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Bouchard : Ryan Johansen est-il un centre No. 1?

mercredi 2014-09-03 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Ryan Johansen est-il un centre No. 1?
Bouchard : Ryan Johansen est-il un centre No. 1?

Les Blue Jackets de Columbus sont encore, au moment d’écrire ces lignes, à négocier avec le centre Ryan Johansen pour lui faire signer une nouvelle entente. Ayant connu l’an dernier, à l’âge de 21 ans, une véritable explosion offensive avec 63 points, Johansen cherche une entente lucrative. Parce qu’il n’a marqué que 33 points au cours de ses 107 premiers matchs dans la LNH, les Blue Jackets sont peu enclins à lui dresser un pont d’or.

Jusqu’à quel point la saison 2013-14 de Johansen fut-elle un feu de paille? Repêché au quatrième rang en juin 2010, le gros centre est un joueur au talent évident, dont on attendait beaucoup et rapidement en l’amenant dans la LNH dès l’âge de 19 ans. Son adaptation fut difficile, mais les progrès sont évidents.

Grandir dans une formation instable

Les Blue Jackets n’ont pas eu une existence de tout repos au cours des dernières saisons, s’étant entre autres départis de joueurs vedettes tels que Rick Nash, Marian Gaborik et Jeff Carter, qui ont tous trois participé à la dernière finale de la Coupe Stanley. La première saison de Johansen, en 2011-2012, voit son club terminer au 30e et dernier rang de la ligue. Le jeune natif de Vancouver, après une dernière saison dans les rangs juniors, est alors le quatrième centre du club, derrière Derick Brassard, Antoine Vermette et Samuel Pahlsson (Carter est échangé à la mi-février).

Le tableau suivant, qu’on reproduira pour les autres saisons, nous permet de comparer les rôles des principaux centres du club.

L’indice de difficulté représente la part réelle de minutes passées à 5v5 contre les meilleurs éléments adverses (les joueurs les plus utilisés par l’adversaire). Le tableau nous indique qu’au total, 39 pour cent des 3810 minutes jouées par Columbus à 5v5 l’ont été contre quatre ou cinq des meilleurs joueurs adverses. Johansen ne passe, lui, que 31 pour cent de son temps de glace contre un pareil nombre d’adversaires coriaces, soit 79 pour cent de ce qu’il aurait obtenu s’il avait été utilisé comme le reste du club. On comprend alors qu’on l’a, relativement aux autres centres, protégé, mais aussi que les clubs adverses ne cherchaient pas nécessairement à lui opposer leurs meilleurs éléments.

Les pourcentages de tirs et de mises indiquent le nombre de ces événements survenus en faveur des Blue Jackets lorsqu’un joueur est sur la glace. Johansen, on le constate, obtient une part bien plus importante de mises en zone offensives que ses coéquipiers. Notons au passage que cette édition des Blue Jackets a principalement donné les tâches ingrates à trois vétérans centres, Carter, Vermette et Pahlsson, qu’on a échangés au cours du mois de février 2012. Brassard et Johansen, eux, sont encore verts et peinent à aider leur équipe à rester à flots même s’ils sont protégés. Johansen comme Brassard obtiennent du temps de glace en avantage numérique, mais sont tenus loin du désavantage numérique.

La saison écourtée de 2013 marque un point tournant dans la carrière de Johansen, qui accède, à 20 ans, aux minutes plus difficiles. On ne lui donne plus la poussée offensive des premiers temps et son club en souffre sur le plan territorial, n’obtenant que 45 pour cent des tirs. Mais il n’est pas encore centre de premier plan, bien qu’on lui donne désormais beaucoup de temps de glace en avantage numérique. Brassard semble lui avoir pris beaucoup de gallon; on l’utilisera dans un rôle beaucoup plus offensif à New York, qui l’obtient au mois de février 2013.

La dernière saison est bel et bien celle de la grande éclosion. On a vu Johansen prendre plus de responsabilités au fil des ans, mais ce coup-ci, les résultats sont au rendez-vous : s’il obtient une part inférieure de mises en zone offensive que ses collègues centres et qu’il affronte plus que tout autres les meilleurs éléments adverses, le club fait mieux en sa présence que sans lui. Il forme désormais, avec Dubinsky, le fer de lance de l’attaque de Columbus.

