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Bouchard : La curieuse saison d’Alex Ovechkin

mercredi 2014-08-13 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : La curieuse saison d’Alex Ovechkin
Bouchard : La curieuse saison d’Alex Ovechkin

Capitaine et joueur étoile des Capitals de Washington, Alex Ovechkin a en 2013-14 atteint pour la cinquième fois en carrière le plateau des 50 buts. Ils sont quand même nombreux à avoir conclu, au terme de cette campagne, à une mauvaise saison de sa part en se basant sur sa fiche des plus et moins, un exécrable différentiel de moins-35. Parmi les plus anciennes statistiques de la LNH (le Canadien de Montréal se met à l’utiliser au cours des années 40 et la ligue commence à la compiler officiellement au cours des années 50), les plus et moins ont aujourd’hui démontré leurs limites, surtout quand vient le temps d’évaluer les performances d’un joueur sur une saison complète. La dernière saison d’Ovechkin en est un excellent exemple.

Une statistique capricieuse

Les plus et moins sont le fruit d’une compilation bien particulière. Il s’agit d’un différentiel des buts marqués à forces égales, mais associés de deux façons aux unités spéciales. Lorsqu’une équipe marque un but en désavantage numérique, on gratifie les joueurs d’un « plus ». Inversement, si une équipe accorde un but alors qu’elle est en avantage numérique, ses joueurs sont taxés d’un « moins ». Or, Ovechkin joue beaucoup lorsque son club est en avantage numérique.

Présent sur une moyenne de 80 pour cent des avantages numériques de son équipe à chaque saison, on constate qu’à l’échelle de sa carrière, son club n’accorde pas particulièrement plus de buts en sa présence que lorsqu’il n’y est pas, environs 1,1 but par heure jouée. On note quand même qu’au cours de la dernière saison, c’est pas moins de neuf buts qui ont été accordés en sa présence lorsque les Capitals sont en avantage numérique.

Malgré cet élément quelque peu aléatoire désavantageant systématiquement les joueurs à caractère offensif, on utilise habituellement les plus et moins pour identifier les vertus défensives d’un joueur. Sur ce point, l’évolution des plus et moins à 5v5 d’Ovechkin au cours de sa carrière laisse entrevoir une curieuse trajectoire.

Ovechkin est, sur cette seule statistique, un joueur souvent dominant jusqu’en 2011-12 et s’effondre complètement l’an dernier. Lorsqu’on regarde un différentiel plus parlant, soit celui des tirs vers le filet et qu’on l’accompagne de la part de mises en jeu en zone offensive, on constate qu’il n’est pas le seul à couler brusquement.

Tous les joueurs vieillissent et, comme on le soulignait la semaine dernière en analysant les contrats de Jonathan Toews et P.K. Subban, il semble désormais entendu que les joueurs déclinent fortement lorsqu’ils atteignent le cap de la trentaine. Plus encore, pour les buteurs, le « pic » de performances se situerait autour de la mi-vingtaine. Le départ de l’entraîneur Bruce Boudreau en 2011-12 semble avoir fait plutôt mal à Ovechkin, qui approche désormais le cap de la trentaine. S’il est encore un marqueur extrêmement dangereux en avantage numérique (encore l’an dernier, il fut le meilleur buteur de la LNH dans cette situation), on voit bien que lui et son sbire attitré des sept dernières saisons, Nicklas Backstrom, ont désormais besoin d’une lourde concentration des mises en jeu en zone offensive du club pour, au bout du compte, faire simplement jeu égal avec l’adversaire.

Question de malchance

C’est un argument toujours embêtant à défendre, lorsqu’on explique les contre-performances d’un joueur, que de souligner qu’il a été malchanceux. Or, si tant est qu’Ovechkin semble avoir amorcé un lent déclin à forces égales, il faut savoir accepter aussi le fait qu’il n’a tout simplement pas été gâté par dame chance au cours de la dernière campagne.

Les performances de Backstrom, justement, laissent entrevoir la chose :

Depuis six ans, Backstrom converti en but enviera 11 pour cent des tirs qu’il colle aux gardiens adverses. Ce pourcentage a chuté à 7 pour cent lorsqu’il est en compagnie d’Ovechkin au cours de la dernière campagne. À l’échelle de l’équipe, la chute est encore plus nette. Le tableau suivant montre les taux de conversion des coéquipiers d’Ovechkin, selon qu’ils sont en sa compagnie ou non à 5v5.

La chute de pourcentages est ici encore plus nette. Historiquement, les Capitals convertissent mieux avec leur capitaine que sans lui, à l’exception de la dernière saison, alors qu’ils ont converti un maigre 5 pour cent de leurs tirs au but. Ce que la colonne de droite nous montre, en fait, c’est qu’il y a pour Ovechkin environs 14 buts qui ont été laissés « sur la table » par manque d’opportunisme, c’est-à-dire en convertissant un nombre anormalement bas de tirs en buts.

Le seul indicateur dont on dispose pour évaluer la qualité de ces tirs, bien incomplet parce qu’il n’est pas calculé de manière précise à travers la LNH, est alors la distance moyenne des tirs pris lorsque ce sont les coéquipiers d’Ovechkin qui prennent le tir.

Rien là ne laisse entendre que les coéquipiers d’Ovechkin prennent désormais des tirs de mauvaise qualité, ce qui pourrait expliquer pourquoi leur taux de succès a si brutalement chuté. Si on doit en croire les tendances à long terme affichées dans ces tableaux, tout porte à croire que le taux de succès des coéquipiers d’Ovechkin va revenir à la normale dès l’an prochain, renflouant d’autant sa fiche de plus et moins et lui permettant, au passage, de récolter plus de points à forces égales.

La malchance, fait encore plus remarquable, a aussi frappé Ovechkin à l’autre bout de la patinoire :

On peut chercher toute sorte d’explications, qu’Ovechkin n’est pas très bon en défensive, qu’il n’a jamais vraiment bien fait dans ces disciplines, que son manque d’effort déteint sur ses coéquipiers… Mais le fait est que, lorsqu’on regarde les données à l’échelle de sa carrière, l’adversaire obtient certes un taux de conversion légèrement supérieur en sa présence, mais d’environ 1 pour cent de plus. Le taux d’arrêts de ,890 affiché par les gardiens des Capitals en sa présence est fort probablement (tout comme en 2008-09), le fait d’une saison malchanceuse. On se répète, mais si on cherche un déclin, c’est plutôt dans la capacité d’Ovechkin à aider son club à transformer un avantage territorial (conféré par une grande part de mises en zone offensive) en avantage aux tirs vers le filet qu’on doit le chercher. Le taux de réussite de ses adversaires va fort certainement revenir vers des niveaux plus habituels dès la saison prochaine.

Les défis de Barry Trotz

La tâche qui attend le nouvel entraîneur des Capitals est tout sauf simple. Il hérite d’une équipe qui semble, en l’absence de son capitaine, de plus en plus incapable de tenir le coup sur le plan territorial. De plus, il semble bien qu’Ovechkin lui-même ne soit plus la menace qu’il a déjà été à forces égales. Si Barry Trotz doit trouver le moyen de relancer cette équipe, il aura au moins l’avantage considérable d’avoir le luxe de s’appuyer sur un joueur qui est encore capable de faire une forte différence sur le plan offensif. Si, en plus, la guigne des pourcentages cesse de s’abattre sur Ovechkin, Trotz pourrait, sans trop en avoir l’air, passer pour celui qui aura relancé la carrière de sa supervedette.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données,notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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