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Site officiel des Canadiens de Montréal

Au nom du père

par Staff Writer / Montréal Canadiens

MONTRÉAL – Il n’y a pas de plus grand partisan de Carey Price que son père, Jerry.

Lui-même ancien gardien, l’homme de 56 ans a eu le privilège de voir de près l’évolution remarquable du gardien des Canadiens au cours des années et sa constante progression vers les sommets de la LNH.

Crédit photo: Bob Fisher

Bien que M. Price avait une petite idée que Carey avait un petit quelque chose de spécial, surtout en raison de son amour inconditionnel pour le hockey, il ne pouvait pas se douter que son fils allait avoir une progression fulgurante vers les hautes sphères du sport en le regardant patiner sur la glace en avant de la résidence familiale d’Anahim Lake, en Colombie-Britannique.

«Je ne sais pas s’il y avait une possibilité de voir venir ça. Mais parfois, tu as un sentiment particulier. Carey a toujours été une personne confiante, même enfant. J’ai l’impression que depuis qu’il est tout jeune, il sait ce qu’il veut devenir. Il n’a jamais douté de lui-même », a offert M. Price, natif de l’Alberta, qui a lui-même été repêché au 126e rang par les Flyers de Philadelphie en 1978, 27 ans avant de voir son fils, qui évoluait pour Tri-City dans la WHL, être choisi au cinquième rang par les Canadiens en 2005. «Honnêtement, je l’ai seulement supporté dans ses choix. J’ai toujours eu confiance en lui. D’être à Montréal est seulement un rêve devenu réalité, pour lui comme pour moi. J’ai grandi dans l’Ouest canadien en étant partisan des Canadiens. Quand je vois les noms des légendes qui ont joué ici, c’est un grand honneur. C’est gratifiant de le voir aussi bien performer dans cette ville. »

M. Price sera le premier à vous dire que les incroyables succès de son fils ne sont pas seulement le fruit de ses capacités innées hors de l’ordinaire. L’athlétisme naturel de Carey était évident dès le départ, mais le fait de demeurer lui-même et d’être humble l’a propulsé dans cette carrière dans la LNH qui en est maintenant à sa huitième saison.

«Je crois qu’avoir foi est une chose, mais il faut aussi croire en soi et travailler dur. Ces valeurs ont toujours été chères à Carey. Il a seulement pris de la maturité », lance M. Price avant de souligner d’autres traits de caractère qui font que son fils de 27 ans est aussi constant lorsqu’il se retrouve devant le filet. «Il a ce désir de gagner et il donnera tout ce qu’il faut pour y arriver. Il aime ses coéquipiers, la ville où il joue et le pays qu’il représente. Il est également très loyal envers les gens qui sont proches de lui. Il n’est pas toujours question d’accomplissements personnels. Il veut faire partie d’une équipe. Il veut y contribuer de toutes les façons. C’est ce qui le nourrit. »

Crédit photo: Bob Fisher

Ça n’a pas fait de tort non plus que Price ait l’attitude calme qui lui est caractéristique, lui aidant à composer avec les rigueurs du fait d’être gardien dans la Mecque du hockey qu’est Montréal.

«Si les choses vont mal, il est frustré, c’est certain. Il devrait l’être quand il joue mal ou que l’équipe perd un match important. Mais sa force, c’est qu’il a la mémoire courte. Il oublie rapidement les choses négatives. Il a été comme ça toute sa vie. C’est sa personnalité », a expliqué M. Price qui a vu Carey remporter le Championnat du monde junior (2007), la coupe Calder (2007) et une médaille d’or olympique (2014) au cours de la dernière décennie, en plus d’inscrire son nom à quelques endroits dans le livre des records des Canadiens. «Il est capable de passer par-dessus des épreuves, comme des blessures, rapidement. Les moments difficiles font partie du jeu. Il est dans la Ligue depuis assez longtemps pour le comprendre. Être gardien à Montréal est demandant. On l’a vu gérer des hauts et des bas déjà. Il continuera de le faire. C’est important pour avoir la confiance de soi-même, mais aussi des autres. Par ces expériences, tu apprends à te respecter toi-même en tant qu’individu et en tant que gardien. Il le fait et l’équipe a confiance qu’il continuera à le faire. »

