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À l'extérieur de la glace… avec Dave Mustaine

Une entrevue exclusive avec le chanteur et guitariste de Megadeth

par Matt Cudzinowski, traduit par Hugo Fontaine @canadiensMTL / canadiens.com

Dave Mustaine de Megadeth n'est pas seulement une légende du trash metal. Le guitariste, chanteur et compositeur a toujours apprécié le monde du sport, incluant le hockey. Depuis plusieurs années, Mustaine a effectué plusieurs arrêts à Montréal et dans la province de Québec, pour des tournées ou pour affaires, et a développé une histoire d'amour avec les Québécois. Nous nous sommes entretenus dernièrement avec la superstar de la musique pour en apprendre davantage sur sa passion pour le hockey, en prévision du passage de Megadeth à la Place Bell mardi soir.

Megadeth a tissé des liens spéciaux avec la ville de Montréal au fil des années. Parle-nous de ta relation avec les Montréalais.
DAVE MUSTAINE :
Je ne sais pas trop comment ç'a débuté, mais c'était une de ces choses où on a senti qu'on était accueilli chaleureusement. Je me rappelle la première fois où nous avons joué à Hull. Je n'étais jamais sorti des États-Unis avant ça. C'était ma première expérience dans un pays où on parlait une autre langue, à l'exception du Mexique. Lorsque nous sommes arrivés dans les plus grosses villes comme Montréal - étant fan de hockey - j'ai adoré ça.

Il y a longtemps, il y a eu une terrible tempête de verglas et c'est que là tout a commencé. On se sentait obligé de faire quelque chose pour aider les gens. On avait un concert de prévu et j'ai dit qu'après le concert que j'irais rencontrer personnellement et que je serrerais la main de toutes les personnes qui amèneraient de la nourriture ou des couvertures pour les sans-abris. Je suis resté plusieurs heures après le concert. C'était très gratifiant. Nous sommes tous frères et sœurs. C'était la bonne chose à faire.

Comment un gars de la Californie, qui a voyagé partout dans le monde depuis plusieurs, plusieurs années, est soudainement devenu intéressé par le hockey?
DM :
En fait, je voulais jouer au hockey quand j'étais plus jeune. Ma mère était femme de ménage le jour. Lorsqu'elle partait travailler, je devais trouver un endroit pour demeurer loin des ennuis. J'allais donc à l'aréna. Certains des gars qui jouaient restaient après les séances de patinage libre et à l'exception des odeurs désagréables, c'était quelque chose que je voulais faire. Mon meilleur ami à l'époque et moi avions commencé à mettre de l'argent de côté pour acheter de l'équipement et avions essayé de nous faire une place dans une équipe. Je me souviens d'avoir reçu une passe, au moment où la rondelle arrivait sur ma palette j'ai regardé dans les airs et quelqu'un m'a propulsé par terre. L'entraîneur m'a dit : « Mon gars, tu dois faire du power skating. » Je lui ai répondu : « Non, j'ai besoin d'une cigarette. » (rires) J'ai quitté la patinoire, avec ma fierté qui venait d'en prendre un coup, et j'ai réalisé à cet instant que je jouerais de la guitare à la place.

À quelle position évoluais-tu durant ton bref essai?
DM :
Par terre, avec le visage contre la glace. (rires) Je n'étais encore qu'à l'essai. Je n'étais pas très bon en patins. Lorsque je regarde de nos jours les joueurs canadiens et quelques-uns des talentueux joueurs européens, on dirait qu'ils ne touchent presque pas à la glace. J'aimais le hockey à l'époque où il y avait un peu plus de robustesse. Ce qui était arrivé il y a très longtemps avec (Donald) Brashear m'a complètement chamboulé. De toute ma vie, je n'avais jamais vu quelque chose comme ça au sport professionnel. Lorsque tu vois des incidents malheureux et que des joueurs s'attaquent à d'autres, lorsqu'ils visent les genoux ou quelque chose du genre, je me dis que si j'étais commissaire que je bannirais à vie le joueur ou l'entraîneur. S'ils vont tenter de mettre fin à la carrière de quelqu'un, on va mettre un terme à la leur. Cette justice fait penser à celle des cowboys à l'époque et ça règlerait plusieurs problèmes dans le monde du sport. La NBA serait meilleure. La NFL serait meilleure. Ce serait pour le mieux.

Te considères-tu comme un partisan des Canadiens?
DM :
Pour être honnête, je ne connais pas les formations du bout des doigts et je n'ai jamais été bon avec les noms. J'adorais le baseball quand j'étais enfant, mais je ne me souviens plus des noms des joueurs. Mais je me rappelle d'une période - corrigez-moi si je me trompe - où Patrick Roy a été échangé par les Canadiens à l'Avalanche? Il a fait la meilleure citation de l'histoire. C'était difficile de le comprendre lorsqu'il parlait parce qu'il ne faisait pas souvent d'entrevues, je n'avais donc pas tout à fait bien compris ce qu'il disait. Mais quelqu'un l'avait nargué et il lui a répondu : « Je n'ai pas entendu ce qu'il disait parce que j'avais mes bagues de la coupe Stanley dans les oreilles. » C'était tellement drôle! (rires)

On en parle encore aujourd'hui. Ça me fait penser lorsque certains ont été sur mon cas à cause du fiasco de Metallica aux Grammys, lorsqu'ils ont offert une mauvaise performance parce que leur équipement avait des problèmes. Quelqu'un m'a demandé : « Dave, as-tu vu la performance de Metallica? Étais-tu dans les coulisses lorsque c'est arrivé? » Le gars essayait de voir si j'avais manigancé quelque chose. Je lui ai dit : « Non, j'étais trop occupé à parler à tous les membres des médias avec mon Grammy. » Je pensais à Patrick Roy en disant ça. Merci Patty! (rires)

