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Touchette : Tout le monde a gagné dans l’affaire Subban

lundi 2014-08-04 / 11:14 / LNH.com - Joueurs autonomes 2014

Par Serge Touchette - Chroniqueur LNH.com

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Touchette : Tout le monde a gagné dans l’affaire Subban
Touchette : Tout le monde a gagné dans l’affaire Subban

Dans le sport professionnel, le roman-fleuve de l'année à Montréal a, sans l'ombre d'un doute, été celui mettant en vedette P.K. Subban.

Rarement vu une négociation de contrat enflammer autant le bon peuple. Le bon peuple, et certains médias, qui ont pris un malin plaisir à alimenter le suspense.

Le processus n'était pas terminé, mais nombreux étaient ceux qui tiraient déjà à boulets rouges sur le Canadien de Montréal et son directeur général Marc Bergevin, l'homme à qui on reproche bien peu de choses depuis son arrivée en poste.

En pleine tempête, le Canadien a probablement évité l'œil de l'ouragan, mais, personnellement, j'ai toujours pensé que les deux parties finiraient par trouver un compromis.

Voyons donc! Subban est la pierre d'assise d'une organisation en pleine ascension. Le Canadien et lui étaient condamnés à s'entendre.

Finalement, Subban et le Canadien ont réglé ça en ... prolongation.

Qui a gagné?

Subban a réalisé une bonne affaire, le Canadien aussi.

Et tout le monde est content, y compris les partisans.

Un contrat de 72 millions $ pour huit ans, c'est démesuré, diront certains, mais dans un monde où le plafond salarial ne cesse de gonfler, le Canadien, dans trois ou quatre ans, se vantera probablement d'avoir réalisé une aubaine.

Pas de hauts cris

Ce que je retiens de cette saga?

Un, les deux clans ont fait preuve de respect en tout temps. Pas de gros hauts cris, pas de gros mots. Le bras de fer s'est joué dans les bureaux, pas dans la ruelle.

Deux, le Canadien, quoiqu'on en dise, a bien joué ses cartes.

« Le Canadien aurait dû trouver un terrain d'entente avant l'intervention de l'arbitre ... » ont clamé plusieurs observateurs sous prétexte que l'arbitrage, un mal parfois nécessaire, est toujours susceptible de briser le lien de confiance entre l'athlète et son organisation.

Pas d'accord.

Business is business. Le Canadien est allé jusqu'au bout. Il en avait certainement le droit.

Une attraction

Subban, on s'entend, a profité d'une situation franchement exceptionnelle.

Il est le meilleur joueur du Canadien avec Carey Price, il a déjà un trophée James Norris derrière la cravate et il n'a que 25 ans.

Il a fait la preuve qu'il était un joueur de concession.

Non, il n'est pas le meilleur défenseur de la ligue. Et oui, il commettra encore des erreurs dans sa zone, des erreurs qui feront rager les partisans et qui nourriront les habitués des tribunes téléphoniques. L'étalon sauvage, c'est bien connu, est parfois capable du meilleur comme du pire.

Jusqu'à preuve du contraire, Drew Doughty, des Kings de Los Angeles, se veut le défenseur numéro un du circuit. Mais Subban possède une boîte à outils comparable à celle du joueur des Kings. Le hic, c'est qu'il n'a pas encore la maîtrise de tous ses outils.

Qu'à cela ne tienne; il a déjà l'immense pouvoir de changer l'allure d'un match, un pouvoir que très peu de joueurs possèdent.

Et il se veut une attraction. Peu de joueurs peuvent en dire autant.

Son style électrise les foules et si la victoire se veut l'objectif numéro d'une organisation, la qualité du spectacle n'est pas un facteur négligeable. Or, Subban appartient à ce petit groupe de joueurs capables, certains soirs, de relever le show.

Tout cela a un prix que le Canadien a payé chèrement.

Capitaine?

Maintenant que cette histoire de contrat appartient au passé, Subban et le Canadien peuvent tourner la page. Et regarder droit devant.

Les prochains défis de Subban seront à la mesure de son riche contrat. S'il a bien des qualités, il devra en afficher bien d'autres, dont celle de rassembleur au sein d'une formation, qui, tout comme lui, n'a pas fini de grandir.

Le moment est-il venu de le nommer capitaine? Je pense que oui.

Mais avec ou sans « C » sur son chandail, Subban, par la force des choses, sera désormais perçu comme le chef de file du Tricolore.