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Bouchard : L’émergence d’Alex Galchenyuk comme attaquant de premier plan

dimanche 2014-12-07 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : L’émergence d’Alex Galchenyuk comme attaquant de premier plan
Bouchard : L’émergence d’Alex Galchenyuk comme attaquant de premier plan

Alex Galchenyuk joue présentement sa troisième saison avec les Canadiens de Montréal. Après un début de saison prometteur, le jeune numéro 27 produit au rythme d’un marqueur de 20 buts et 50 points. Est-il raisonnable d’attendre de lui qu’il garde le même rythme? À l’image de tous les jeunes joueurs, le rôle de Galchenyuk évolue et on doit par conséquent ajuster les attentes en fonction de cette évolution.

Un ailier à qui on en demande de plus en plus

Si Galchenyuk ne joue pas (pas encore!) en désavantage numérique, le personnel d’entraîneurs a considérablement augmenté ses responsabilités à forces égales. Après l’avoir considérablement protégé au cours de sa première campagne, on a dès la saison dernière cessé de chercher à l’isoler des confrontations avec les meilleurs éléments adverses, en plus de le laisser disputer un nombre beaucoup plus important de mises en jeu en zone défensive.



Ces éléments de contexte nous donnent la perspective nécessaire pour juger de l’amélioration du jeu de Galchenyuk à forces égales. Après une saison d’adaptation l’an dernier, il a réellement pris son envol et représente aujourd’hui une menace constante en zone offensive. Cela se traduit par une augmentation réelle de ses performances, au-delà même de ce qu’il avait réussi à accomplir lors de sa saison recrue.



La saison 2013-14 en était donc vraiment une d’adaptation pour Galchenyuk et cette transition est désormais complétée. En compagnie de Tomas Plekanec et Brendan Gallagher, il donne aux Canadiens un deuxième trio de premier plan et occupe sur celui-ci le rôle que Max Pacioretty occupe aux côtés de David Desharnais. Il obtient en effet presque le même nombre de chances de marquer par heures jouées que le meilleur franc-tireur des Canadiens.

Il faut le dire, avec seulement quatre buts sur 49 chances de marquer, Galchenyuk « est dû ». Il possède le tir (et la capacité de le décocher souvent) pour connaître un taux de succès beaucoup plus important. Les chances de marquer tel qu’on les compile ici sont converties en buts en moyenne 15 pour cent du temps. Galchenyuk a, au cours de ses deux premières saisons, marqué 17 buts à 5 contre 5 sur 104 chances, soit un taux de conversion d’un peu plus de 16 pour cent. Il n’est donc pas déraisonnable de croire qu’il pourrait rapidement s’approcher de Pacioretty en matière de buts marqués à forces égales.

Ça n’est pas peu dire et il y a fort à parier que cette émergence de Galchenyuk consolide son statut d’ailier pour la présente saison. On l’a bien vu travailler au centre au cours du camp d’entraînement, ainsi qu’en troisième période samedi soir contre les Stars de Dallas, et on entend bien des amateurs et analystes appeler à grand prix son passage à cette position qu’on sait être la sienne, le fait est que la contribution de Galchenyuk à l’aile est en voie de devenir difficilement remplaçable.

L’émergence de Galchenyuk pourrait graduellement contribuer à forcer les entraîneurs adverses à « étirer » leur défensive et ne plus se concentrer uniquement sur le trio du #67, ce qui pourrait bénéficier largement à ce dernier. Il est trop tôt en saison pour bien distinguer s’il s’agit d’une tendance lourde, mais le fait est que vendredi dernier contre les Blackhawks de Chicago, c’est, avec l’avantage du dernier changement, à Plekanec, Galchenyuk et Gallagher que Joel Quenneville a choisi d’opposer le tandem de Johnny Oduya et Niklas Hjalmarsson. Ce duo défensif étant habituellement réservé aux travaux de couverture des meilleurs attaquants adverses, le choix de l’entraîneur des Blackhawks avait quelque chose de révélateur. Et en tout respect pour les aptitudes de Plekanec et Gallagher, le travail combiné de ces deux attaquants ne suffit pas à expliquer qu’on ait ainsi tenu ces deux défenseurs éloignés de Pacioretty.

Autre élément important, on a vu que Galchenyuk et ses compagnons de ligne ne sont pas traités comme un trio offensif à proprement parler, entendre par là qu’on ne leur donne pas de poussée offensive du type de celle qu’on donne au trio de Desharnais et Pacioretty (qui reçoivent près de 60 pour cent de leurs mises en zone offensive, contre un peu plus de 50 pour cent pour Gallagher et Galchenyuk). Associé au fait que Michel Therrien ne cherche que rarement à favoriser certaines confrontations entre trios, on est donc en présence d’une unité dont la versatilité sert l’entraîneur par le peu de souci qu’il a à se faire à leur sujet. Peu importe l’adversaire, les chances vont finir par arriver.

Il y a lieu de se demander si on n’est pas en train d’assister à une métamorphose des rôles des différents trios autour de celui de Galchenyuk. Ainsi on peut choisir de voir la venue de Dale Weise à la droite de Desharnais et Pacioretty comme un moyen de relancer ce trio, mais le fait est qu’avec Pierre-Alexandre Parenteau, le premier trio des Canadiens produisait quand même correctement à forces égales; Pacioretty est encore parmi les meilleurs buteurs de la ligue dans cette situation, après tout.

En fait, la montée en grade de Weise permet à Therrien de donner au trio de Lars Eller un rôle résolument offensif, à des lieues de ce qu’on a vu lorsqu’il agissait comme pivot entre Weise et Rene Bourque, par exemple. Parenteau, à 31 ans, n’est plus tout à fait ce joueur qui avait obtenu 50, puis près de 70 points aux côtés de John Tavares, mais il est encore un contributeur utile, surtout s’il n’a pas à travailler soir après soir contre les meilleurs défenseurs adverses. En compagnie d’Eller et de Jiri Sekac (lui aussi transforme, par son émergence, l’attaque des Canadiens), il aide à accentuer l’aspect offensif de la troisième unité.

L’émergence de Galchenyuk comme attaquant de premier plan est donc un événement d’une importance considérable pour l’attaque des Canadiens et si, d’aventure, on cherchait à le muter au centre dès maintenant, ce serait probablement au détriment de l’équilibre actuel des trios. Cette transition n’est donc probablement pas pour demain.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

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