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De l’autre côté du micro avec… Chris Nilan

par Staff Writer / Montréal Canadiens

Lorsque les joueurs de hockey décident d’accrocher leurs patins, ils ont généralement le désir de rester connectés au sport qu’ils ont pratiqué et eu comme passion depuis un tout jeune âge. Certains s’impliquent directement au sein des équipes tandis que d’autres décident d’aller de l’autre côté du micro en devenant analystes à la télévision ou à la radio. Alors que plusieurs d’Anciens Canadiens s’ont afféré à la couverture du Tricolore, nous avons rencontré certains d’entre eux pour savoir comment s’est effectué leur transition vers le monde des médias. Cette semaine, Chris Nilan qui est animateur sur les ondes de TSN Radio 690.

Comment l’approche s’est-elle faite pour faire le saut dans le monde des médias?

CHRIS NILAN: Elle a débuté il y a quelques années lorsque j’effectuais des interventions dans l’émission de Mitch Melnyk. J’habitais dans l’Oregon à l’époque et je regardais les matchs de chez moi et nous en parlions le lendemain dans son émission. À cette époque, nous avions discuté à quelques reprises pour possiblement faire davantage de radio. Quelques temps après ça, je suis revenu à Montréal et j’ai rencontré des dirigeants de TSN Radio et ils ont vu que j’étais sérieux à cet effet. Au début, ils m’ont offert de participer à l’émission Habs this Week tout en continuant mes interventions dans Melnyk in the Afternoon. Par la suite, il y a eu des changements et on m’a offert ma propre émission. Je suis très reconnaissant du fait qu’ils ont eu confiance en moi en m’offrant cette opportunité malgré tout ce qui m’était arrivé par le passé. Beaucoup d’autres personnes ne l’auraient pas fait.

Alors que tu jouais, est-ce que tu aurais pu t’imaginer un seul instant de te retrouver de l’autre côté du micro?

CN : Oui et non. J’ai toujours eu du plaisir à faire des entrevues durant ma carrière. Mais est-ce que j’ai déjà pensé être celui qui les mène un jour? Pas nécessairement. C’était très stressant au début sachant que vous devez bien faire votre travail tout en étant efficace et en informant bien les auditeurs. Ça m’a pris du temps à m’habituer au domaine de la radio. Plusieurs pensent que vous devez simplement parler, mais ça va beaucoup plus loin. Et même si je savais tout ça, je n’ai jamais été aussi nerveux de ma vie que la veille de ma première émission.

Quelle était ta perception des journalistes alors que tu étais joueur? A-t-elle changé aujourd’hui?

CN : C’est comme n’importe quoi, il y a des gars en qui vous avez confiance et avec qui vous êtes à l’aise. Ma perception des médias à l’époque est la même qu’aujourd’hui : ils ne peuvent pas aider l’équipe à gagner. Ils peuvent seulement faire mal à l’équipe et c’est encore vrai de nos jours. Je n’aiderai pas les Canadiens. Je peux être très bon envers l’équipe, mais ça ne veut rien dire. Je peux dire des choses négatives à propos de l’équipe et ça ne dérangera en rien. Je ne peux pas aider l’équipe. Est-ce que ça va leur faire mal? Peut-être sur l’aspect public, mais les gens ont leur propre opinion de l’équipe. Je crois que je suis plus juste parce que je comprends ce que les joueurs vivent puisque je l’ai déjà vécu. Je pense toujours à ça lorsque je parle des joueurs parce que je ne veux pas les ramasser. La seule chose qui me dérangeait quand j’étais joueur – et c’est pareil encore aujourd’hui – c’est lorsqu’un gars ne travaille pas. Si un d’entre eux ne le fait pas, je vais lui laisser savoir. Je comprends qu’ils ne peuvent être à leur meilleur chaque soir, mais un grand joueur et entraîneur m’a déjà dit que tu peux te permettre un mauvais match à chaque 10 matchs. Ça signifie huit matchs par saison. Le reste du temps vous devez être éveillé. Cet entraîneur était Jacques Lemaire. Est-ce trop demandé? Je ne pense pas que ce l’est de s’attendre à ce qu’ils travaillent fort à chaque soir et qu’ils donnent leur meilleur.

Le fait d’analyser les performances de ton ancienne équipe est-il bizarre? Est-ce difficile de rester impartial?

CN : Je ne crois pas être trop critique parce que je sais ce que c’est de faire des erreurs et de tout gâcher. Je sais aussi ce que c’est de bien jouer et que tout aille bien. J’ai toujours été un partisan des Canadiens. Personne – et je veux dire personne – n’est aussi loyal et n’aime plus cette organisation que moi. Je défie quiconque ayant déjà évolué ici de l’être plus que moi. Oui je dois commenter les performances de cette équipe, mais ça ne veut pas dire que je ne veux pas les voir bien faire et ça ne signifie pas que je suis contre eux.

D’après toi, est-ce que tous les anciens sportifs font de bons analystes?

CN : Pas nécessairement. Mais il y a beaucoup de personnes qui n’ont jamais évolué dans le sport professionnel qui comprennent bien et qui expliquent bien ce qui se passe. Ils voient peut-être le match différemment que moi, mais ça ne veut pas dire qu’ils ne comprennent rien. Écoutez, qui suis-je pour ne pas respecter ça?

Durant ta carrière, les journalistes de quelle ville aimais-tu le plus / aimais-tu le moins?

CN : Il n’y en avait pas une en particulier. Peut-être Boston parce que je viens de là et que je connaissais certains d’entre eux. Mais il n’y avait pas de ville où vous étiez plus scruté à la loupe qu’ici à Montréal. Comme j’ai mentionné plus tôt, certains journalistes étaient justes, mais d’autres avaient des dagues comme stylos.

C’est quoi la question la plus embarrassante qu’on t’a posée quand tu étais joueur?

CN : Écoutez, il n’existe aucune question qui pourrait m’embarrasser. Est-ce que j’ai déjà entendu des questions stupides? Bien sûr. C’est pour cette raison que lorsque j’interviewe quelqu’un aujourd’hui, j’essaie de me mettre dans leur peau et je me demande quelle question je ne voudrais pas qu’on me pose. Je veux garder ça simple. Je ne suis pas Dan Rather et je ne veux pas le devenir. Je ne suis pas là pour sortir des histoires ou des scoops. Je veux simplement rester moi-même.

Propos recueillis par Hugo Fontaine.

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