Ce professionnalisme est exactement ce qui a donné au gardien, participant à quatre matchs des étoiles et récipiendaire de la coupe Molson pendant cinq ans, une place dans la structure de leadership des Canadiens annoncée en septembre dernier. Bien que la règlementation de la LNH fasse en sorte que Carey ne puisse porter de «A» sur sa poitrine comme Max Pacioretty, Tomas Plekanec, Andrei Markov et P.K. Subban, Michel Therrien a insisté sur le fait que le gardien allait être impliqué de près dans les rencontres au sommet au cours de la saison 2014-2015.

«D’être considéré autant par une équipe est tout un honneur, surtout pour un gardien », a affirmé Jerry Price, qui a récemment fait le voyage pour voir son fils au Match des étoiles 2015, à Columbus. «Carey a des capacités de leadership naturelles. Ma femme, sa mère, Lynda, a ces capacités également [ayant été élu chef de la Première Nation Ulkatcho]. Sa mère et moi menons de façons très différentes. Carey a combiné nos deux forces pour adapter son style de leadership. De le voir être considéré dans le groupe de leader est quelque chose.

Crédit photo: Bob Fisher

«C’est là que le sérieux de Carey entre en jeu », a ajouté Price, un ancien professeur de formation aux adultes à Anahim Lake. «Je sais qu’il y a bien des choses qui lui traversent l’esprit [lors d’un match difficile]. Il n’aime pas accorder des buts. Il n’est pas insensible. Il comprend qu’en faisant partie de ce groupe de leader, il doit rester stoïque, peu importe ce qui arrive. Parfois, le leadership se traduit par le fait de ne rien faire, parfois, il se traduit par le fait qu’on brise notre bâton sur le dessus du filet. Carey ne fait pas qu’arrêter des rondelles. Il démontre des qualités de leader sur la glace aussi. »

Si les performances sur glace de Carey rendent sa famille fière, surtout son père qui a piloté son avion Piper Cherokee de nombreuses fois pour permettre au gardien d’aller à ses matchs et à ses entraînements à Williams Lake, ses performances hors glace ont exactement le même impact.

«C’est la façon dont il est devenu un jeune homme, un mari et probablement, dans le futur, un père, c’est impressionnant et ça dénote beaucoup de maturité. Puis d’avoir la confiance comme ça de Michel [Therrien], ça veut tout dire comme parent », a lancé M. Price, faisant notamment référence aux commentaires de l’entraîneur-chef du Tricolore sur le rôle de leader qu’occupe Price dans le vestiaire. «Je suis fier de qui il est. Carey est béni que tout fonctionne pour lui et surtout que tout fonctionne pour lui dans un endroit comme Montréal. »

Connaissant son fils mieux que quiconque, Jerry Price sait très bien que Carey n’est pas totalement satisfait de son parcours jusqu’à présent. Après tout, il n’a toujours pas atteint son objectif principal.

«Rien n’égalerait une coupe Stanley à Montréal. Il le veut tellement. Le Championnat du monde junior en Suède, c’était bien. De gagner à Hamilton, c’était bien. Les Olympiques à Sotchi, c’était bien. Mais de soulever la coupe Stanley et de participer à la parade sur la rue Ste-Catherine, de voir ça serait incroyable», explique Price. «Carey aime cette ville, il aime ses gens et il aime les partisans. Le but ultime est de la gagner pour les gens et pour ses coéquipiers. »

Matt Cudzinowski écrit pour canadiens.com. Traduit par Vincent Cauchy.

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