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À l'extérieur de la patinoire… avec Pedro Martinez

Une rencontre avec l'ancien lanceur vedette des Expos

par Manny Almela, traduit par Hugo Fontaine @canadiensMTL / canadiens.com

Cette entrevue a été modifiée de la version publiée originalement dans le numéro 25.6 du magazine CANADIENS

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Jeune joueur flamboyant à son arrivée à Montréal, il a quitté la ville en tant que légende qui allait devenir l'un des lanceurs les plus dominants de l'histoire du baseball. Seul artilleur des Expos à avoir remporté le trophée Cy Young, Pedro Martinez a utilisé sa balle rapide pour terroriser les frappeurs adverses durant 18 saisons. Comme le lanceur n'a jamais eu la langue dans sa poche, nous avons discuté avec le membre du Temple de la renommée de 45 ans pour découvrir quelle place occupe Montréal dans son cœur.

Que ressens-tu lorsque tu reviens à Montréal?
PEDRO MARTINEZ :
C'est chez moi ici. C'est comme si je revenais à la maison. Je n'ai rien oublié de cette ville et c'est comme si je n'étais jamais parti. 

Qu'est-ce qui te manque le plus de la métropole?
P.M. :
À quel point c'est un endroit paisible et qu'il est si bon de vivre à Montréal. Il est tellement facile de bien s'entendre avec les gens que l'on croise dans la rue. C'est un endroit tellement spécial.

Quels étaient tes endroits de prédilections à Montréal à l'époque?
P.M. :
Quelques restaurants, c'est certain. Montréal en compte plusieurs excellents. Je me fais toujours un devoir d'aller au Piment Rouge, leur poulet Général Tao est incroyable. Pour un bon steak, je vais chez Moishes et pour de l'italien, j'arrête à La Campagnola. À chacune de mes visites, bien manger n'est jamais un problème. (rires)

Es-tu devenu un partisan de hockey lors de ton passage à Montréal?
P.M. :
Je suis un partisan des Canadiens depuis longtemps et le fait qu'ils gagnent toujours lorsque j'assiste à un match en personne aide pour beaucoup!

De quel joueur te souviens-tu le plus des matchs auxquels tu assistais? 
P.M. :
Je me souviens du gardien… José Théodore. Il était bon et donnait une chance à son équipe de gagner chaque soir.

Penses-tu qu'un stade extérieur au centre-ville aurait fait une différence pour les Expos? Aurait-il pu sauver l'équipe?
P.M. :
Je crois sincèrement que oui. Les partisans d'ici sont tellement passionnés et ils connaissent leur baseball. De plus, on était si confortables ici qu'aucun d'entre nous ne voulait partir. Selon moi, non seulement ç'aurait pu fonctionner ici, mais ça pourrait encore marcher aujourd'hui. Si on avait pu faire ce que les Canadiens ont fait du côté de la promotion du hockey et du support envers l'équipe, tout aurait été possible. On aurait eu notre stade au centre-ville et les partisans auraient toujours leurs Expos ou leurs «Z'Amours » comme ils nous appelaient.

Tu as pris le temps de saluer les partisans des Expos lorsque le départ de l'équipe a été annoncé. Qu'est-ce que cet événement signifiait pour toi personnellement?
P.M. :
C'était très triste lorsque c'est devenu officiel. Honnêtement, l'une des raisons pour lesquelles je suis revenu dans la Ligue nationale en 2005 est que je voulais avoir la chance de jouer au Stade olympique. Je n'en ai malheureusement jamais eu l'occasion. J'étais tellement triste que je suis presque revenu sur ma décision de retourner dans la Nationale après cela. 

Tu as remporté la Série mondiale avec les Red Sox en 2004, mais quelle a été la meilleure équipe dont tu as fait partie: celle-là ou les Expos de 1994?
P.M. :
Ce sont deux très bonnes équipes. On avait une fiche de 74-40 à Montréal avant la grève, qui peut l'oublier? Ce que je peux vous dire sans hésitation, c'est que notre édition des Expos aurait probablement remporté deux, trois ou peut-être même quatre Séries mondiales d'affilée. On était bons à ce point-là et on savait qu'on pouvait battre n'importe qui.  

Gardes-tu contact avec certains de tes anciens coéquipiers des Expos?
P.M. :
Je suis encore proche de plusieurs d'entre eux : Vladdy Guerrero, Oogie (Ugueth) Urbina, Jose Paniagua, Moises Alou et quelques autres. Je vois souvent aussi Marquis Grissom et Cliff Floyd.

Est-ce que Felipe Alou a été le meilleur gérant pour qui tu as joué?
P.M. :
Oui, de loin. C'est un grand homme et c'est la personne qui a eu le plus grand impact non seulement comme joueur, mais surtout comme être humain. Il était le meilleur de sa profession et le baseball s'ennuie de Felipe, c'est certain.

Le bruit le plus agaçant du Stade olympique : le claquement des sièges vides ou le son cacophonique des trompettes? 
P.M. :
(rires) Je dirais les sièges. C'était affreux comme bruit. De plus, ça nous rappelait que les gradins étaient vides.

À quel point la rivalité Yankees/Red Sox est-elle intense?
P.M. :
Les journalistes rendaient les choses pires qu'elles ne l'étaient, mais l'intensité lors de nos affrontements était si élevée que ç'a atteint un tout autre niveau. On aurait dit qu'on se détestait vraiment, n'est-ce pas?

Comment te sentais-tu lorsque tu t'es emparé de la tête chauve de Don Zimmer avec tes mains nues au cours des séries de championnats de 2004?
PM :
Je peux en rire maintenant, mais c'était une erreur. Une erreur de sa part de s'être rué vers moi comme il l'a fait et je n'ai fait que me défendre. Si je pouvais remonter dans le temps, j'aurais commencé à courir sur le terrain pour qu'il me prenne en chasse. Alors ça, çaurait été très drôle.

Les Yankees sont-ils toujours «Ton Papa»?
P.M. :
À vous de me le dire! Tout ce que je sais, c'est que je suis le seul lanceur à avoir retiré 17 frappeurs des Yankees sur des prises au Yankee Stadium. Ils auraient dû écrire le mot «Daddy» quelque part dans le stade en mon honneur avant de le démolir.

Quel était ton véritable poids lorsque tu es passé des Dodgers aux Expos en 1993?
PM :
Je n'étais pas lourd. Jetez un coup d'œil aux photos! (rires)

Existe-t-il une meilleure mascotte que Youppi!?
PM :
C'est une question difficile. Youppi! et moi sommes très proches, mais je dois y aller avec le Phillie Phanatic. Par contre, il ne sera jamais aussi gentil que Youppi!

T'ennuies-tu des bouclettes que tu avais sur la tête lors de tes premières années à Montréal?
P.M. :
Je n'ai pas à m'en ennuyer. Je pourrais les refaire si j'en avais envie. J'ai encore mon afro, ne vous inquiétez pas pour ça. (rires)

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