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Site officiel des Canadiens de Montréal

À l'extérieur de la glace… avec Pierre-Luc Gagnon

Une rencontre avec la légende du skateboard

par Hugo Fontaine @canadiensMTL / canadiens.com

Une des légendes vivantes du skateboard, Pierre Luc Gagnon, a pratiquement raflé tout ce qu'il pouvait depuis ses débuts professionnels. Vainqueur de 21 médailles aux X Games - cinquième plus haut total de l'histoire de cette compétition -, le natif de Boucherville, maintenant établi en Californie, n'est pas du genre à renier ses origines, profitant de chacune des occasions qu'il a de revenir au Québec. Dans le cadre de son passage à l'événement Jackalope de Montréal, nous avons rencontré l'artiste de la planche pour discuter de sa carrière… et aussi de hockey.

Tu es à Montréal dans le cadre de l'événement Jackalope, mais tu ne seras pas en mesure de participer à la démonstration prévue en compagnie de Tony Hawk. À quel point as-tu hâte de revenir à l'action, mais cette fois-ci dans une véritable compétition?
PIERRE-LUC GAGNON :
Je fais beaucoup de physiothérapie depuis quelques semaines parce que j'ai subi une blessure à la hanche et ensuite à la cheville. Je suis vraiment déçu de ne pas être en mesure de prendre part à Jackalope. Je ne serai pas tout à fait prêt pour faire la démonstration à Montréal. Je voulais quand même être en ville pour appuyer l'événement et avoir du plaisir avec mes amis. J'aurais vraiment voulu être en mesure de performer et d'être à 100 %, mais en même temps, je suis professionnel de skateboard depuis 20 ans. Ça fait partie de la game.   

Je suis vraiment déçu de ne pas être en mesure de performer devant les Québécois, mais Tony Hawk va être là et il va donner un super bon show. Il ne fait plus beaucoup de compétitions, mais le fait qu'il soit à Montréal est une occasion unique à ne pas manquer. Un de mes supers bons amis, Elliot Sloan, va être là. Il a gagné l'épreuve de la MegaRamp aux X Games cet été. Lizzie Armanto sera aussi là. C'est une des meilleures au monde en skate. 

Même si tu es établi en Californie depuis longtemps, t'ennuies-tu un peu du Québec?
PLG :
Toute ma famille immédiate est encore au Québec. C'est sûr que c'est difficile d'être en Californie loin d'eux, surtout que j'ai maintenant un fils de trois ans. C'est pour ça qu'après l'événement, je vais rester un peu plus longtemps ici et passer du temps avec mes parents à Mont-Tremblant. 

Aussi, ce que j'aime du Québec c'est qu'il y a quatre saisons. En Californie, il n'y a pas d'hiver. C'est peut-être bon pour le skate, mais j'aimerais montrer à mon fils comment jouer au hockey. On s'entend que la culture du hockey en Californie n'est pas trop forte. L'hiver au Québec, il y a des patinoires partout et c'est facile trouver une glace et des patins. Je vais pouvoir l'initier au ski en Californie parce qu'il y a quelques montagnes pas trop loin, mais pour le hockey, c'est différent.

T'ennuies-tu vraiment des hivers québécois?
PLG :
(rires) Je ne m'ennuie pas d'avoir à gratter mes vitres d'auto ou de pelleter mon entrée de garage. Mais je m'ennuie de la neige dans le temps des Fêtes. Plus je vieillis, plus on dirait que je veux revenir plus souvent au Québec. Quand j'étais plus jeune, j'étais assez occupé parce que je voyageais partout dans le monde pour des compétitions. La maison me manque un peu.

As-tu déjà joué au hockey?
PLG :
Plus jeune, on jouait des matchs de hockey pour le fun sur la patinoire à Mont-Tremblant chaque samedi. J'étais là-bas parce que je faisais beaucoup de ski dans ma jeunesse. J'étais assez bon. Je skiais avec Erik Guay, qui a participé aux Jeux olympiques à quelques reprises. On coursait ensemble tout le temps sur les pentes. Après ça j'ai commencé à faire plus du skate, j'ai donc voulu faire du snowboard parce que je trouvais que ça complétait bien ça. 

