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Site officiel des Canadiens de Montréal

CH à cœur : Ricardo

Entre deux tournages, nous nous sommes entretenus avec l'homme derrière le tablier pour en apprendre plus sur son amour pour les Canadiens

par Élise Robillard @canadiensmtl / canadiens.com

Le chef Ricardo est depuis longtemps le chouchou de la cuisine au Québec. Débutant à la télévision de Radio-Canada avec sa quotidienne Ricardo il y a près de 15 ans, le chef a son propre magazine, ses livres de cuisine, sa maison de production, sa ligne d'articles de cuisine, ses vins, sans compter son site web regorgeant de recettes. Lorsqu'il n'est pas devant son four, le chef nourrit une autre passion : celle du CH. Entre deux tournages, nous nous sommes entretenus avec l'homme derrière le tablier pour en apprendre plus sur son amour pour les Canadiens.

Depuis quand es-tu partisan des Canadiens?

RICARDO : Chez nous, personne n'écoutait le hockey. Ni mon père, ni ma mère n'étaient des sportifs. Quand j'allais dans des fêtes de famille, parfois on écoutait le hockey. C'est vraiment lorsque j'ai commencé mon secondaire 3 dans un nouveau collège (le collège Saint-Hilaire) qui était très, très axé sur le sport que j'ai commencé à aimer le hockey et les Canadiens. L'hiver, on jouait au hockey tous les midis et tous les matins avant de commencer l'école. J'étais vraiment mauvais. Je n'avais jamais patiné de ma vie. Mes amis, qui sont toujours mes deux meilleurs amis aujourd'hui, me disaient que ça n'avait pas de bon sens être mauvais comme ça et qu'il fallait faire quelque chose avec moi. Ils se sont mis à m'apprendre à jouer au hockey et m'ont dit « tu ne seras jamais bon, mais au moins, tu vas être capable de jouer. » Je suis devenu le goon de l'équipe. Je finissais toujours sur le banc à prendre des punitions. J'essayais de trouver une façon de me démarquer, peut-être pas la meilleure, mais j'ai eu du plaisir. C'est là que le hockey est entré dans ma vie. Même chose au Cégep. Là, j'ai commencé à regarder des matchs à la brasserie du coin alors que j'allais à l'ITHQ (Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec) avec mes amis. Il y a un côté social au hockey. J'ai toujours été quelqu'un de social. Je ne suis pas le plus grand sportif au monde, mais je suis probablement le plus sociable au monde. (rires) Tout ce qui peut me permettre de passer du temps avec des gens en ayant du plaisir, ça a de la valeur. C'est la raison pour laquelle les Canadiens ont autant de valeur pour moi. Au-delà du sport, à travers le club de hockey, il y a une raison pour laquelle le monde se réunit. Quand tu écoutes le hockey seul, ce n'est jamais pareil. Quand je suis seul dans ma chambre d'hôtel, je vais l'écouter, mais ce n'est pas la même chose.

Tu m'as dit être le goon de ton groupe. Est-ce qu'un joueur t'inspirait en particulier?

R : Même pas. Je pense que c'est moi qui les inspirait les joueurs. (rires) Maintenant, j'aime les haïr. Je suis un gars qui a une mémoire qui se souvient plus des moments que des joueurs en particulier. Même si tu me demandes qui est mon joueur préféré, j'ai le réflexe de nommer mes trois joueurs du moment. C'est comme quand quelqu'un me demande quelle est ma recette favorite. Je suis toujours mélangé. (rires) Je suis un peu comme une girouette.

Quel est ton souvenir des Canadiens le plus marquant?

