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Site officiel des Canadiens de Montréal

Un autre genre de défi

Un groupe de joueurs ont intégré les mots croisés à leur routine quotidienne

par Matt Cudzinowski. Traduit par Vincent Régis. @CanadiensMTL / canadiens.com

MONTRÉAL - La clinique des Canadiens sur la Rive-Sud n'est pas seulement un endroit où les joueurs viennent se faire soigner tout au long de la saison.

Croyez-le ou non, c'est aussi là qu'ont lieu de très sérieuses sessions de renforcement d'esprit d'équipe chaque matin, avant la séance vidéo de Claude Julien, en vue de l'entraînement.

Et de quoi s'agit-il, vous demandez? De mots croisés et de sudokus, pour être exact, deux activités qui sont devenues populaires auprès d'un groupe sélect de joueurs des Canadiens cette saison.

Le défenseur Karl Alzner est l'homme derrière cette initiative, qu'il a amenée de Washington, où il faisait la même chose avec entre autres T.J. Oshie, Justin Williams, John Carlson et Braden Holtby.

Au cours des derniers mois, les nouveaux coéquipiers d'Alzner au nord de la frontière ont suivi, bien qu'ils étaient un peu sceptiques au départ.

«Les premières fois, personne ne savait vraiment qu'est-ce que je faisais ou pourquoi, je crois. Je faisais mes mots croisés dans l'autobus ou dans l'avion, et personne ne venait me voir ou m'aider avec les réponses, se souvient Alzner, qui a paraphé une entente de cinq ans avec les Canadiens l'été dernier.

«Mais on est allés sur la route une fois et j'ai vu Webs [Shea Weber] et Petey [Jeff Petry] commencer à regarder les mots croisés et je me suis dit "Enfin! C'est comme ça que ça commence." Ensuite, on a commencé à en faire ensemble et on s'entraide pour les réponses. On est rendus six ou sept à faire nos mots croisés le matin maintenant.»

Brendan Gallagher, Charles Hudon et Daniel Carr prennent également part à l'activité, tout comme le personnel athlétique : Claude Thériault, le massothérapeute sportif, imprime de nouvelles grilles chaque jour, autant à la maison que sur la route.

«C'est mon rituel matinal. J'en ai même trouvé en russe pour Nikita Scherbak. Il voulait essayer, indique Thériault.
«Ils sont assez drôles le matin. Tout le monde participe. C'est drôle de les voir aller et se taquiner entre eux.»

Alzner est toutefois plutôt sérieux avec ses mots croisés, lui qui a affiné ses habiletés au cours des dernières années dans la capitaine américaine.

Ces jours-ci, on le voit presque toujours avec un journal sous le bras lorsque l'équipe est sur la route.

«Au début, je lisais les indices les uns après les autres, ce que la plupart des débutants font. Mais après, tu réalises que c'est mieux de les faire en blocs, dit Alzner, avant de clarifier son approche.

«Dépendamment des mots croisés, tu vois souvent des répétitions et des questions qui sont très similaires, donc tu peux obtenir plus de réponses de cette façon. Lorsque tu as compris ça, tu peux trouver les réponses plus facilement.»

Même si le défenseur de 29 ans se qualifie lui-même d'«expert intermédiaire» en mots croisés, il peut toujours être surpris de temps à autre.

«Je suis terrible pour les questions à propos des livres ou des acteurs et actrices, blague Alzner, qui préfère généralement les indices un peu plus abstraits.

«Je suis meilleur quand tu me poses des questions qui sortent des sentiers battus. Lorsqu'ils donnent un indice et qu'il y a un point d'interrogation, ça veut généralement dire qu'il s'agit d'un jeu de mots. Je suis habituellement bon pour ça.»

Le vétéran de 10 saisons dans la LNH admet toutefois qu'il utilise encore son ami Google à l'occasion.

«Je n'ai pas honte de le faire. Tu veux finir ta grille. C'est la clé. Si tu es pris, quel est le point? Tu es mieux de t'aider avec un indice et ça peut ensuite t'ouvrir la porte pour le reste, explique Alzner, dont les mots croisés préférés sont ceux du USA Today et du Washington Post.

«Je suis aussi très mauvais pour épeler, donc ça rend le tout plus difficile. Je vais avoir la réponse, mais ça ne concordera pas avec le nombre de cases, alors je cherche comment épeler un mot et je réalise que ce n'était pas comme je l'imaginais.»

Pour Alzner, il y a beaucoup plus d'avantages à faire des mots croisés que simplement le fait d'améliorer ses habiletés d'épellation. Ça lui permet de mettre son «mental» au défi - et de le tenir loin de son téléphone cellulaire.

«C'est comme le golf pour les joueurs de hockey. C'est un jeu imbattable. C'est toujours un défi. C'est un peu comme les mots croisés parce que c'est tellement rare que tu peux en réussir un du début à la fin sans te tromper, explique Alzner.

«Les gars aiment être mis au défi et ils aiment un défi difficile. On finit toujours par en parler tout au long de la journée, des fois pendant qu'on s'habille pour un match - "Oh, je me demande si ça aurait pu être ça ou ça…" C'est toujours le fun.»

Pour Alzner, l'ultime défi reste les mots croisés du New York Times et du Los Angeles Times - spécialement ceux du dimanche.

«Ce sont les deux meilleurs. Si tu peux les finir aux trois quarts, c'est très respectable et je serai heureux. Et ce sont ceux du dimanche. Les mots croisés de la semaine sont plus faisables. Mais, celui du dimanche, le difficile, cinq étoiles... C'est celui-là que tu veux réussir», conclut Alzner.

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