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CH à cœur : Chuck Hughes

Nous avons discuté avec le chef de 39 ans avant le début de la saison des festivals pour en apprendre davantage sur son amour pour le Tricolore

par Hugo Fontaine @canadiensmtl / canadiens.com

Hughes & Price: Truite fumée

Chuck Hughes et Carey Price dans la cuisine

Le chef Chuck Hughes sert quelques leçons de cuisine à Carey Price

  • 07:14 •

Chef reconnu mondialement, copropriétaire de deux des restaurant les plus vus de Montréal, animateur à la télévision, en charge de nourrir les plus grands noms de l'industrie musicale pour notamment Osheaga et Heavy Montréal, Chuck Hughes prend rarement une pause pour respirer entre deux projets. Mais si vous ne le trouvez pas derrière un fourneau ou en train de parcourir le monde pour effectuer une apparition quelconque, les chances de le voir sur une patinoire ou en train de regarder un match des Canadiens sont excellentes. Nous avons discuté avec le chef de 39 ans avant le début de la saison des festivals pour en apprendre davantage sur son amour pour le Tricolore.

Depuis quand es-tu partisan des Canadiens?

CHUCK HUGHES : Depuis ma jeunesse. Par contre, mon père biologique était un grand fan des Flyers et des Broad Street Bullies dans les années 1970. Donc le tout premier chandail de hockey à vie que j'ai eu - et je l'ai encore aujourd'hui - en était un des Flyers, en 1976. Quand tu es à peine capable de parler, tu n'as pas le choix de le porter. (rires) Mais quand j'étais plus jeune, j'étais un mordu des Canadiens. Cette passion pour le Tricolore m'a ensuite été transmise par mon père adoptif. Je connaissais tous les joueurs de Montréal et des autres équipes de la LNH parce que je collectionnais toutes les cartes possibles.

Qui était ton joueur préféré dans ta jeunesse?

CH : Mon joueur préféré dans le temps était Stéphane Richer. Je l'ai rencontré à quelques reprises dernièrement et je suis tombé à terre quand j'ai réalisé qu'il était un véritable pan de mur. Ma vision de lui quand j'étais petit c'est qu'il était un joueur talentueux et de finesse qui marquait des buts tout le temps. Étant moi-même quelqu'un d'imposant physiquement, je ne croyais pas qu'il l'était encore plus que moi. J'étais bouche bée.

Quel a été ton fait saillant des Canadiens jusqu'à présent?

CH : C'est sûr que la dernière coupe Stanley en 1993 était incroyable, mais d'après moi le retour de Guy Lafleur à Montréal, quand il était avec les Rangers, a été assez intense. J'étais au Forum cette soirée-là. J'avais entendu tellement d'histoires sur lui de ma mère parce qu'elle était hôtesse de l'air à l'époque où Quebecair était la compagnie aérienne des Canadiens. Dernièrement, toute une histoire m'est arrivée en lien avec les Canadiens. Il y a plusieurs années, mon père biologique jouait au baseball professionnel dans le réseau des filiales des Tigers de Détroit, à Drummondville. Après avoir été forcé à prendre sa retraite en raison d'une blessure, il est resté dans la région et est devenu entraîneur. Cette saison au Centre Bell, j'ai eu l'occasion d'aller dans le Salon des Anciens et j'ai rencontré Yvon Lambert. En lui parlant, il m'a dit que mon nom était familier et que je ressemblais tellement à un de ses instructeurs de baseball dans sa jeunesse. C'était bel et bien mon père. Yvon m'a dit que mon père était un des meilleurs joueurs de baseball qu'il a connu. C'était très émouvant comme moment parce que je n'ai pas beaucoup d'histoires de mon père biologique.

Jouais-tu souvent au hockey dans ta jeunesse?

CH : J'ai commencé à jouer dès l'âge de quatre ans. J'étais un bon joueur, mais j'étais timide dans ma façon de jouer. Je devais jouer dans une autre ville puisque qu'il n'y avait pas d'équipes dans mon secteur, à Saint-Sauveur.

Tu étais reconnu pour aller jouer au hockey au Centre Bell très tôt le matin, est-ce que ça a changé depuis que t'as eu ton premier enfant et avec un deuxième en route?

