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    Bouchard: Les trois clés du succès du Lightning

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard: Les trois clés du succès du Lightning
    Bouchard: Les trois clés du succès du Lightning

    L’élimination hâtive du Lightning de Tampa Bay l’an dernier avait fait écran. Steven Stamkos n’était pas pleinement rétabli de sa terrible fracture de la jambe et, sans Ben Bishop, la défensive chambranlante de l’équipe était tout simplement trop exposée. Si beaucoup d’encre et de pixels ont été consacrés depuis à l’émergence du formidable trio des jeunes, d’autres ajouts et ajustements ont contribué aux succès retentissants de l’équipe cette saison.

    Un premier trio exemplaire

    En 2013-2014, Nikita Kucherov joue principalement avec J.T. Brown et Nate Thompson, alors que Tyler Johnson et Ondrej Palat, déjà réunis, jouent d’abord avec Martin St. Louis et, à la suite de la transaction de ce dernier, Richard Panik.

    Il faut le souligner, Kucherov est alors sur un trio à vocation défensive, alors que Palat et Johnson ont déjà un rôle offensif.

    On n’a plus à écrire l’histoire de la réunion de Palat, Kucherov et Johnson. Mais il est intéressant de voir que, derrière eux, on a beaucoup cherché à faire rouler l’attaque grâce à la combinaison de Steven Stamkos et Ryan Callahan. Le gros ajustement apporté par Jon Cooper pendant les séries aura été de mettre fin à cette association, qui ne portait tout simplement plus ses fruits, pour plutôt pousser Stamkos à l’aile droite de Valtteri Filppula et Alex Killorn.

    Enfin un partenaire pour Victor Hedman

    Bon an mal an, Hedman donne au Lightning des saisons dignes d’un défenseur numéro 1. Mais on a longtemps cherché un joueur qui pourrait l’épauler. Steve Yzerman a certainement fait un coup de maître en s’arrogeant les services d’Anton Stralman. Droitier, le défenseur suédois est un partenaire idéal pour Hedman, mais il peut aussi se débrouiller seul. L’outil développé par Conor Tompkins dont on a parlé la semaine dernière nous permet de constater que Stralman est, depuis ses tout débuts à Toronto, un défenseur qui a su performer au-delà de ce qu’on est en droit d’attendre d’un joueur mis dans sa position.

    Fait encore plus remarquable, si les attentes et les responsabilités ont augmenté lors de son passage à Tampa Bay, sa capacité à dépasser les attentes ne s’est pas démentie. Un des gros vols de l’été 2014, assurément.

    Jon Cooper s’en est bien rendu compte et il est fascinant de voir comment il a adapté le déploiement de ses deux défenseurs étoiles au fil des séries. Contre les Red Wings de Detroit et les Rangers, il les sépare souvent et s’assure ainsi d’avoir au moins un de ses généraux sur la glace la moitié du temps. Contre les Canadiens de Montréal, il les a plutôt tenus réunis, cherchant d’abord et avant tout à les utiliser pour neutraliser Max Pacioretty.

    Une défensive qui protège son gardien

    C’est la troisième clé des succès du Lightning lors de ces séries éliminatoires de la Coupe Stanley 2015. On a réussi à protéger Ben Bishop, non pas de tout ce qui peut exister, mais bien de ce qui est le plus menaçant pour lui. Gardien au physique imposant, Bishop est à son mieux lorsqu’on le laisse se télescoper vers les tireurs sans qu’il ait à craindre des mouvements latéraux exagérés. À l’œil nu, la chose se constate par une insistance impressionnante du Lightning à encombrer le milieu du territoire défensif, quitte à laisser à l’adversaire le choix de promener la rondelle dans le haut du territoire. Ce n’est que lorsqu’on s’aventure le long des bandes, en bas des cercles des mises en jeu, bref lorsque les angles de tir deviennent impossibles, que la défensive du Lightning s’engage dans des batailles pour la rondelle. Autrement, on cherche à contrer les passes transversales et à bloquer les tirs.

    La chose est particulièrement évidente lorsqu’on regarde les données graphiques de la série opposant le Lightning aux Rangers de New York. Tampa Bay a bloqué une quantité massive de tirs dans l’enclave et les Rangers n’ont, du moins à forces égales, réussi à traverser Bishop qu’en travaillant directement dans son aire de jeu. Au-delà du bas de l’enclave, les graphiques de war-on-ice montrent une nuée de « B » de couleur verte, signe de tirs bloqués par la défensive de Tampa Bay.

    Inversement, lorsqu’on observe le même graphique, mais cette fois-ci du côté du Lightning, on voit à quel point les hommes de Jon Cooper ont réussi à faire travailler Henrik Lundqvist de partout dans l’enclave.

    Les ajustements faits, non seulement d’une saison à l’autre, mais aussi au cours des séries, ont donc été nombreux. Après 20 matchs disputés en trois rondes éliminatoires, Tampa Bay arrive en finale plus fatigué que ses adversaires, mais la formule est à point. Reste à voir si tout ça peut tenir encore quelques matchs.

    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

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