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Joannette et Racicot arbitreront chez eux pour le Match des étoiles

Wednesday, 01.21.2009 / 8:31 PM / 2009 NHL All-Star Game

By Magalie Lafrenière - Écrivain NHL.com

« Moi et Pierre, on a grandi ensemble à une rue l’un de l'autre. » a relaté Joannette à NHL.com. « Le fait qu'on soit ensemble à Montréal pour le Match des étoiles, c'est vraiment spécial. »
-- L'arbitre Marc Joannette

On sait maintenant que trois hockeyeurs montréalais se trouveront sur la glace lors du match des étoiles, le 25 janvier prochain : Vincent Lecavalier, Jean-Sébastien Giguère et Roberto Luongo. Il faudra aussi remarquer la présence de deux officiels, tous deux également de la Métropole. En effet, l'arbitre Marc Joannette et le juge de ligne Pierre Racicot ont été sélectionnés pour arbitrer le 57e Match des étoiles.

Il s’agit d’une première présence pour ces deux officiels, copains depuis l’école primaire à Verdun, un arrondissement de la ville de Montréal.

« Moi et Pierre,  on a grandi ensemble à une rue l’un de l'autre. »  a relaté Joannette à NHL.com. « Le fait qu'on soit ensemble à Montréal pour le Match des étoiles, c'est vraiment spécial. »

Son père, Jean-Pierre, avait construit une petite patinoire dans la cour, où les futurs officiels passaient leur temps à s'amuser en imitant les vedettes de la Sainte Flanelle.
« On restait en ville, donc c'était pas une grosse patinoire, mais on jouait au hockey dans la cour, en arrière ou dans la ruelle », dit Racicot, qui, à ce moment-là n’aspirait pas autant à être officiel qu’à devenir un nouveau Guy Lafleur

Joannette, comme son voisin et ami, adulait le démon blond, son joueur favori, « parce qu'il patinait trop vite pour tout le monde. »

Marc Joannette et Pierre Racicot ont commencé à arbitrer dès l'âge de 14 ans. Racicot passait déjà ses journées à l'aréna puisque son père, André, était impliqué dans l'Association du hockey mineur de Verdun, avec le père de Joannette. C’est en voyant une annonce recrutant des arbitres, qu’il eut l’idée de donner son nom : « Pour moi, c’était plus le fun que de travailler pour  McDonald’s ou de passer La Presse ou Le Journal de Montréal tous les matins. »

Pour Joannette, c'est plutôt son père, vice-président de l’AHMV pendant plusieurs années, qui l’a encouragé à prendre le sifflet. « Il pensait que ça serait peut-être intéressant pour moi, à 14 ans, de commencer à travailler dans ce milieu.»

Les deux adolescents ont donc arbitré chez les jeunes hockeyeurs, aux niveaux atome et pee-wee. « Dans le temps, on faisait  5 ou 6 dollars par partie. C’était le fun», se rappelle Racicot.

Petit à petit, ils ont commencé à arbitrer au sein d’équipes plus fortes, au niveau régional du Lac St-Louis. « Je me souviens des journées où on devait prendre l'autobus pour aller arbitrer à Dorval ou à Beaconsfield, dans le Lac St-Louis, à des températures qui n'étaient vraiment pas chaudes », raconte Joannette.

En plus d’arbitrer, Racicot et Joannette jouaient aussi pour leurs équipes de hockey respectives, Joannette comme défenseur et son ami comme ailier gauche. À 17 ans, Joannette a rangé son bâton de hockey. « Il y avait un conflit, parce que j'arbitrais les catégories où je jouais », se remémore  Joannette. « Donc, on m’a fait prendre une décision et je savais que comme joueur je n’allais nulle part. J'ai pensé que j'aurais alors peut-être un peu plus de succès de me rendre jusqu’à la Ligue Nationale comme officiel. »

Abandonnant le rêve d'être aussi bon que Guy Lafleur, Racicot a lui aussi cessé de jouer à l'âge de 18 ans, et a consacré du temps à ses études. Le futur juge de ligne a complété un baccalauréat en psychoéducation à l'Université de Montréal et a travaillé ensuite dans un Centre Jeunesse à Valleyfield, près de Montréal.

Joannette, quant à lui, donne un précieux conseil aux jeunes d'aujourd'hui qui aspirent à devenir  des officiels : « Priorisez les études, car le nombre d'élus dans mon métier est malheureusement très limité.»

