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Bouchard : La contribution de Devan Dubnyk à la relance du Wild est impossible à ignorer

mercredi 2015-03-25 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : La contribution de Devan Dubnyk à la relance du Wild est impossible à ignorer
Bouchard : La contribution de Devan Dubnyk à la relance du Wild est impossible à ignorer

On parle de plus en plus, ces jours-ci, de la possibilité de voir Carey Price remporter non seulement le trophée Vézina, remis au meilleur gardien de la LNH, mais aussi le trophée Hart, désignant le joueur le plus utile à son équipe. L’exploit ne serait pas mince, comme l’explique le journaliste de TSN Travis Yost. Mais si on décide de regarder cette année du côté des gardiens de but pour le Hart, on ne peut alors ignorer la contribution de Devan Dubnyk à la relance de la saison du Wild du Minnesota.

Échangé au Wild le 14 janvier, Dubnyk a depuis obtenu tous les départs de son équipe, n’étant chassé d’un match qu’une seule fois, le 20 janvier contre Detroit (il a accordé quatre buts sur 10 tirs). Auteur depuis lors d’une fiche de 23 victoires en 31 matchs, avec un taux d’arrêts de ,937, Dubnyk connaît une séquence absolument formidable. Est-il en position de chauffer Price?

Dubnyk a connu un début de carrière éprouvant, arrivant avec les Oilers d’Edmonton en 2009-10. Cette équipe était alors en train de s’enfoncer définitivement dans un marais dont elle ne s’est toujours pas extirpée et Dubnyk, dans les circonstances, a simplement réussi à garder le profil d’un cerbère correct. Le site Web war-on-ice.com, avec ses tableaux « hextally », nous permet de constater qu’entre 2009 et 2013, Dubnyk a arrêté un nombre moyen de tirs, peu importe la provenance du lancer.

On ne s’en servira pas tout de suite, mais dans la portion de droite du graphique suivant, notez la concentration verte en forme de flèche : il s’agit de ce que les créateurs du site appellent la « zone dangereuse ». On y reviendra.

La couleur verte, dans le diagramme de droite, signifie que Dubnyk est pile sur la moyenne au cours de ces saisons. Mais en 2013-14, Dubnyk s’est effondré, purement et simplement. Son taux d’efficacité global a chuté sous les ,900 et de ce que war-on-ice.com nous indique, sa chute brutale est essentiellement due à une incapacité soudaine à stopper les tirs les moins dangereux. Notez comment, dans le graphique suivant, la zone de l’enclave demeure verte alors que la périphérie rougit.

Cette soudaine perte d’efficacité a de quoi surprendre. Les lancers dangereux sont, après tout, les plus susceptibles de révéler les insuffisances d’un gardien. Un billet publié cette semaine par le blogueur Matt Cane nous offre une piste de réponse plus éclairante. Souhaitant étudier les pourcentages d’arrêts affichés par les gardiens de la LNH en fonction du type de tir, Cane récupère les informations relatives aux graphiques ci-dessus et observe les variations d’une saison à l’autre en fonction de la provenance des lancers. Ses démonstrations révèlent (je résume grossièrement) que le taux d’arrêts des tirs provenant de la zone dangereuse identifiée par war-on-ice.com (la flèche du premier graphique) est plus révélateur des performances futures d’un gardien que le taux d’arrêts général.

Selon Cane, donc, les taux affichés sur les lancers éloignés de la zone dangereuse sont beaucoup plus aléatoires. Les insuccès de Dubnyk en 2013-14 concorderaient donc avec ces constats. Effectivement, il a rebondi cette saison, ses taux d’efficacité par zone revenant à des ratios plus similaires à ses performances en carrière.

Dubnyk, en fait, affiche des résultats légèrement supérieurs à la moyenne sur les lancers de l’enclave. Amélioration réelle? Simple variation annuelle? On attendra encore un peu avant de se prononcer. Son excellente saison va certainement lui mériter un poste de partant l’an prochain, ce qui va nous donner une meilleure idée de sa progression. À savoir si ses performances ont été similaires à celles de Price, le graphique suivant, représentant les performances de Price au cours de la présente saison, nous montre qu’on n’en est pas là. Carey Price est tout simplement sensationnel.

Reste que Dubnyk a directement contribué aux succès du Wild. Désormais confortablement installés comme équipe de quatrième as dans l’Ouest, les hommes de Mike Yeo ont 89 points au compteur, contre 84 pour les Kings de Los Angeles (ceux-ci sont surtout à la poursuite des Flames de Calgary). Lors de l’acquisition de Dubnyk, le Wild avait amassé 41 points en 42 matchs, pas moins de sept points derrière la dernière équipe qualifiée d’alors.

La contribution de Dubnyk est double. Tout d’abord, il stabilise les choses à forces égales et, bénéficiant d’un regain d’efficacité des buteurs du Wild à partir du mois de février, permet à l’équipe de récolter dans cette situation plus de 60 pour cent des buts même si elle ne récolte que 50 pour cent des tirs.



Mais c’est sur le désavantage numérique que la contribution de Dubnyk est la plus folle. En février, il a affiché un taux d’arrêts de ,981, un score ridicule à forces égales et tout simplement improbable à court d’un ou deux joueurs (la moyenne de la ligue se situant autour de ,880). S’il a régressé au mois de mars, Dubnyk est toujours en haute altitude, à ,922.

Un gardien dominant peut faire des miracles pour un club qui, autrement, sait se tenir dans la moyenne. Le Wild n’est pas une puissance de la LNH, mais en se portant acquéreur d’un gardien dans la bonne moyenne à faible prix, l’équipe a pu reprendre le contrôle de son destin. Si on cherche à savoir ce que l’avenir réserve à Dubnyk, on doit garder à l’esprit deux choses en regardant ses résultats de la présente saison. D’une part, sa venue a coïncidé avec un réveil de l’attaque du Wild sous la forme d’un opportunisme marqué des tireurs du club. D’autre part, les résultats de Dubnyk sont dopés par une séquence tout simplement incroyable en désavantage numérique. Mais, entre ces pourcentages ultra-favorables, le grand gardien a réussi à refaire la démonstration de sa capacité à offrir à un club qui lui donne sa chance des performances dignes de la moyenne des gardiens de la LNH.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.