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Analyse: l'absence de Gallagher mettra les Canadiens à l'épreuve

mardi 2015-11-24 / 19:53 / LNH.com - Nouvelles

Par Arpon Basu - Directeur de la rédaction LNH.com

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Analyse: l'absence de Gallagher mettra les Canadiens à l'épreuve
Maintenant que Carey Price est de retour, les Canadiens font face à un nouveau défi – un défi d'un tout autre genre.

BROSSARD – Les Canadiens de Montréal ont déjà réussi à surmonter ce que plusieurs considéraient comme le pire scénario qui aurait pu leur arriver.

Ç'aurait été désastreux si le gardien Carey Price s'était absenté pendant une période de trois semaines la saison dernière; mais dans le contexte actuel, les Canadiens ont su s'en tirer avec une fiche de 5-2-2. Qui plus est, ils en sont ressortis avec un niveau de confiance sans précédent en ce qui a trait à la qualité du jeu qu'ils offrent devant Price.

Maintenant que Price est de retour, les Canadiens font face à un nouveau défi – un défi d'un tout autre genre.

La nouvelle diffusée mardi, à l'effet que l'ailier droit du premier trio Brendan Gallagher sera à l'écart du jeu pour une période minimale de six semaines après qu'il eut subi une chirurgie pour réparer des fractures à deux doigts de la main gauche, s'avère un coup dur pour une équipe qui semble avoir gagné en maturité cette saison. Gallagher a été un élément-clé dans ce processus de maturation.

Le trio que Gallagher compose avec Max Pacioretty et Tomas Plekanec a totalisé 59 points cet automne; cette unité est une des plus productives dans la LNH et ses succès expliquent en grande partie pourquoi les Canadiens ne dépendent plus autant des exploits de Price pour remporter des matchs.

« Il fait tellement de bonnes choses et il est important pour notre équipe, a dit l'attaquant Dale Weise de Gallagher. Il est la colle qui tient ce trio-là ensemble. »

En fait, Gallagher est la colle qui tient n'importe quel trio ensemble, comme il l'a montré depuis que l'entraîneur Michel Therrien et lui sont arrivés à Montréal au début de la saison 2012-13. À chaque fois que Therrien avait besoin de provoquer une étincelle au sein d'un de ses trios offensifs, c'est à Gallagher qu'il confiait cette tâche.

Gallagher a disputé chacun de ses matchs aux côtés de Pacioretty et Plekanec cette saison, non seulement parce qu'il s'agit là d'une combinaison efficace, mais aussi parce qu'aucune des autres unités n'a été à ce point en panne qu'il a fallu lui insuffler de la vigueur en y insérant le catalyseur par excellence de l'équipe.

Il y a plusieurs raisons qui permettent d'expliquer pourquoi Gallagher rend ses coéquipiers meilleurs, et ces raisons sont les mêmes qui le rendront difficile à remplacer.

En voici quelques-unes :

Prévisibilité

Comme l'ont souvent dit les coéquipiers de Gallagher, ils savent exactement à quoi s'attendre de sa part quand ils se retrouvent sur la patinoire avec lui.

Il suffit de regarder Gallagher jouer pour comprendre ce qu'ils veulent dire par là.

S'il y a une rondelle libre, Gallagher va aller la chercher. Si quelqu'un décoche un tir, Gallagher va se placer devant. Si un adversaire a la rondelle, Gallagher appliquera de la pression sur lui.

Cela fait de lui un joueur prévisible pour ses coéquipiers, mais une peste pour ses opposants. La présence de Gallagher à leurs côtés fait aussi en sorte que ses coéquipiers n'ont pas à s'inquiéter de faire les petites choses – les petites choses moins agréables du métier de hockeyeur – puisque Gallagher les fait si bien.

« C'est tout simplement son niveau d'intensité; tu ne peux pas avoir plus élevé que ça, a souligné l'attaquant Lars Eller. Il est toujours prêt à jouer avec intensité et il le fait avec constance, il joue de cette manière sans relâche, que ce soit avec ou sans la rondelle. L'autre chose, c'est que c'est facile de jouer avec lui parce qu'il a une approche tellement directe, il ne réfléchit pas beaucoup. Il y va toujours avec sa première idée. »

Irritabilité

Gallagher est un des joueurs les plus énervants pour l'adversaire dans la LNH, et il est régulièrement la cible des coups des gardiens et défenseurs adverses devant le filet. Mais l'attaquant des Canadiens ne cède pas un pouce, restant devant la cage dans le but d'en tirer un avantage, autant physique que mental.

