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De l’autre côté du micro avec… Sergio Momesso

par Staff Writer / Montréal Canadiens

Lorsque les joueurs de hockey décident d’accrocher leurs patins, ils ont généralement le désir de rester connectés au sport qu’ils ont pratiqué et eu comme passion depuis un tout jeune âge. Certains s’impliquent directement au sein des équipes tandis que d’autres décident d’aller de l’autre côté du micro en devenant analystes à la télévision ou à la radio. Alors que plusieurs d’Anciens Canadiens s’ont afféré à la couverture du Tricolore, nous avons rencontré certains d’entre eux pour savoir comment s’est effectué leur transition vers le monde des médias. Cette semaine, Sergio Momesso qui est analyste pour TSN Radio 690.

Comment l’approche s’est-elle faite pour faire le saut dans le monde des médias?

SERGIO MOMESSO: Je voulais revenir dans le hockey. Il y a quelques années, j’ai été voir Bob Gainey lorsqu’il était directeur général et je lui ai demandé s’il y avait quelque chose que je pouvais faire pour aider l’équipe. Il m’a offert un poste où j’aiderais les jeunes espoirs de l’équipe à Hamilton, autant sur la glace qu’à l’extérieur. J’aidais Don Lever – qui dirigeait les Bulldogs à l’époque – pour réussir à faire passer le message aux plus jeunes. Lorsque les Canadiens ont renvoyé Guy Carbonneau, Lever a été promu à Montréal comme adjoint à Bob et on m’a offert un poste d’entraîneur adjoint à Ron Wilson à Hamilton. À la fin de la saison, Wilson a été remercié et remplacé par Guy Boucher, qui a ensuite emmené Dan Lacroix et Martin Raymond avec lui. Lorsque l’équipe m’a ensuite annoncé qu’elle n’avait plus besoin de moi comme entraîneur au développement des joueurs, Rick Moffat – qui était le descripteur des matchs à CJAD à l’époque – m’a appelé pour savoir si j’étais intéressé à remplacer à l’occasion son analyste, Murray Wilson. J’ai donc commencé comme substitut et l’année suivante, Murray a quitté. Suite à son départ j’ai appliqué pour son poste et après des tests et après avoir partagé la saison avec Bobby Dollas, TSN a mis la main sur la station et m’a offert le poste à temps plein.

Quelle était ta perception des journalistes alors que tu étais joueur? A-t-elle changé aujourd’hui?

SM : Comme joueur, vous comprenez qu’ils font leur travail. Mais pour être honnête, il y a toujours un pourcentage d’entre eux auquel vous ne pouvez pas faire confiance. Dans un groupe de dix journalistes, huit d’entre eux sont de véritables professionnels mais les deux autres sont uniquement là pour trouver une histoire. Lorsque vous dites quelque chose, ils peuvent peut-être prendre cette citation et l’interpréter d’une autre manière. Ça m’est déjà arrivé et je vous garantis que c’est arrivé à tous les joueurs. Vous devez toujours faire attention avec vos réponses. Vous devez toujours bien vous comporter près des journalistes et je crois qu’en tant qu’ancien joueur, vous devez être encore plus prudent. Je crois que cette petite prudence sera toujours avec nous.

Alors que tu jouais, est-ce que tu aurais pu t’imaginer un seul instant te retrouver de l’autre côté du micro?

SM : C’est drôle parce que lorsque j’ai pris ma retraite comme joueur et que je suis revenu ici après quatre ans en Europe, je n’avais jamais véritablement pris le temps de penser à ce que je voulais faire par la suite. Mais durant la majorité de ma carrière – des rangs juniors aux professionnels – j’ai presque toujours été capitaine ou adjoint au capitaine et un leader de mon équipe. J’ai donc toujours été à l’aise autour des gens et pour discuter avec eux. Puisque j’ai connu une longue carrière et que j’ai également été entraîneur, expliquer ce qui se passe sur la glace a toujours été facile pour moi et j’ai toujours aimé ça. Je tente également d’être honnête dans mes opinions et je crois que nos auditeurs l’apprécient. Nous recevons également beaucoup de bons commentaires de la part d’anciens joueurs et de dépisteurs qui nous écoutent dans leur voiture. Ils viennent nous voir pour nous dire que nous faisons de l’excellent travail. Même Wayne Gretzky – avec qui j’ai joué à New York et qui vit maintenant en Californie – m’a dit qu’il aime nous écouter chez lui sur les ondes du NHL Network.

Le fait d’analyser les performances de ton ancienne équipe est-il bizarre?

SM : Ce serait la même chose si j’analysais les matchs des Blues ou des Canucks. J’analyse toujours un match de hockey. Les noms sont différents, mais le sport est le même.

Est-ce difficile de rester impartial?

SM : Si un joueur fait un beau jeu, je vais le dire. S’il est paresseux sur la glace ou pour se replier en échec-avant, je vais également le souligner. Je ne peux pas toujours avoir un parti pris. Est-ce que je veux que les Canadiens gagnent? Bien sûr parce que c’est toujours plus amusant de travailler lorsqu’ils ont du succès. Je ne souhaite rien de mal aux joueurs parce que je sais ce qu’ils vivent.

D’après toi, est-ce que tous les anciens sportifs font de bons analystes?

SM : Non. La majorité d’entre eux savent ce qu’ils veulent dire, mais ça ne sort pas toujours de la manière dont ils le souhaiteraient. C’est drôle parce qu’aujourd’hui lorsque je regarde un match à la télé, que ce soit de hockey, football ou baseball, j’écoute les analystes pour voir ce qu’ils disent et de quelle manière ils le font. Je porte attention aux meilleurs pour apprendre d’eux.

À quel point trouves-tu que le monde des médias a changé depuis tes débuts comme joueur?

SM : Il y en a trop maintenant. Il y a tellement de personnes qui couvrent l’équipe de nos jours. C’est pour cette raison que vous devez organiser des conférences de presse pour les entraîneurs et que vous devez sortir trois joueurs à la fois dans le vestiaire. Je me rappelle lorsque je jouais, j’étais assis à ma case et j’avais des conversations très cordiales avec les journalistes. Maintenant, tout est tellement structuré. Les temps ont changé. C’est le monde dans lequel nous vivons.

As-tu déjà dit quelque chose de malaisant en ondes que tu as regretté par la suite?

SM : Je souviens d’une fois où nous étions au Madison Square Garden et que je faisais un match avec Rick Moffat à CJAD. De la manière que notre cabine était située, les spectateurs étaient littéralement derrière nous. Nous avions donc des partisans directement au-dessus de nous qui buvaient de la bière depuis longtemps et qui commençaient à être vraiment bruyants. À un certain moment, je me suis retourné vers eux et je leur ai lancé : « Les gars, fermez vos g****** ou je vais vous frapper ». Par contre, j’avais oublié d’appuyer sur le bouton silence avant de parler. Les spectateurs étaient prêts à se battre et j’étais prêt à y aller aussi mais j’ai soudainement réalisé que j’étais encore en ondes. Rick ne pouvait plus arrêter de rire.

Propos recueillis par Hugo Fontaine.

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