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Bouchard: Une transition délicate pour Blashill

mercredi 2015-09-09 / 10:19 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard: Une transition délicate pour Blashill
Bouchard: Une transition délicate pour Blashill

Jeff Blashill prendra cet automne les rênes des Red Wings de Detroit après avoir passé trois saisons à diriger le club-école de l’équipe dans la Ligue américaine de hockey, les Griffins de Grand Rapids. Le capitaine des Red Wings, Henrik Zetterberg, lui a d’ailleurs réservé un bel accueil la semaine dernière, décrivant une équipe ayant besoin d’un peu d’air frais, d’une nouvelle voix derrière le banc. Blashill n’a pas que de gros souliers à chausser, il a aussi du pain sur la planche. En défensive et dans les buts, le portrait est clair, les vétérans sous contrat sont la norme. À l’attaque, c’est une autre paire de manches.

On ne perdra pas de temps à expliquer l’évidence : Zetterberg, Pavel Datsyuk, Tomas Tatar et Gustav Nyquist forment le noyau à l’attaque. Ensuite, c’est un assemblage hétéroclite de joueurs qu’on va devoir assigner à des rôles productifs sans pour autant les surexposer, un défi d’autant plus grand que, blessé à la cheville, Datsyuk ne commencera pas la saison avec les autres.

Le cas de Johan Franzen est probablement le plus embêtant. Vétéran respecté, on l’a toujours beaucoup utilisé à forces égales et en avantage numérique. Mais après n’avoir joué que 33 matchs en 2014-2015, on ne semble pas encore certain de pouvoir compter sur lui en entrée de jeu. À 35 ans passés et au crépuscule d’une carrière menée dans les tranchées, il est bien possible que Franzen ne soit tout simplement plus capable de jouer souvent et, pire encore, qu’il ne soit plus capable de livrer la marchandise lorsqu’il est sur la glace. Quand bien même « The Mule » revient au jeu, il n’est pas dit que l’entraîneur recrue des Red Wings n’aura pas à écarter un vétéran en santé. Beau casse-tête en perspective.

L’an dernier, c’est surtout Justin Abdelkader qui a profité de l’absence de Franzen pour s’imposer. N’ayant jamais joué plus d’une heure en avantage numérique depuis ses débuts dans le grand club, Abdelkader a obtenu près de 200 minutes de temps de jeu en avantage l’an dernier, en plus de voir son rôle changer substantiellement. Selon War-on-ice, on le voit en effet obtenir un taux de mises en zone offensives de 10 pour cent supérieurs au reste de l’équipe, alors qu’on lui demandait plutôt, au cours des saisons précédentes, de prendre moins de ces mises en zone ennemie. Ses statistiques ont suivi, Abdelkader récoltant, en plus de ses habituels 25 points à 5 contre 5, 14 points en avantage numérique et quelques points lorsque les gardiens adverses étaient remplacés par un autre attaquant. Une bonne saison, mais qui ne reviendra pas.

On risque de demander à Zetterberg de prendre la place de Datsyuk au centre de la première ligne en début de saison et Riley Sheahan semble bien installé comme troisième centre. Mais l’arrivée de Brad Richards laisse entendre qu’on n’a pas l’intention de laisser Abdelkader traîner dans le top-6 outre mesure. Richards n’est plus ce qu’il était et on risque de chercher à le cantonner à un rôle de spécialiste de l’offensive.

Nyquist et, surtout, Tatar ont démontré ces dernières saisons savoir comment se débrouiller non seulement à l’attaque, mais aussi en défensive. On va donc probablement demander à Richards de servir de sherpa pour deux jeunes talents offensifs qui doivent bientôt éclore, soit Teemu Pulkkinen et Tomas Jurco.

Jurco est le plus connu et on le laisse progresser tranquillement depuis deux ans. On ne cherche pas encore à lui attribuer des tâches particulièrement difficiles (calculé selon le temps de glace des adversaires), il reste un joueur peu exposé aux meilleurs éléments adverses. Mais on l’a graduellement soustrait aux mises en zone offensive, ce qui ne l’a pas empêché de continuer à obtenir un point et demi par heure jouée à forces égales. Si on lui donne plus de temps de glace en compagnie de Richards en début de saison, il pourrait rapidement noircir la feuille de pointage.

Teemu Pulkkinen est encore plus intrigant. Plus vieux (23 ans) que Jurco, il n’a joué que deux saisons en Amérique du Nord. Après avoir obtenu un respectable total de 59 points en 71 matchs en 2013-2014, Pulkkinen a tout simplement explosé en 2014-2015, collant pas moins de 34 buts en 46 matchs. Et ça n’est pas sur un coup de dés aux pourcentages. Avec 2,8 tirs par matchs en 13-14, Pulkkinen avait démontré de belles choses, les meilleurs joueurs du circuit obtenant un peu plus de 3 tirs par match. L’an dernier, il a obtenu plus de 4 tirs par matchs, 189 en 46 joutes. S’il n’a pas noirci la feuille de pointage dans la grande ligue, on comprendra quels bénéfices mutuels peuvent ressortir de la possible association de ce marqueur pur avec un vétéran fabricant de jeu comme Richards.

Blashill a quelques situations délicates à gérer en entrée de jeu. Un entraîneur recrue doit se soucier du bonheur de ses vétérans, mais il doit aussi éviter de donner trop de minutes à des joueurs moins talentueux alors qu’il a entre les mains deux jeunes qui ne demandent qu’à contribuer. Parce qu’il était aux premières loges lors des plus récents passages de Pulkkinen et Jurco dans la Ligue américaine, il risque fort de donner leur chance à ces deux jeunes plus tôt que tard.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez consulter ses chroniques sur sa page Facebook et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.