Ces deux amis ont par la suite consacré de plus en plus de temps à l'arbitrage et ont officié dans la  Ligue de hockey junior majeure du Québec. Ils ont travaillé ensemble lors de plusieurs matches, mais Racicot a été le premier à se faire remarquer par la Ligue Nationale de Hockey.

« Durant mes deux dernières années dans la LHJMQ,  j'étais classé parmi les meilleurs, et c'est là que ça a commencé à être sérieux pour moi et que j'ai vraiment pensé que j'avais peut-être  la chance de me rendre jusqu’à la LNH.» rappelle Racicot.

Ce dernier a fait son entrée dans cette fameuse Ligue pendant la saison 1993-1994, mais il n'a pas oublié pour autant l'autre Verdunois. « On se parlait régulièrement, une fois par mois, pour voir ce qui se passait et on se racontait de bonnes histoires, » dit Racicot. Il a toujours continué d’encourager Joannette, pour qui le cheminement d’arbitre était plus long à cette époque que celui d’un juge de ligne.

Joannette a passé 11 saisons avec la LHJMQ. « La LNH m'a recruté comme stagiaire en 1997. J’y ai travaillé pendant cinq ans et c'est là que j'ai commencé à penser que j'avais une chance de faire ça à temps plein. »  Deux ans après son arrivée, Joannette arbitrait son premier match dans la LNH, à Buffalo.

Maintenant parvenus à la « grosse » Ligue, Joannette et Racicot n'ont pas oublié la ville où ils ont passé leur jeunesse. Un souvenir marquant dans la carrière de ce dernier? Pas nécessairement son premier match, à Philadelphie mais avant tout sa première présence à un match au Forum de Montréal : « Je me rappelle avoir vu les Canadiens arriver sur la glace avec Claude Mouton qui les annonçait. Ça, pour moi, c'était spécial. Ça représentait pour moi la jeunesse et mes souvenirs. Pour moi, dans ma tête, sur la glace à ce moment-là, c'était un des plus beaux souvenirs du début de ma carrière. Il n’y a aucun doute. »

« C'est même très facile d'être motivé à Montréal, » précise Racicot. « Mais il ne faut pas non plus se laisser embarquer dans ce qui entoure le match. Si on commence à trop écouter ce qui se passe, on va être trop influencé par l'atmosphère et on va oublier que finalement c'est un match de hockey, durant lequel il faut travailler et qui est pareil à un autre match, n’importe où ailleurs. »
-- Le juge de ligne Pierre Racicot

Le premier match de Joannette à Montréal fut aussi une expérience qu’il n'oubliera jamais, pour plus d’une raison. « C'était très spécial. » se souvient-il. « D’autant plus que c'était mon premier match à Montréal, et que ce soir-là, on honorait le Rocket (Maurice) Richard qui était malheureusement décédé pas longtemps avant. La soirée était encore plus spectaculaire et grandiose (pour moi). »

Ces temps-ci, les deux hommes trouvent qu’arbitrer un match à Montréal est presque la même chose que dans n'importe quelle autre ville.

 « C'est même très facile d'être motivé à Montréal, » précise Racicot.  « Mais il ne faut pas non plus se laisser embarquer dans ce qui entoure le match. Si on commence à trop écouter ce qui se passe, on va être trop influencé par l'atmosphère et on va oublier que finalement c'est un match de hockey, durant lequel il faut travailler et qui est pareil à un autre match, n’importe où ailleurs. »

Mais c'est aussi cette même atmosphère que Racicot, qui habite maintenant avec sa famille en Floride, a hâte de partager avec son fils de neuf ans, Harrison, qui viendra voir son père au Match des étoiles.  « Il est très excité de venir à Montréal, » dit-il. « Je lui répète souvent que c'est la meilleure place au monde pour assister à un match de hockey. »

Le Match des étoiles représente vraiment une étape importante dans la carrière d'un officiel. Dans quelques jours à peine, les deux officiels se trouveront ensemble sur la glace, pas très loin de l'auditorium de Verdun, là où tout commençait pour chacun d’entre eux, il y a plusieurs années.

« Je me sens très honoré d'avoir été sélectionné pour travailler à un Match des étoiles, mais en plus, que ça soit chez nous, à Montréal et qu’en plus le centième anniversaire des Canadiens de Montréal soit souligné en même temps, c'est tout un honneur. Je me sens très choyé, » reconnaît Joannette.

« C'est comme une récompense pour avoir fait du bon travail depuis si longtemps,» termine Racicot. « Ça va être très plaisant, il n’y a aucun doute. Et de  travailler avec Marc, c’est encore plus spécial! »


Contactez Magalie Lafrenière à mlafeniere@nhl.com