Ce qui peut se reproduire et ce qui n’arrive qu’une fois

À l’échelle d’une saison, surtout à l’orée d’une jeune carrière, les statistiques nous ont appris à nos méfier des poussées offensives soudaines. Les résultats des joueurs sont, après tout, souvent influencés par des variations hors de leur contrôle. Dans le cas de Johansen, certains éléments incitent à la prudence. Au premier chef, le bond soudain de sa production de buts.

Sur trois saisons, on voit Johansen obtenir des scores ordinaires sur deux ans avant de convertir 14 pour cent de ses tirs à 5v5 en buts au cours de la dernière saison. Si l’on sait que certains joueurs, comme Sidney Crosby ou Steven Stamkos, sont capables de générer des taux de réussite anormalement élevés de manière récurrente, on peut douter de la capacité à faire de même. Il est plus probable que, comme tireur, il se situe dans la moyenne des attaquants de la ligue, quelque part entre 10 et 12 pour cent. Johansen a donc connu une saison un peu « chanceuse », pas exceptionnelle…

Le tableau ci-dessus est plus révélateur de la capacité de Johansen à conserver son statut de buteur. La plupart des bons marqueurs doivent leur production à un volume important et constant de tirs au but. La progression affichée par Johansen à 5v5 laisse entrevoir un centre capable de compter, sur une bonne saison, plus de 20 buts. Le nombre peut sembler faible, mais c’est environs une trentaine d’attaquants qui, bon an mal an, atteignent ce plateau.

Comme joueur de centre, on attend aussi de Johansen qu’il soit un bon fabricant de jeu. Ici, il semble bien que dame chance lui ait souri en avantage numérique mais l’ait boudé à forces égales.

Crosby, on le soulignait il y a deux semaines, est un des rares joueurs de la LNH qui semble capable de doper le taux de réussite de ses coéquipiers. Pour un centre offensif plus « normal », l’effet est généralement à chercher du côté de la capacité du club à déclasser l’adversaire au temps de possession malgré un indice de concurrence élevé (Johansen, on l’a vu, semble être en train d’atteindre ce plateau). Le tableau ci-dessus nous montre qu’avec un taux de conversion inférieur à 6 pour cent (la moyenne de la LNH se situe autour de 8 pour cent), Johansen aurait été privé de points à forces égales par le manque d’opportunisme de ses coéquipiers, un phénomène similaire à celui vécu par Alex Ovechkin lors de la dernière saison.

Mais Johansen reste impliqué dans le jeu, en fait le nombre particulièrement élevé de buts sur lesquels il a obtenu des points à forces égales nous porte à conclure qu’il n’a probablement pas atteint un plateau déraisonnable de points, ce serait plutôt la manière d’y arriver qui serait, au bout du compte, peu orthodoxe :

Les centres obtenant généralement un point sur 70 pour cent des buts marqués en leur présence sur la glace, on voit donc que si ses coéquipiers ont manqué d’opportunisme, Johansen, lui, n’en a pas manqué, capitalisant sur 85 pour cent des buts marqués en sa présence.

Un feu de paille?

Cette première éclosion offensive de Johansen est, au total, le fruit de deux éléments distincts, soit un temps de glace important en avantage numérique, où l’opportunisme de ses coéquipiers lui a permis de récolter près de la moitié de ses mentions d’aide, et une augmentation notable de son implication dans le jeu offensif de son équipe à forces égales, notamment son volume de tirs au but. Ces éléments, pris ensemble, indiquent que si Johansen est pour augmenter encore plus sa production offensive, ce sera par sa capacité à aider son club à asseoir une plus grande domination territoriale, menant à une part plus grande de tirs dirigés vers le filet. On voit d’ailleurs dans certaines données qu’il semble déjà à même de « pousser » le jeu du bon bord. Mais en même temps, ses débuts timides en désavantage numérique au cours de sa troisième saison laissent deviner qu’il n’est pas encore, aux yeux de son entraîneur Todd Richards, de ces joueurs qu’on utilise à toutes les sauces. Saura-t-il franchir ce pas au cours des prochaines saisons?

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données,notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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