CH : J'y vais encore quand j'ai le temps. Environ deux fois par semaine, à 6h30 le matin! Quand tu arrives au Centre Bell avec ton sac de hockey et que tu prends le temps de regarder la glace et les estrades autour, c'est toute une sensation. D'être assis sur le même banc que des joueurs comme [Max] Pacioretty et P.K. [Subban], c'est comme un rêve d'enfance d'être là parce que j'imagine pour un instant que je me suis rendu à la Ligue nationale.

À quel point vois-tu souvent des joueurs de l'équipe à tes restos?

CH : Les gars viennent souvent à nos restos durant la saison. J'aime ça qu'ils viennent nous voir, mais j'essaie de ne pas trop en parler et je crois que c'est ce qui a fait notre bonne réputation. C'était pareil quand Mick Jagger est venu souper un soir. C'était vraiment cool, mais je ne l'ai pas crié sur tous les toits. Je suis vraiment fier que des joueurs comme Pacioretty viennent ici, mais si je veux qu'ils reviennent, je veux garder son expérience au resto la plus normale possible.

Qui considérerais-tu comme ton meilleur client?

CH : Lars Eller vient souvent au Bremner, au moins une fois par semaine je dirais. Pacioretty, Jeff Petry et Greg Pateryn viennent souvent faire leur tour quand ils ont du temps libre. Mais la personne qui a vraiment commencé à faire le lien entre l'équipe et nos restos était Kirk Muller, à l'époque où il était entraîneur adjoint. Il venait nous voir très souvent.

Est-ce que les joueurs des autres équipes se sont aussi donnés le mot et vont te voir lors de leur passage à Montréal?

CH : On fait véritablement partie du circuit des équipes de la LNH. C'est déjà arrivé que le même soir au bar, j'avais les deux gardiens des Maple Leafs assis à côté de deux joueurs des Canadiens… et ils allaient s'affronter le lendemain! C'est sûr qu'ils se connaissent tous, mais c'était drôle. Nous avons de bons clients dans les autres équipes comme Erik Karlsson, Max Talbot, Kristopher Letang, Claude Giroux, même Luc Robitaille. Les Kings viennent à Montréal une fois par saison et c'est sûr qu'ils viennent nous voir.

Es-tu encore aussi gêné d'approcher les joueurs qu'il y a quelques années lors de notre dernière entrevue?

CH : (rires) Un peu moins parce que j'ai appris à les connaître. Je sais à quel point ils triment dur pour rester à leur niveau et étant moi-même joueur de hockey - pas du même calibre - je n'en reviens pas de tous les efforts qu'ils donnent. C'est sûr que quand un grand chef vient essayer nos plats, je suis honoré. Mais je suis chef et c'est mon métier. Quand des joueurs de hockey nous rendent visite, c'est la vie que je n'ai pas eue et j'aurais aimé avoir.

Laquelle de tes spécialités préparerais-tu aux joueurs du Tricolore après une grosse victoire?

CH : Après une grosse victoire, ils viennent souvent en groupe. En général, on ne fait pas tellement de plats spéciaux, mais c'est habituellement un bon gros steak avec des bonnes patates. Par contre, je n'en reviens pas qu'ils mangent toujours du poulet et des pâtes. (rires) Pour les pâtes, je peux m'arranger parce que j'en ai toujours des fraîches à ma disposition, mais j'ai rarement du poulet.

Vous avez fait installer une télévision au Bremner pour permettre aux clients de regarder les matchs, alors qu'au Garde Manger il n'y en a aucune. Est-ce que c'est souvent arrivé que des clients vous le demandent de le faire?

CH : Je suis le seul qui voulait une télé, tous mes autres partenaires n'en voulaient pas. Au cours des dernières années durant les séries, on passait entre les tables avec un petit tableau avec le pointage inscrit dessus - ce qu'on faisait encore. Mais l'an prochain lorsque nous serons des séries, je vais mettre mon pied à terre pour en mettre une au Garde Manger.

Tu as un horaire plutôt chargé avec tes restaurants et tes différents projets. T'arrive-t-il de pouvoir regarder quelques matchs à l'occasion?

CH : J'ai justement arrangé mon horaire pour travailler les mardis et les jeudis au Bremner afin de pouvoir regarder les matchs en travaillant. (rires) C'est sûr que je ne peux pas toujours, mais j'essaie de le faire le plus possible.

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