Y a-t-il un endroit à Montréal où tu dois aller chaque fois que tu reviens en ville?
PLG :
Pas vraiment un endroit en particulier. J'essaie de manger de la poutine chaque fois que je reviens au Québec. (rires) Il n'y en a pas du tout en Californie. Mon «go to» serait vraiment Mont-Tremblant pour visiter mes parents. 

Qu'est-ce que tu penses qui fait le plus mal : prendre une débarque quand tu atterris mal en Vert ou quand un joueur de hockey se fait solidement mettre en échec le long de la bande?
PLG :
D'après moi, ça dépend si tu vois l'impact arriver. En skate, les fois où tu te fais le plus mal sont quand tu ne t'y attends pas. Quand tu es dans les airs, tu veux absolument réussir ton coup et tu ne penses qu'à ça. Tout d'un coup, tu tombes et là, tu as vraiment mal. Au hockey, souvent tu vois le joueur adverse arriver, tu as le temps de te préparer à l'impact et te placer dans une position pour absorber le choc. Aussi, il ne faut pas oublier qu'en skate, on n'a pratiquement pas d'équipement comparativement au hockey. (rires)

Comment est la relation entre les skaters? Est-ce que c'est ultra compétitif ou vous être plus du genre à aller souper ensemble après une compétition?
PLG :
Ça va super bien entre nous. On est tous amis. On s'entraîne ensemble. C'est sûr qu'il y en a certains que tu aimes moins que d'autres et que durant une compétition, on veut tous gagner. Par contre, au skate, il n'y a rien que je puisse faire qui aura un impact sur mon adversaire. C'est individuel. La seule chose que je peux faire, c'est de faire de mon mieux sur mon skate et espérer que ma performance en sera une gagnante. Ce n'est pas comme si j'étais défenseur et que je pouvais ralentir un joueur adverse au hockey. Voir les autres se dépasser et réussir de nouvelles manœuvres me motive à vouloir me surpasser. 

Que penses-tu de ceux qui disent que les skaters ne sont pas de véritables athlètes?
PLG :
Il y a plusieurs années, j'ai déjà eu comme préparateur physique Rob Garcia, qui a longtemps travaillé avec Oscar De La Hoya. Je faisais beaucoup de boxe et du cross-training pour être dans la meilleure forme physique possible. Ce ne sont pas tous les skaters qui s'entraînent aussi fort à l'extérieur, mais moi, je prenais ça très au sérieux. Je m'entraînais avec Rob trois à quatre fois par semaine. Il me forçait à me dépasser et c'est avec lui que j'ai connu les meilleures années de ma carrière.

Même si le Centre Bell est beaucoup plus petit que d'autres endroits où tu as fait des compétitions, aimerais-tu cela voir un événement de skateboard être organisé ici?
PLG :
Pourquoi pas. Les X Games ont déjà été organisés au STAPLES Center de Los Angeles et ce n'est pas plus grand que le Centre Bell. Il y avait des épreuves disputées à l'intérieur et d'autres à l'extérieur de l'édifice. C'est sûr que si ça se produisait un jour, j'aimerais être là. J'ai toujours souhaité que des événements de skate soient organisés au Québec et j'ai toujours voulu participer à des compétitions ici. C'est pour ça que je suis content qu'un événement comme Jackalope soit organisé. Ça va être vraiment gros.

Au hockey, il y a des joueurs qui ont tout gagné dans leur carrière. C'est pas mal ton cas dans ton sport. Maintenant âgé de 37 ans, est-ce encore difficile de trouver de la motivation, sachant que tu as tout accompli?
PLG :
Sans vouloir me vanter, c'était devenu répétitif à un certain moment. Tout allait vraiment bien et j'étais au sommet. Mais je me suis blessé et j'ai réalisé que je n'étais pas capable d'être sur mon skate parce que mon corps ne me laissait pas l'être. Quand ça arrive, c'est là que tu réalises à quel point c'est important de savourer chaque moment. Maintenant, ma motivation est de guérir et de gagner une autre compétition après avoir été longtemps inactif en raison de ma blessure. 

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