Skip to main content
Site officiel des Canadiens de Montréal

CH à cœur - Jonas

par Staff Writer / Montréal Canadiens

L’un des rockers les plus populaires de sa génération, Jonas Tomalty a pris d’assaut l’industrie musicale avec la même énergie qu’il déploie sur scène soir après soir depuis ses débuts. En plus d’être à la tête d’un groupe qui a partagé la même scène que plusieurs légendes de la musique, il est impliqué activement dans le monde de la restauration à titre de copropriétaire du Rosewood, dans le Vieux-Montréal. Mais comme tout véritable Montréalais, le chanteur de Jonas and The Massive Attraction garde un œil sur le CH, peu importe où il se trouve sur la planète. Nous avons discuté avec le musicien de 36 ans pour en apprendre davantage sur son amour pour le Tricolore.

Depuis quand es-tu partisan des Canadiens?

JONAS : Je suis né dans une famille de partisans des Canadiens de Montréal. La première fois où je suis allé au Forum n’était pas pour un spectacle de rock ‘n’ roll, mais pour un match des Canadiens. J’avais probablement sept ou huit ans et j’étais avec mon père et mon oncle. Je me souviens encore de l’odeur de la glace, de l’odeur du caoutchouc et de celle du popcorn dans les estrades. Ma première fois a été une expérience viscérale et assister à un match à Montréal est toujours une de mes activités favorite.

Combien de fois par année viens-tu au Centre Bell pour un match, toi qui est souvent à l’extérieur de la ville durant l’année?

J : Lorsque je reviens d’une tournée et que j’ai la chance de passer du temps avec mes chums et avec mon frère, ça commence souvent avec une soirée au Centre Bell. Pour un match ou pour un concert. J’essaye d’aller à au moins trois ou quatre parties par saison. Pour moi, le Centre Bell représente véritablement Montréal.

Qui était ton joueur préféré dans ta jeunesse?

J : Ce qui est drôle est que mon grand-père jouait pour les Anciens hockeyeurs de Lachine et ils affrontaient souvent des anciens joueurs de la LNH. Maurice « Rocket » Richard évoluait pour eux à l’époque. Et c’est pour cette raison que nous avions reçu des chandails du « Rocket » dans le temps. Nous avons toujours une photo en noir et blanc du Rocket qui déjoue mon grand-père sur la glace. Comme vous pouvez l’imaginer, la prestance et la légende du « Rocket » ont toujours été présentes dans notre famille. Même s’il était déjà à la retraite quand j’étais plus jeune, il a toujours été une légende pour nous.

(© Pat Beaudry)

Jouais-tu au hockey quand tu étais plus jeune?

J : Mon frère était le joueur de hockey, mais nous étions des mordus de sport. Nous pratiquions chaque sport, du softball à la natation, en passant par le basketball et le hockey. J’étais davantage attiré par le taekwondo avant – je me serais probablement dirigé vers les arts martiaux mixtes si ma carrière musicale n’avait pas pris son essor. J’adorais aller aux matchs de mon frère, il était tellement dominant sur la patinoire.

Nous avons tous vu la vidéo où tu es habillé en gardien de but et que tu tentes d’arrêter sans succès David Desharnais sur la glace. À quel point as-tu apprécié ton expérience malgré tout?

J : Pour être honnête, je ne suis pas un grand patineur, mais je suis meilleur que ce que vous avez vu sur la vidéo. (rires) Le concept était que je devais échouer dans ce que je faisais. Je devais avoir l’air pire. Mais avez-vous déjà essayé de patiner avec des jambières de gardien? C’est ridicule. Même si vous savez patiner convenablement, vous n’avez aucun contrôle et c’est comme si vous patiniez en triangle. Ceci étant dit, je n’essayais pas d’avoir l’air plus mauvais en me faisant déjouer par Davey. Je n’étais tout simplement pas bon. (rires)

Aurais-tu préféré qu’il n’y ait aucune caméra sur place?

J : Ça aurait été bien. (rires)

Jonas a entendu de nombreuses histoires de Maurice Richard dans sa jeunesse, dont celles où son grand-père, Donald « Don » Tomalty (à droite) affrontait le Rocket lors de matchs amicaux.

Lorsque tu es sur la route, trouves-tu le temps avant ou après tes spectacles de regarder un match des Canadiens ou d’obtenir le pointage?

J : Mon frère est mon lien avec l’équipe lorsque je suis sur la route. Il me donne mes mises à jour à chaque quelques jours lorsque je ne suis pas là. J’essaie de parler à ses deux bébés et lui. Je suis un fier oncle et parrain et juste avant qu’ils aillent se coucher, je leur parle un peu et lorsqu’elles vont au lit, je deviens sérieux avec mon frère et nous commençons à parler de l’équipe. Je lui ai demandé tellement souvent la saison dernière quand est-ce que Carey reviendrait au jeu. (rires)

Il y a quelques années, tu es monté sur scène au Centre Bell pour enregistrer ce qui est devenu un DVD très populaire, Jonas Live at the Bell Centre. À quel point as-tu apprécié d’être à l’œuvre dans un amphithéâtre où les plus grands concerts et matchs de hockey ont été présentés?

J : Ce fut assurément un fait saillant de ma carrière. Jouer au Centre Bell pour la première fois, en 2006, a été le summum. C’est une chose de jouer dans votre ville natale, c’est une chose de jouer dans un amphithéâtre, mais c’est une chose de jouer dans le plus gros amphithéâtre de votre ville natale. C’est un moment marquant de votre vie lorsque vous vous présentez sur scène et qu’il y a 9 000 personnes qui sont là pour écouter votre concert, dans un endroit où vous avez vu tellement de groupes que vous respectez tellement. Le même endroit où vous avez vu votre équipe recevoir tellement d’amour lorsqu’elle sautait sur la glace et avec qui vous avez tellement d’histoire. De pouvoir vivre ça, vous sentez que vous appartenez à ça. On vous remet même un chandail avec votre nom dans le dos. Je ne le porte pas quand je vais au Centre Bell, mais je le porte à la maison lorsque je regarde un match. Je préfère passer incognito à l’occasion.