As-tu une appréciation générale de l'équipe et de son histoire?
DM :
Je me rappelle de l'amphithéâtre (le Centre Bell). C'est un bâtiment superbe. Tout m'est familier lorsque j'y vais, comme lorsqu'on monte l'escalier pour aller à nos loges. Je suis devenu ami avec beaucoup de membres du personnel là-bas, ce qui est vraiment bizarre parce que je ne suis qu'un simple Américain qui vient en ville aux trois ans. C'est bien de se faire des amis comme ça, surtout avec ceux qui travaillent là et qui ne reçoivent pas de reconnaissance. Ceux qui sont dans l'ombre, qui prennent soin de vous et qui s'assurent que votre loge est prête. J'aime beaucoup prendre le temps de les remercier.

Quel est ton plus beau souvenir au hockey?
DM :
Le Miracle on Ice était incroyable. C'est toujours amusant de regarder les Matchs des étoiles. Voir quelques-unes des techniques et le talent des joueurs de près, pendant qu'ils rient entre eux même s'ils ratent leurs lancers. C'est ça qui me fait penser que le golf est le sport des rois, mais que le hockey est celui de leurs gardes du corps.

Au fil des années, tu as été en spectacle au Forum, au Métropolis, à l'Auditorium de Verdun, au Parc Jean-Drapeau et au Centre Bell. Mais as-tu déjà assisté à un match des Canadiens à Montréal?
DM :
Malheureusement non. Par contre, je les ai vus jouer une fois en Arizona.

Est-ce sur ta liste?
DM :
Bien sûr. Ce serait vraiment bien si on pouvait aller en ville pour un long week-end et qu'on jouait le lendemain soir. Ce serait la fin de semaine par excellence.

Est-ce que le hockey fait partie du quotidien chez les Mustaine?
DM :
Notre fils Justis a joué pendant plusieurs années. Il était défenseur. Lorsqu'on a déménagé en Arizona, c'est une des choses que les jeunes faisaient le plus parce qu'il faisait bien trop chaud à l'extérieur durant l'été. Justis avait le luxe de pouvoir jouer au hockey à l'intérieur avec ses amis pendant que ceux qui ne savaient pas patiner cuisaient au soleil comme des œufs sur le trottoir.

À quel point est-ce spécial de chanter « À Tout le Monde » au Québec?
DM :
C'est incroyable. C'est aussi bruyant que lorsqu'on l'a fait à Paris. Il va toujours y avoir une opportunité de jouer cette chanson et d'expliquer son histoire. Le processus qui a mené à la création du refrain est très intéressant. J'aimais beaucoup la chanson « Michelle » des Beatles. Je la trouvais très belle. J'ai toujours voulu apprendre le français en raison des origines françaises de mon nom de famille. J'ai fréquenté une Québécoise il y a longtemps et elle parlait français. On parlait un peu entre nous, des mots doux, et j'ai commencé à l'apprendre. Éventuellement, l'idée m'est venue. J'ai rêvé à ma mère, peu après son décès. J'ai rêvé qu'elle était revenue et la seule chose qu'elle pouvait faire était de venir me voir. Elle ne pouvait dire qu'une chose : « Je t'aime. » C'est ce que j'ai trouvé intéressant et c'est l'essence de la chanson. Dire à mes amis que je les aime tous. 

Comment a débuté ton association avec Unibroue?
DM :
Ç'a commencé par l'entremise de nos gérants. Lorsqu'il fait chaud dans le jour, je ne veux pas boire un verre de vin, mais plutôt une bonne bière froide. On a donc commencé à s'impliquer dans la création de bière et ç'a décollé. On a approché Unibroue et j'ai rencontré Jerry Vietz, le maître-brasseur. On était censé être à un festival là-bas, devant 80 000 personnes, mais j'ai raté les tests de son parce que j'étais trop occupé à tester les bières avec lui. (rires) Notre bière a finalement vu le jour et ç'a été incroyable. Il y a une lente, mais constante croissance parce qu'ils ne peuvent pas brusquer le processus de création. La bonne chose est que maintenant on n'a plus à attendre puisqu'ils en font 24/7.

Tu chanteras à la Place Bell lors de ton passage en ville cette fois-ci. À quel point est-ce excitant de faire partie du premier concert rock d'envergure dans ce tout nouvel amphithéâtre?
DM :
Je me sens accueilli chaleureusement. Il n'existe pas de meilleure manière d'exprimer nos sentiments pour un endroit que de se sentir confortable. En tant qu'invité, ce n'est pas ça qu'on veut tous? Notre emploi est tellement exigeant, contrairement à ce que plusieurs pensent. Tu voyages constamment en autobus. C'est difficile. Lorsque tu arrives dans un bâtiment, que tu vois les gens que tu connais, que les lumières d'éteignent et que tout le monde cri avant qu'elles se rallument, il n'existe pas de meilleure sensation au monde. Lorsqu'on est en spectacle à Montréal et qu'on marche autour de l'amphithéâtre, tout le monde parle du concert. Montréal a toujours été un de nos endroits favoris. On a toujours beaucoup de succès là-bas.

Megadeth et Scorpion seront sur la scène de la Place Bell le 19 septembre. Pour plus d'informations, visitez le evenko.ca.

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