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Bouchard : Jonathan Toews et Patrick Kane valent le prix

mercredi 2014-07-16 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Jonathan Toews et Patrick Kane valent le prix
Toews et Kane sont le cœur du noyau qui donne aux Blackhawks le statut d'élite. On les a donc payés en conséquence.

On a compris, en voyant les contrats signés par Patrick Kane et Jonathan Toews des Blackhawks de Chicago la semaine dernière (10,5 millions $ par saison pour huit ans, dans les deux cas à partir de la saison 2015-16), que les montants des contrats accordés sous la nouvelle convention collective avaient définitivement décrochés de ceux de l’ancienne convention. Parce qu’on ne peut plus noyer les saisons les plus lucratives dans une série de saisons supplémentaires à rabais, étirant ainsi l’entente dans une durée supérieure à celle de la plupart des carrières de la LNH, les coûts sont désormais concentrés.

Toews et Kane vendent aux Blackhawks par ce contrat la balance des grandes années de leur carrière. Âgés aujourd’hui de 25 (Kane) et 26 ans (Toews), arrivés dans la ligue à 18 et 19 ans, ils sont les premières jeunes vedettes à signer un contrat dénudé d’années d’autonomie restreinte sous la nouvelle entente. En ce sens, le jeu des comparaisons salariales est terriblement difficile à jouer, ces deux joueurs étant sans véritables cas comparables dans l’actuelle LNH. Si je ne m’adonne donc pas ici à ce jeu de comparaison, je souligne que l’exercice a été tenté ailleurs, notamment ici, par Jason Gregor.

Reste que pour conclure la question des montants consentis, on ne peut passer sous silence le fait que Toews et Kane sont aujourd’hui les figures de proue du renouveau spectaculaire d’une franchise ayant connu, de 1995 à leur arrivée en 2007-08, un long déclin. Hockeydb.com propose pour chaque club de forts instructifs graphiques représentant l’évolution de la fréquentation moyenne par match par saison pour chaque franchise. Celui des Blackhawks est éloquent dans son ensemble; en voici un extrait.




Si c’est toute l’équipe qui a été remaniée au cours de ces saisons de remontée, Toews et Kane en ont été les figures de proue et les meilleurs joueurs offensifs du club. Ce genre de performance se paye. Cher.

Du point de vue des performances individuelles, tout nous montre à quel point ces joueurs font présentement partie de l’élite de la ligue. Selon les requêtes du site Hockey-Reference.com, depuis leur arrivée dans la ligue, Kane est 11e meilleur pointeur de la ligue, Toews 19e. Fait remarquable; l’un comme l’autre est sortie tout armé de la tête de Jupiter. Qu’importe qu’on coupe une, deux ou trois saisons de la période de comparaison, Toews fait 0,8 point par match, Kane un point par match. À forces égales, si ces deux joueurs ont un rôle passablement différent, tous deux ont un impact direct sur l’excellente offensive des Blackhawks.




Élément à noter dans les tableaux ci-dessus : les pourcentages de tirs d’équipe sont bien les taux de conversion de l’équipe lorsque Kane ou Toews sont sur la glace, et non pas en général. Le taux de conversion à 5v5 des Blackhawks s’est maintenu entre 8 et 9 pour cent dans ces saisons or, on voit bien qu’en présence de Kane comme Toews, ce taux monte sérieusement. Le « Corsi relatif », soit la capacité du club à déclasser ses adversaires aux tirs lorsque le joueur est sur la glace par rapport aux moments où il n’y est pas (un indicateur du temps de possession, quoi), indique que l’un comme l’autre a là aussi eu un impact massivement positif (à l’exception de la saison 2013 de Patrick Kane).

Bref : la marge par laquelle les Blackhawks déclassent leurs adversaires aux tirs augmente massivement lorsqu’un de ces deux joueurs est sur la glace et le taux de réussite de ces tirs augmente lui aussi. Sur une ou deux saisons, on se garde généralement une petite gêne (surtout sur les taux de conversion). Mais sept saisons en file? On est en droit d’y voir une tendance lourde.

Autre élément intéressant : Kane, au total, fait beaucoup plus de points que Toews, on l’a vu plus haut. À forces égales, tant au temps de possession qu’au taux de conversion, c’est bien Toews qui apparait comme celui qui tire le traineau avec le plus d’insistance. C’est une illustration de ce à quoi on fait allusion lorsqu’on dit de lui qu’il est un joueur complet. Et si on reprend ces données en distinguant les moments où Toews joue avec ou sans Kane, ainsi ces situations ou aucun des deux ne sont sur la glace, l’impact de Toews sur les taux de conversion se confirme.




Et lorsqu’on regarde plutôt les tirs vers le filet ajustés au score, on voit que c’est le tandem Toews/Kane qui, réuni, donne aux Blackhawks une cinquième vitesse. À regarder la colonne des résultats lorsqu’aucune des deux vedettes n’est présente, ça semble d’ailleurs un peu injuste.




Aussi, il est assez clair qu’on les utilise d’une manière bien particulière; Joel Quenneville, entraîneur des Blackhawks depuis leur deuxième saison avec le club, a clairement développé une façon de faire.




Le tableau du temps de glace nous montre qu’après les avoir utilisés ensemble à mi-temps pendant quelques saisons, Quenneville s’est graduellement éloigné de ce modèle pour les utiliser plus systématiquement de manière séparée. Autre élément intéressant : si Quenneville utilisait d’abord Toews et Kane comme marteau offensif, Kane seul comme joueur offensif et Toews seul comme joueur défensif, on voit qu’il utilise désormais Toews comme Kane dans des situations de plus en plus offensives, laissant le reste de l’alignement se débrouiller avec le reste. Sans ses attaquants vedette, les Blackhawks font quand même très belle figure au temps de possession, ce qui permet de souligner un dernier élément. On a souvent, depuis leur première Coupe Stanley en 2009-10, annoncé que les Blackhawks de l’ère Toews-Kane auraient de la difficulté à garder « leur profondeur », que la hausse des salaires démantèlerait l’équipe. Or, on voit bien qu’il n’en est rien, même si le personnel de soutien entourant le noyau de l’équipe change continuellement. Les changements dans l’utilisation de Toews et Kane nous montrent que Quenneville s’ajuste tout simplement en fonction du personnel disponible en réunissant ou non ses deux vedettes, en déployant Toews dans des situations plus défensives ou offensives au fil des saisons (belle démonstration de l’exceptionnelle versatilité du capitaine).

Rien ne laisse entrevoir que les Blackhawks perdent, demain, cette capacité à trouver de nouveaux éléments pour compléter son noyau. Encore cet été, on a vu Brad Richards signer au rabais avec Chicago pour relancer sa carrière. C’est le genre de luxe que les grandes puissances peuvent se payer. Toews et Kane sont le cœur du noyau qui leur donne ce statut. On les a donc payés en conséquence.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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