Beaucoup de personnes sont jalouses du style de vie des « rockstars ». Si tu avais la chance d’échanger ta vie contre celle d’un joueur des Canadiens, le ferais-tu?

J : Le plus respectueusement possible, j’apprécie vraiment ce que les sportifs font. J’apprécie les regarder, je deviens émotif lorsque je regarde du sport. J’adore regarder des gens se dépasser dans ce qu’ils font. Mais d’abandonner la vie que je vis actuellement, je ne crois pas que je le ferais. Je sais que je ne le ferais pas. Si vous pensez que la musique est remplie de succès et d’échecs, essayez d’être un joueur de la LNH. Ils vous bougent de ville en ville, tout le monde est constamment sur votre cas à propos de vos performances, et vous devez en plus composer à votre vie personnelle en même temps. Je peux me permettre de faire un mauvais album, mais je peux revenir en en créant un meilleur par la suite. Ce ne sera pas la fin du monde. Ça aura été un gaspillage d’argent et de temps et certaines personnes seront déçues. Mais au bout du compte, j’aurai toujours une carrière. Ceci dit, si un joueur connait une mauvaise saison dans la LNH, il est cuit. Vous ne pouvez pas être mis de côté durant toute une saison et vous attendre à produire l’année suivante. Si je pense avoir beaucoup de pression avec mon emploi, je n’ai qu’à penser à ce que ces gars vivent.

Carey Price et Jonas (© Fondation evenko - Lucas Rupnik)

Il y a quelques mois, tu as participé à un événement pour la Fondation evenko en compagnie de Carey Price et vous avez surpris des jeunes de Kahnawake avec un don de plusieurs instruments de musique. À quel point était-ce important d’être présent cette journée-là?

J : Anne-Marie Withenshaw m’a demandé de participer à cet événement à Kahnawake. Cet endroit a fait partie de ma vie durant 19 ans et mon guitariste, Corey, est d’origine amérindienne. D’avoir ces liens avec cette communauté rendait encore plus cool le fait de leur venir en aide. D’être les messagers a été incroyable et le fait que Carey Price a été un invité de dernière minute rendait le tout encore plus extraordinaire.

Était-ce la première fois que tu rencontrais Carey? Te sentais-tu comme une groupie autour de lui?

J : C’est le leader ultime. C’était plus un immense respect. Je l’avais rencontré à quelques reprises avant et il est tellement gentil. Le fait qu’il était présent cette journée démontre quel type de gars il est vraiment. J’ai découvert un côté de lui que je n’avais jamais vu auparavant. Le discours qu’il a donné aux enfants venait directement du cœur. C’était profond. J’ai été élevé dans la musique blues et ce n’est pas votre niveau de complexité qui est important, c’est votre niveau de passion dans votre musique. Carey Price possède l’esprit d’un vieux bluesman de la Louisiane. Vous pouvez le voir dans la manière qu’il joue. Il garde les choses simples, il reste calme et il sait quoi faire pour réaliser les choses. Je n’avais jamais vu ça de lui dans un contexte social auparavant. Vous voyiez dans le visage des enfants qu’ils étaient touchés par ce qu’il disait.

Est-ce que toi et Corey avez tenté de lui apprendre quelques trucs à la guitare?

J : Malheureusement non. (rires)

Quel joueur ferait la meilleure recrue et s’intégrerait le mieux à Jonas and The Massive Attraction?

J : Davey peut se joindre à mon groupe n’importe quand. (rires) Il est une rockstar. Il me rappelle quelques membres que nous avons eus par le passé. Je suis certain que nous aurions du plaisir ensemble sur la route.

Quel joueur ferait le meilleur roadie?

J : Est-ce que je peux choisir un ancien joueur? J’aimerais que Knuckles [Chris Nilan] soit mon roadie. (rires) J’ai eu l’incroyable opportunité d’aller en Afghanistan avec quelques anciens de la LNH en 2008 et j’ai eu la chance d’entendre des histoires magiques de lui et d’autres gars comme Bob Probert et Mike Gartner durant le voyage là-bas.

(© Susan Moss)

Est-ce que certains des joueurs du Tricolore ont essayé ton restaurant – Rosewood – depuis qu’il a ouvert ses portes il y a quelques années?

J : Brandon Prust est venu à quelques occasions lorsqu’il jouait ici. Il était ma porte d’entrée avec la génération actuelle. Il était un de mes très bons amis. Il m’a présenté à plusieurs autres joueurs, comme Dale Weise. Il est possiblement l’homme le plus gentil sur Terre. C’est un gentleman et un grand connaisseur de musique. La première fois que nous nous sommes rencontrés, nous avons brièvement parlé de musique. Nous avons échangé nos numéros et le lendemain, il est allé sur YouTube pour écouter mes chansons et m’a dit ce qu’il aimait. C’était gentil de sa part.

Disons que les gars viennent à ton resto après une grosse victoire, que leur recommanderais-tu sur le menu?

J : Ils auraient besoin de protéines. Je leur servirais une belle bavette, des côtelettes d’agneau, peut-être quelques burgers classiques. Après une grosse victoire, vous ne pouvez pas leur offrir de la salade, surtout pas de la laitue Boston. (rires)

Propos recueillis par Hugo Fontaine.

En voir plus