas sûr, que j’avais peut-être un contrat ailleurs. Il m’a répondu ‘’Frank, je suis à Fredericton, le club-école des Canadiens de Montréal.’’ Je lui ai dit que je m’en venais sans hésitation. »

En plus de ses qualités de leader hors-pair et de gagnant, Bouillon était également doté d’un excellent sens du hockey, affirme Therrien.


« Il avait beaucoup de détermination, mais ça prend plus que ça pour réussir », de mentionner Therrien, qui appréciait particulièrement les qualités défensives de son élève. « Il était très bon en un contre un. Au junior, on lui demandait tout le temps de jouer contre les meilleurs joueurs de l’autre équipe. Même s’il était plus petit, il ne se faisait jamais battre. Il était solide sur ses patins. Il a toujours eu une bonne passe. Il avait le courage de jeter les gants pour ses coéquipiers. Ça en prend beaucoup pour faire ça. »

Et du courage, il n’en a jamais manqué, même s’il avoue avoir eu la frousse à quelques occasions.

« J’ai souvent eu peur. Mais je le faisais pour l’équipe et pour mes coéquipiers », de confesser le défenseur qui a été impliqué dans une trentaine de combats au courant de sa carrière dans la LNH. « Quand Colton Orr te demande ‘’Ça te tentes tu?’’, tu y penses un peu, mais tu te le fais pour galvaniser ton équipe. Tu veux te faire respecter, tu veux que tes coéquipiers t’aiment. Je n’ai jamais rien fait juste pour moi. »

Au final, c’est ce dévouement envers les autres qui représente Francis Bouillon, autant sur la glace qu’à l’extérieur de celle-ci.

« Il y a sa carrière professionnelle qui est exceptionnelle. Mais Francis Bouillon, c’est plus que ça », de conclure l’entraîneur-chef du Tricolore. « C’est tellement un bon gars, c’est un père de famille incroyable, ça vaut beaucoup plus que le joueur de hockey. »

Vincent Régis écrit pour canadiens.com
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