C'est là un comportement qui est d'autant plus efficace qu'il a pris l'habitude de sourire quand il constate qu'il a réussi à irriter l'adversaire.

La présence d'un tel joueur sur ton trio est avantageuse parce qu'il y a toujours un coéquipier autour du filet, mais aussi parce qu'elle amène souvent un opposant à s'attarder un peu trop à Gallagher parce qu'il cherche à le sortir du jeu avec insistance, au lieu d'accorder son attention aux autres attaquants des Canadiens. Pendant que les défenseurs sont occupés à donner des coups de bâton à Gallagher dans l'enclave, par exemple, Pacioretty peut profiter d'une demi-seconde de plus pour décocher son tir.

Cette tâche reviendra maintenant à Devante Smith-Pelly, à qui on donnera la première chance de combler le vide laissé par Gallagher au sein du premier trio.

« Il suffit d'aller dans l'enclave, j'imagine, et de sourire à chaque fois qu'on me donne une claque sur la tête », a lancé Smith-Pelly à la blague quand on lui a demandé comment il arriverait à accomplir les mêmes tâches que Gallagher. « Ce sera évidemment difficile de combler le vide, alors j'imagine que nous devrons le faire collectivement. »

Responsabilité

Therrien aurait pu choisir d'insérer Alexander Semin au sein du premier trio à la place de Gallagher, mais il a préféré y aller avec Smith-Pelly, un joueur qui a surtout évolué au sein d'un troisième ou quatrième trio au fil de sa carrière, mis à part une poignée de rencontres disputées aux côtés de Ryan Getzlaf et Corey Perry quand il s'alignait avec les Ducks d'Anaheim.

Si Therrien est réticent à utiliser Semin dans ce contexte, c'est parce que pour jouer au sein d'un premier trio, il ne suffit pas d'avoir des habiletés à l'attaque; il faut aussi être capable de freiner les joueurs que l'unité affronte. Et ça, Gallagher le fait très bien, alors qu'il applique une pression sans relâche sur le porteur de la rondelle quand son équipe n'est pas en possession du disque – ce qui arrive rarement quand il est sur la glace.

« La plupart du temps, quand tu joues avec Pacioretty et Plekanec, tu vas affronter leurs meilleurs joueurs, leurs meilleurs défenseurs, a noté Therrien. Il faut s'assurer de jouer du hockey responsable, et c'est là quelque chose qu'un joueur comme Smith-Pellly est capable de faire; il joue de façon très responsable avec et sans la rondelle. Il joue les pourcentages, il peut foncer au filet et afficher de la robustesse. Quand il joue avec rythme, comme on l'a vu faire cette saison, c'est un joueur difficile à affronter. »

Imputabilité

Le niveau d'intensité auquel Eller faisait allusion peut inspirer ses coéquipiers à faire de même, et la séquence de jeu qui a mené à sa blessure en est le parfait exemple.

Le défenseur des Islanders de New York Johnny Boychuk a un des tirs les plus puissants dans la LNH, mais Gallagher ne s'est pas défilé. Il s'est placé devant lui et il a en a subi les conséquences, comme en font foi ses deux doigts fracturés.

Étant donné la façon dont il joue au hockey, il est surprenant que Gallagher en soit seulement à sa première blessure importante en carrière. Mais maintenant, les Canadiens devront puiser leur inspiration ailleurs.

« Si Gallagher est capable de bloquer un tir avec sa main, il va le faire pour ses coéquipiers, a souligné Therrien. C'est un guerrier, et c'est là une des raisons qui explique pourquoi un gars comme lui est dans la Ligue nationale de hockey. Et non seulement est-il dans la LNH, il a du succès dans la LNH. C'est parce qu'il a du courage et qu'il a le coeur gros comme le Centre Bell. »

Voilà le genre de joueur qu'il est difficile de remplacer. Les Canadiens verront jusqu'à quel point c'est le cas au cours des six prochaines semaines.