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Analyse : les décisions des Canadiens indiquent leur intention de se joindre à l’élite

vendredi 2015-09-11 / 15:30 / LNH.com - Nouvelles

Par Arpon Basu - Directeur de la rédaction LNH.com

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Analyse : les décisions des Canadiens indiquent leur intention de se joindre à l’élite
Le gardien des Canadiens de Montréal Carey Price affirme qu’il se déconnecte du monde du hockey pendant l’été, et il s’agit d’une excellente décision dans son cas.

Le gardien des Canadiens de Montréal Carey Price affirme qu’il se déconnecte du monde du hockey pendant l’été, et il s’agit d’une excellente décision dans son cas.

Tout au long de la saison morte, la principale question concernant Price était de savoir s’il allait être en mesure de répéter la saison historique qu’il vient de connaître, menant la LNH au chapitre des victoires (44), de la moyenne de buts alloués (1,96) et du pourcentage d’arrêts (,933).

S’attendre à ce qu’il le fasse serait déraisonnable, selon l’opinion générale.

Price est respectueusement en désaccord, et il l’a fait savoir avec un seul mot lorsqu’il lui a été demandé jeudi s’il allait pouvoir faire mieux que la saison dernière.

« Oui », a répondu Price au tournoi de golf caritatif annuel des Canadiens.

Et voilà!

Les Canadiens, évidemment, seraient plus qu’heureux que Price ait raison, mais ils préfèrent probablement ne pas faire reposer toutes leurs chances en 2015-16 sur cette présomption.

Deux annonces ont été faites jeudi qui montrent que les Canadiens se préparent à passer à la prochaine étape de leur progression, soit de passer d’une bonne équipe qui se fie à un gardien exceptionnel à une excellente équipe qui peut aussi miser sur un gardien exceptionnel.

La première annonce a été que les Canadiens allaient nommer un capitaine avant la fin du camp d’entraînement.

Price a avancé que ce titre était surtout cérémonial, mais si l’on se fie aux propos maintes fois répétés par le directeur général des Canadiens Marc Bergevin et l’entraîneur Michel Therrien tout au long de la dernière saison, cette annonce est en fait très importante.

Ces deux hommes ont répété encore et encore que les Canadiens formaient une équipe en transition. Maintenant qu’ils sont prêts à nommer un capitaine, cela ne semble plus vouloir être le cas.

« Je voulais vraiment qu’il s’agisse d’une année de transition, ce n’était pas des paroles en l’air, a mentionné Bergevin. Il s’agissait réellement d’une année de transition afin de laisser les choses se placer et pour voir comment le groupe allait réagir. Nous n’avons pas encore atteint notre objectif ultime, ne vous y méprenez pas, il s’agit encore de remporter la Coupe Stanley, mais si vous regarder la vue d’ensemble, nous avons connu une très bonne campagne. »

L’entraîneur de Bergevin a expliqué la décision de nommer un capitaine cette saison en termes beaucoup plus simples.

« Je crois que nous en sommes là, a lancé Therrien, c’est pourquoi nous le faisons. »

On pourrait avancer que Price a vu juste; que le titre de capitaine est davantage symbolique qu’autre chose. Cependant, lorsque la direction des Canadiens considère que ce titre représente bien la progression de l’équipe, il prend un peu plus d’importance.

Bergevin et Therrien ont toujours insisté sur le fait que le premier objectif des Canadiens est de participer aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley, et qu’ils préfèrent se concentrer sur la première étape nécessaire plutôt que sur le but ultime. Cependant, l’un des candidats potentiels pour devenir le 29e capitaine de l’histoire de l’équipe a des objectifs plus ambitieux en tête.

« L’excuse que nous sommes jeunes, ça ne fonctionne plus après un certain temps, a souligné le défenseur P.K. Subban. Nous avons montré que nous pouvons faire partie de l’élite de la ligue et nous devons maintenant aller vers l’avant et franchir la prochaine étape de notre progression. Je pense que nous devrons aussi travailler de manière à faire en sorte que la direction doive prendre des décisions dans la dernière ligne droite à propos d’ajouter un joueur ou deux afin de nous aider à gagner.

