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Bienvenue chez les pros

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Avant d’arriver frais et dispos au prochain repêchage, les nombreux prétendants devront souffrir un peu lors du Combine de la LNH.

Pierre Allard entamera l'automne prochain sa septième saison à titre de préparateur physique des Canadiens.

Au cours de la dernière semaine au HARBORCENTER de Buffalo, plus d’une centaine de jeunes hockeyeurs rêvant d’atteindre un jour la Ligue nationale de hockey ont dû se dépasser physiquement comme ils ne l’ont jamais fait auparavant, lors de l’édition 2016 du Combine de la LNH. Comme les 29 autres formations du circuit, les Canadiens auront leur contingent sur place afin d’en apprendre un peu plus sur la prochaine cuvée d’espoirs qui pourraient se joindre à l’organisation.

Parmi les membres du bleu-blanc-rouge qui seront présents, le préparateur physique Pierre Allard portera une attention particulière aux résultats des épreuves physiques auxquels seront soumis ces jeunes adultes. Sachant à quel point ce sera exigeant pour eux, l’entraîneur de longue date est conscient que ce premier contact avec la LNH ne sera pas de tout repos.

« En plus des tests, il faut qu’ils composent avec le facteur stress. Je me mets dans la peau d’un jeune de cet âge-là et c’est quelque chose. Ils viennent d’arriver, ils sont passés au travers du stress des entrevues individuelles – pour certains ça peut varier entre 15 et 25 rencontres au courant de la semaine – et là ils se présentent devant tous les préparateurs physiques et les dirigeants et ils doivent subir les tests physiques », admet d’entrée de jeu Allard, qui amorcera l’automne prochain sa septième saison avec le Tricolore. « Les tests ont été améliorés au cours des dernières années. Il y a deux ans, tous les préparateurs physiques des équipes ont été rencontrés et nous avons pu donner notre avis sur ce que nous avions vu depuis plusieurs années et ce que nous ferions pour améliorer la formule afin qu’on retire davantage d’informations. »

Organisé pour une deuxième fois consécutive dans ce centre de hautes performances de l’État de New York après plusieurs années à Toronto, le Combine propose aux espoirs présents une multitude de tests espacés sur deux jours. De la grandeur et du pourcentage de gras, jusqu’à la puissance du haut et du bas du corps et l’endurance en passant par le temps de réaction et l’endurance, les nombreux recruteurs possèderont au terme de cet événement une multitude de nouvelles informations qu’ils pourront analyser avant de revenir à Buffalo dans quelques semaines pour le prochain encan amateur.

« Ces données sont un outil supplémentaire qui confirme certaines tendances qui avaient été aperçues chez le joueur. Ce qu’on cherche, ce sont les débalancements. Comme par exemple : un joueur qui est très, très explosif, mais qui n’a pas de cardio, ou le contraire », explique le titulaire d’un baccalauréat en kinésiologie et de trois attestations nationales comme entraîneur. « Souvent lors de nos discussions avec les recruteurs, je vais demander quel type de joueur il est parce qu’eux l’ont déjà vu jouer, contrairement à moi. C’est dur pour moi de porter un jugement sur la qualité de son jeu, mais je peux le faire sur sa condition physique. Je suis capable de tracer un portrait physique et ensuite les dirigeants vont l’utiliser dans leur prise de décision. »

Pour une deuxième année consécutive, le Combine de LNH aura lieu au HARBORCENTER de Buffalo.

Malgré tous les changements apportés à cet événement, Allard est d’avis que d’autres modifications pourraient être bénéfiques afin d’obtenir des données encore plus concrètes concernant les jeunes. Citant l’exemple du Combine de la NFL – qui est pratiquement autant suivi et populaire que le repêchage du circuit Goodell – et qui permet de dresser un portrait assez complet sur les capacités des jeunes hommes évalués.

« La Ligue nationale a fait appel à un sport scientist pour améliorer les tests et les appliquer davantage au hockey. Mais je dirais qu’avec tous les tests qui sont effectués de notre côté, c’est quand même difficile de pouvoir prédire le potentiel LNH des jeunes à partir de tests physiques faits dans une salle », fait part Allard. « Dans la NFL, si tu ne cours pas une certaine distance dans un temps spécifique, tu ne pourras même pas accéder à la ligue. Ils ont des données qui leur disent que ça ne fonctionnera pas pour les jeunes. Même chose pour le bench press, si tu n’es pas capable de pousser telle charge, tu ne seras pas capable de repousser un adversaire sur la ligne de mêlée. C’est plus facile pour le football d’analyser les prérequis pour jouer dans la NFL tandis que dans la LNH, c’est difficile de juger à partir d’un test si un jeune deviendra un bon défenseur juste avec le résultat du bench press. »

Avant de se présenter à Buffalo, les jeunes ont pu se préparer spécifiquement pour les tests qui les attendent puisqu’ils ont accès aux différents protocoles d’entraînement sur le Web. Alors que certains ont repris leur préparation dès la fin de leur saison respective il y a quelques semaines, d’autres ont pu profiter d’une première pause depuis seulement quelques jours suite à la conclusion du tournoi de la coupe Memorial, dimanche. Si justement des éléments comme ceux-là sont pris en considération durant la tenue des épreuves, la majorité des jeunes qui se présenteront au Combine obtiendront pour la première fois de leur vie un aperçu de ce qui est nécessaire afin d’être dans une forme optimale qui leur permettra un jour d’évoluer dans la LNH.

Provenant de la majorité des rangs juniors, ces espoirs ne sont pas les premiers et ils ne seront pas les derniers à réaliser qu’ils devront modifier leur entraînement s’ils souhaitent survivre aux rigueurs quotidiennes du hockey professionnel et performer soir après soir.

« Un gars comme [Michael] McCarron a progressé énormément au cours des deux dernières années par rapport à ses connaissances à l’entraînement depuis le moment où il est arrivé avec nous. Il a vu c’était quoi s’entraîner pour devenir un professionnel », atteste Allard au sujet du choix de première ronde du Tricolore en 2013, qui avait lui-même confirmé avoir apporté d’importantes modifications à son programme d’entraînement depuis son départ du programme national de développement américain. « C’est ça qui surprend beaucoup les joueurs à partir du moment où ils sont repêchés. Ils ont toujours été des premiers de classe un peu partout, mais lorsqu’ils arrivent chez les pros, tout est à refaire. »

Hugo Fontaine écrit pour canadiens.com.

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