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La fièvre du Match des étoiles a atteint les fidèles

Tuesday, 01.20.2009 / 10:09 AM / 2009 NHL All-Star Game

By Frederic Serre - Contribution exclusive à la NHL.com

« Tout le monde a hâte, c’est certain. Ce ne seront pas les amateurs de hockey qui vont manquer ici. »
-- Roger Boutin, propriétaire du Resto-Pub St. Jacques

Il fallait avoir un peu de pitié pour les quelques 20 braves âmes qui ont eu le courage de se réunir dans une salle de l’Université de Montréal vendredi dernier pour assister à un colloque assez particulier. Ces fidèles s’étaient réunis pour débattre si les Canadiens de Montréal sont une religion. (Pour ceux qui se joignent à nous après une sieste d’une centaine d’années, on parle aujourd’hui du légendaire, le seul, l’unique Tricolore – un icône sacré dans la nef de notre ville). Non seulement leur timing était-il, pour le moins, douteux, mais leur conclusion était ternie de blasphème !

Les croyants se sont présentés suite à une journée remplie de grandes analyses pour finalement déclarer solennellement que malgré toutes apparences, le hockey à Montréal n’est pas une religion, et que même pour les incrédules, c’est à s’y méprendre.

« On y reconnaît des caractéristiques et des fonctions qui ne sont pas sans rappeler la religion, » croit Tony Patoine, qui assistait au colloque. « Il y a la messe du matin, soit la lecture des journaux et des sites Internet. Puis les discussions théologiques sur les dieux et leurs disciples. Et finalement, en soirée c’est la grande messe. » Et les fidèles les plus pratiquants ne s’en confessent même pas !

Tandis que les trouble-fêtes ont plié bagages et sont rentrés tranquillement chez eux, le reste de la ville se préparait pour l’ultime pèlerinage du hockey – l’événement où les meilleurs joueurs de hockey au monde sont prêts à déferler sur Montréal pour la présentation du 57e Match des étoiles de la LNH, le dimanche 25 janvier. Des activités pour tous les goûts durant une fin de semaine qui va carburer au talent des grandes vedettes de notre sport national.

Les vrais amateurs de hockey montréalais n’ont pas besoin de colloques universitaires pour savoir qu’il existe des dieux de hockey dans cette ville. N’oubliez pas qu’à Montréal, au beau milieu de la canicule de juillet, les émissions de radio n’en n’ont déjà que pour le hockey alors que les sujets de discussion – grâce à la grande ferveur de quelques animateurs un peu trop enthousiastes – tournent autour de la formation des Canadiens en vue de la prochaine saisons et qui seront les élus sur le premier trio, même si la glace du  Centre Bell n’est pas encore en place et que les joueurs sont en vacances.

Montréal compte 3,7 millions d’habitants. Une ville qui, 24 heures sur 24, craque pour le hockey et sur les Canadiens, que l’équipe perde ou gagne, cela importe peu. Mais en 2009, c’est différent. L’équipe fête son 100e anniversaire, le CH connaît ses meilleurs résultats en saison régulière depuis 1986, avec 60 points (une fiche de 27-11-6), grâce à une victoire en fusillade contre les Sénateurs, à Ottawa samedi. Montréal occupe le second rang dans l’Association de l’est. Tout roule comme sur des roulettes, la vie est belle…

Et quoi de mieux pour le moral que de constater que Mike Komisarek, Andrei Markov, Alex Kovalev et Carey Price ont recueillis pas moins de 5,675 millions de votes au scrutin XM pour l’alignement partant du Match des étoiles de la LNH. La passion des partisans des Canadiens a fait, une fois de plus, la différence.

Les vrais passionnés des Canadiens, on les retrouve un peu partout à Montréal. Les fidèles, eux, aiment se réunir dans nos brasseries. À moins de deux kilomètres à l’ouest du Centre Bell et du vénérable Forum qui a encore pignon sur rue, on retrouve une brasserie sympa qu’on appelle simplement « hockey central (le poste de commandement du hockey) ». À l’instar du Club de hockey de Canadien, le Resto-Pub St. Jacques, lui aussi, est centenaire.  C’est l’un des plus anciens pubs à Montréal. « Un de nos clients est probablement né ici, » de dire Roger Boutin, propriétaire du pub. « Nous sommes ouverts depuis toujours. »

Ce qui donne au Resto-Pub la véritable image d’une brasserie à la saveur du Bleu, Blanc, Rouge, c’est la présence d’un des anciens Glorieux qui, au grand plaisir des habitués de la place, fait presque partie des meubles. Yvon Lambert, le robuste attaquant qui a évolué avec les Canadiens entre 1972 et 1981, et qui est surtout connu pour avoir aidé le CH à accéder à la finale de la coupe Stanley contre les Rangers en 1979 après avoir inscrit un but dramatique in extremis en temps supplémentaire contre Boston, aime bien s’installer au bar et faire la causette avec les clients de la place. Il est entouré d’une panoplie de souvenirs – presque tous datent de l’époque de sa grande aventure avec le CH. Souvent on peut voir Lambert serrer la pince des amateurs qui n’ont pas oublié cette fameuse soirée quand il a compté la fameux but, en glissant la rondelle derrière le cerbère Gilles Gilbert, envoyant du même coup les Bruins et Don Cherry en vacances, tandis que les Canadiens se dirigeait vers une autre coupe Stanley.

« Yvon aime venir ici parce que c’est calme, » dit Boutin, qui ajoute que chaque semaine l’établissement fait place aux « Jeudis à Yvon » -- une soirée où les réguliers du coin peuvent regarder le match avec Lambert, prendre une p’tite bière et fêter les Canadiens.

D’après Boutin, le pub sera plein à craquer pour le Match des étoiles qui sera présenté sur les grands écrans pendant que la bière coulera à flots. « Tout le monde a hâte, c’est certain. Ce ne seront pas les amateurs de hockey qui vont manquer ici. »

Peut-être pourrait-il réserver une place pour les quelque 20 trouble-fêtes en provenance de l’Université de Montréal ?



Frederic Serre est journaliste à la pige, traducteur et caricaturiste. Quand Serre n’est pas derrière son clavier, il joue au hockey quatre fois par semaine, dans quatre ligues différentes.