« Je sais que de mon côté, je deviens anxieux. Je ne veux pas attendre encore deux ou trois ans avant que les gens disent que nous pouvons aspirer à la Coupe Stanley. Je veux la gagner dès maintenant. »

Ce n’était pas la première fois jeudi que Subban mentionnait qu’il voulait forcer Bergevin à bouger à la date limite des transactions de la LNH afin d’améliorer l’équipe pour y aller d’un long parcours en séries. Contrairement à Bergevin et Therrien, peut-être que Subban vise un peu plus loin que la qualification aux séries éliminatoires, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose.

Comme Therrien l’a dit, peut-être que les Canadiens en sont là.

La deuxième annonce majeure faite jeudi est qu’Alex Galchenyuk allait jouer au centre cette saison après avoir passé la grande majorité de ses trois premières campagnes dans la LNH à l’aile gauche.

Il s’agit d’une décision qui était à la fois évidente et nécessaire, et elle a été annoncée à Galchenyuk vers la fin du mois de juin, mais cachée au public jusqu’à maintenant.

La réalité est que si les Canadiens veulent vraiment être considérés comme une équipe appartenant à l’élite, ils auront besoin d’un centre de premier trio dominant. Un coup d’œil du côté des équipes qui ont remporté la Coupe Stanley depuis que le jeu s’est ouvert après le lock-out de 2004-05 le prouve.

La chaîne des centres dominants n’a pas été brisée depuis : Eric Staal des Hurricanes de la Caroline (champions de 2006) Ryan Getzlaf des Ducks d’Anaheim (2007) Pavel Datsyuk et Henrik Zetterberg des Red Wings de Detroit (2008) Sidney Crosby et Evgeni Malkin des Penguins de Pittsburgh (2009) Jonathan Toews des Blackhawks de Chicago (2010, 2013, 2015), Patrice Bergeron et David Krejci des Bruins de Boston (2011) et Anze Kopitar des Kings de Los Angeles (2012, 2014).

Rien ne garantit que Galchenyuk deviendra un jour ce genre de centre pour les Canadiens, mais ils doivent savoir une fois pour toutes s’il pourra le devenir ou non.

« Il est temps, pour nous comme pour lui, de savoir s’il peut vraiment remplir ce rôle », a noté Bergevin.

Galchenyuk entreprendra sa quatrième saison dans la LNH, mais il n’a toujours que 21 ans, alors il ne devrait pas y avoir d’urgence de le voir atteindre les rangs de l’élite dès maintenant. L’urgence plutôt réside avec les Canadiens et dans la hiérarchie de l’organisation à cette position, car si Galchenyuk ne devient pas ce joueur de centre dominant, ils devront peut-être en trouver un ailleurs.

Les quatre autres centres de Montréal sont Tomas Plekanec, David Desharnais, Lars Eller et Torrey Mitchell. Eller, à 26 ans, est le plus jeune de ce groupe, et bien qu’il soit un joueur largement sous-estimé, il est possible d’affirmer qu’il ne deviendra jamais un centre de premier plan.

Les Canadiens ne possèdent pas dans leurs filiales un espoir qui pourrait devenir ce genre de joueurs, à un tel point que Charles Hudon, un ailier gauche naturel, a été muté au centre à sa saison recrue dans la Ligue américaine de hockey la saison dernière. À l’exception de Galchenyuk, les Canadiens ont sélectionné une seule fois un centre naturel en première ronde du repêchage de la LNH depuis 2005 (Louis Leblanc en 2009), et le résultat est que la banque d’espoirs à cette position est plutôt mince.

Certains s’inquiètent que les Canadiens manquent de patience avec Galchenyuk au centre et qu’ils ne veuillent pas composer avec les hauts et les bas inévitables à ce changement de position. En réalité, les Canadiens n’ont pas vraiment le choix d’être patients, car leur alternative n’est pas réjouissante.

Avec Price sous contrat pour encore trois autres saisons à 6,5 millions $ par années et Pacioretty sous contrat jusqu’en 2018-19 à 4,5 millions $ par saison, les Canadiens possèdent une fenêtre ouverte dès maintenant pendant que deux de leurs meilleurs joueurs écoulent des contrats très raisonnables. C’est également le temps dont Galchenyuk pourrait avoir besoin pour émerger à titre de centre de premier plan légitime.

Les Canadiens ont choisi d’être discrets à propos du changement de position de Galchenyuk, car ils ne souhaitaient pas qu’il ressente encore plus la pression de réussir. Cependant, leur progression d’une équipe en transition à une équipe qui aspire aux grands honneurs repose en fait peut-être sur le succès de ce changement de position.