R : La coupe Stanley en 1993. J'étais sur la rue Sainte-Catherine et je m'en souviens comme si c'était hier. Je n'avais jamais vécu un moment d'euphorie comme celui-là. Aussi, on a vu une centaine de fois le match de hockey du Canada contre la Russie. Les retraits de chandails. C'est des choses qui me rendent émotif et qui me touchent. Je pense aussi au retour de Saku Koivu. Ma blonde avait eu le cancer et c'était vraiment venu me toucher. Je pleurais des grosses larmes de fierté. C'était un bel exemple de combativité. Le hockey, c'est ça aussi.

À quelle fréquence vas-tu voir un match au Centre Bell?

R : J'ai des billets de saison avec un ami. On se partage la saison en deux. Quand je ne peux pas y aller, je donne mes billets. La dernière fois, c'est ma femme et ma plus vieille qui étaient là. J'étais content, elles m'envoyaient des messages texte et je vivais un peu le match avec elles. C'est un rituel pour nous. J'y vais avec ma femme, ma fille, un ami et on va souper avant. Cette année était un désastre. J'y suis allé peut-être six fois. Une bonne année, j'assiste à environ la moitié des matchs. Au début de l'année, je regarde les dates des matchs et je suis souvent en mesure de savoir si je serai disponible ou pas. J'en donne en cadeau à mes filleuls, à Noël, à mes employés pour leur dire merci. Tout le monde est heureux quand ils reçoivent des billets. Pour moi, c'est comme un acte de récompense. Ça vaut une médaille de bronze.

Tu voyages beaucoup dans le cadre de ton travail. Quel est l'endroit le plus inusité où tu as regardé un match?

R : Je suis un peu quétaine. Je ne suis jamais dans des endroits inusités, je suis toujours à l'hôtel. Je ne suis pas un grand geek et, parfois, je ne sais pas trop comment l'écouter, donc je l'écoute à la radio sur mon application. J'écoute toujours le hockey à la radio ou sur la télé dans ma chambre d'hôtel. Lors d'un des matchs contre les Sénateurs en séries, j'entendais mon voisin de chambre. On criait, mais pas en même temps. Donc, lui prenait pour les Sénateurs, et moi pour Montréal. Je suis dans ma chambre, je me suis commandé un verre, j'ai fait monter des ailes de poulet. Je mange mes affaires, j'écoute mon hockey et je cris. Comme de fait, on a gagné. J'ai pris un papier sur lequel j'ai écrit « Goodnight loser! » (Bonne nuit, perdant!) et je l'ai glissé sous sa porte de chambre. Le lendemain matin, par hasard, on sort de nos chambres en même temps. Je lui fais un sourire et il me répond « J'espère que tu vas être dans la même chambre pour le prochain match. » C'était très drôle. C'est la chose la plus intense que j'ai fait. J'étais seul dans ma robe de chambre dans le corridor de l'hôtel pour aller mettre un papier en dessous de la chambre d'un autre gars juste pour l'écœurer. Je n'avais jamais fait quelque chose comme ça. Quand j'ai raconté ça à ma femme, elle m'a dit « T'es pas sérieux? Arrête d'exagérer. » Je ne sais toujours pas ce qui m'a pris. (rires)

Il y a quelques années, tu as travaillé sur un magazine, « Cuisiner avec les Canadiens » au profit de la Fondation des Canadiens pour l'enfance. Parle-moi un peu de ton expérience.

