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Touchette: Saku Koivu, un capitaine sans peur

mercredi 2014-09-10 / 18:16 / LNH.com - Nouvelles

Par Serge Touchette - Chroniqueur LNH.com

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Touchette: Saku Koivu, un capitaine sans peur
Capitaine sans peur

Sans grande surprise, Saku Koivu a annoncé sa retraite, mercredi.

La nouvelle s'est d'abord répandue sur les réseaux finlandais avant d'être confirmée par l'Association des joueurs de la LNH.

À 39 ans et après une carrière de 18 saisons avec les Canadiens de Montréal et les Ducks d'Anaheim, le petit Finlandais a donc choisi de mettre un terme à son aventure dans la LNH.

Koivu aura réalisé un parcours pour le moins étonnant. Qui eût cru qu'il aurait joué aussi longtemps compte tenu de sa petite taille et de ce cancer, qui a bien failli foutre sa vie en l'air?

Koivu a été un battant tout au long de sa carrière. Au pays des géants, le petit guerrier n'a jamais reculé. Jamais.

Il fait cinq pieds dix pouces, mais il jouait comme un gars de six pieds deux pouces.

Et je n'exagère même pas.

Je le revois encore en train de se faire écrabouiller dans la bande. Le visage grimaçant, il s'empressait de se relever. Et de s'installer dans le cercle de mise en jeu comme si de rien n'était.

Et il se présentait à tous les matches, sans exception.

Avec les Canadiens ou les Ducks d'Anaheim, vous pouvez compter sur les doigts d'une seule main les fois où Koivu n'a pas donné sa pleine mesure.

Un reproche

Il a été le capitaine du Canadien pendant dix saisons. À cet égard, il a égalé en terme de longévité le règne du plus grand capitaine de l'histoire du Canadien, Jean Béliveau, ce qui représente un bien bel exploit.

Durant son séjour à Montréal, il n'a jamais été en mesure de mener le Canadien à la conquête de la Coupe Stanley. C'est sans doute le plus grand reproche qu'on lui ait adressé.

Mais soyons honnêtes; il a rarement été bien entouré à Montréal. Il n'a surtout pas joué avec de grandes équipes.

À une certaine époque, une rumeur a couru selon laquelle le Canadien tentait d'acquérir son compatriote et bon ami Teemu Selanne. Pareil duo aurait sans doute fait un malheur à Montréal. Mais la rumeur ne s'est jamais concrétisée.

Koivu et Selanne, quelques années plus tard, se sont finalement retrouvés à Anaheim, mais les deux joueurs étaient en fin de carrière. Ils auront connu leurs plus beaux moments sur la scène internationale.

En tête des marqueurs

Je me souviens lorsque le Canadien a fait de Koivu son premier choix au repêchage, le 21e au total, au repêchage de 1993.

Un peu tout le monde le trouvait bien petit! « Un schtroumpf ... » qu'on disait. Mais sa rapidité, sa fougue et son jeu créatif ont rapidement conquis les partisans de l'équipe.

En 1996, il occupait, souvenez-vous, le premier rang des marqueurs de la LNH grâce à une récolte de 38 points en 30 matchs, mais, en décembre, il s'est blessé à un genou lors d'un match contre les Blackhawks de Chicago. Résultat, il a raté deux mois.

Cette blessure a été suivie de plusieurs autres malchances, qui auront ponctué sa carrière.

Somme toute, il a été un bon joueur, mais il n'est jamais devenu le joueur offensif espéré, lui qui a accumulé 832 points, dont 255 buts, en 1124 matchs. Il a connu sa meilleure saison en 2006-2007 lorsqu'il a inscrit 75 points, y compris 22 buts. Au cours de sa carrière, il a totalisé 70 points ou mieux à seulement deux reprises.

Un joueur inspirant

Qu'à cela ne tienne, il a toujours été joueur inspirant.

Qui ne se souvient pas de son retour triomphal au Centre Bell le 9 avril 2002 après sa victoire contre le cancer?

J'ai rarement été témoin d'une ovation pareille. Si je ne m'abuse, elle a duré près de dix minutes. Un moment d'une grande émotion s'il en fut. Juste à y penser, j'en ai la chair de poule.

Non, Koivu n'a jamais mené le Canadien à la conquête de la Coupe Stanley, mais ce soir-là il aura fait vibrer une ville tout entière.