R : J'ai créé des recettes pour les Canadiens et chaque joueur que j'ai approché a accepté de me donner une recette familiale, donc une recette qui veut dire quelque chose pour eux. J'ai une recette de pâtes de la famille de Carey Price d'origine amérindienne, une recette écœurante de pain aux bananes de Mathieu Darche, avec qui je suis resté très bon ami. C'est vraiment leurs recettes, que j'ai standardisées pour que tout le monde soit capable de les faire. Certains nous ont donné des photos de famille de quand ils étaient jeunes. C'était un très beau projet, très intime. Il y avait des recettes santé. On voulait s'assurer que ceux qui aiment la bouffe et les Canadiens en aient pour leur argent. Je suis plus chanceux que n'importe qui. J'ai fait un magazine pour ramasser de l'argent pour la Fondation des Canadiens pour l'enfance. J'ai fait des barbecues chez les joueurs. Je les ai vus plein de fois avec leurs femmes. J'ai eu une relation avec les joueurs pendant une saison, ce qui me les a fait les aimer encore plus. En ce moment, notre équipe est non seulement composée de grands athlètes, mais aussi de gars de famille. Ils ont une vision que j'aime beaucoup. Je pense que c'est pour ça que l'équipe joue mieux aussi. C'est un esprit de famille. On a vraiment une belle équipe et pas seulement sur la glace. On a des bons gars. Plaisants, généreux, comiques. Même ceux qui sont plus gênés sont plaisants. Je l'aime doublement notre équipe, car je sais qu'ils sont réels.

À quel point était-ce difficile d'éloigner les joueurs de leur zone de confort?

R : Je n'ai eu aucune difficulté. Ils savaient que je ne voulais pas m'incruster dans leur vie privée. Moi ce qui m'intéressait, c'était de savoir comment ils étaient par rapport à leur passion quand ils étaient jeunes. Ils étaient vraiment ouverts et ils avaient le goût de nous en parler.

Quel joueur de l'équipe actuelle serait le meilleur cuisinier?

R : C'est plus leurs femmes qui sont les cooks. [rires] C'est vraiment difficile à dire. La plupart des joueurs, comme Price et P.K., c'est des bonnes fourchettes. Ils aiment le bon vin. Ils connaissent ça. Ils sortent dans de bons restaurants. C'est des gourmets. Ils aiment la gastronomie. Ils ont du fun sur un barbecue. Certains de ces gars pourraient avoir une chronique de vins. Je ne peux pas dire lequel serait le meilleur.

Quel joueur aimerais-tu le plus recevoir à ton émission?

R : J'aimerais cuisiner avec Carey. J'avais aimé son histoire, sa famille, ses racines amérindiennes. J'aimerais beaucoup cuisiner avec ce gars-là.

Crois-tu qu'il ferait un bon sous-chef?

R : Probablement. J'aurais du plaisir avec P.K., aussi. C'est une superstar. P.K., je lui donnerais une recette et, après quatre ingrédients, il serait déjà en train de la changer pour la faire à son goût. Je n'ai pas l'impression qu'il suivrait mon plan de match à la lettre. Il ferait son artiste avec ma recette, ce qui est correct aussi. Carey suivrait le plan de match. Il n'improviserait pas. Les gardiens sont plus rationnels et organisés, dans leur tête, méthodiques. Comme sous-chef, je serais plus inspiré par Carey. Pour un gros party, un spectacle à la télé, P.K. ne donnerait pas sa place.

Que penses-tu du fameux poulet et pâtes que les joueurs mangent avant un match?

R : Ça en prend des protéines. Des pâtes et du poulet, ça marche. Moi, je suis un gars un peu superstitieux. Les gars ont des régimes de la mort et sont suivis par les tops. Toutes les études démontrent qu'effectivement, ça peut donner une bonne dose d'énergie. Ils mangent tout le temps bien. S'ils mangent des pâtes et du poulet avant un match et que les trois jours avant le match, ils avaient mal mangé, là, ça ne fonctionnerait pas. C'est bon, du poulet et des pâtes!

Selon toi, quel est le meilleur snack pour regarder un match de hockey?

R : Je suis un vieux classique pour ça. Ça prend des ailes de poulet. J'aime surtout les ailes épicées, les Buffalo. J'en mange à tous les matchs. Donc des ailes, des nachos et il faut absolument de la bière froide. Je fais souvent des mini côtes levées, mais toutes coupées en portion - il faut absolument que ça se mange avec les mains. Pour finir le match, un pot d'Haagen Dazs. Avec ça, je suis bien content. Et ça prend des shooters bleus, blancs et rouges de Ricardo!

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