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Bouchard : Quelques bons coups au 1er juillet

mercredi 2014-07-02 / 22:59 / LNH.com - Joueurs autonomes 2014

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Quelques bons coups au 1er juillet
Quelques bons coups des directeurs généraux de la LNH lors de la première journée du marché

S'il est toujours agréable de décortiquer en ricanant les décisions qu'on considère comme des erreurs, le marché des agents libres est aussi le lieu de bien des gestes constructifs. Ceux-ci sont toujours plus difficiles à apprécier pour trois raisons. D'abord, les contrats qu'on y accorde sont nécessairement plus élevés que ce qu'on verra donné à des joueurs ne disposant pas de l'autonomie complète. Question de pouvoir de négociation. Aussi, les excellents joueurs, les membres de l'élite, vont rarement se rendre au marché des joueurs autonomes. Quitte à les échanger sur la fin d'un contrat jugé trop long, les équipes gardent jalousement leurs meilleurs joueurs. Enfin, les agents libres les plus attrayants le sont souvent parce qu'ils viennent de connaitre une saison exceptionnelle, parfois à jouer en appui à une grande vedette. Lorsqu'on les installe à grands frais dans un poste de meneur de jeu, ils déçoivent parfois et c'est pourquoi, si les meilleures acquisitions sont généralement très coûteuses, elles acquièrent le statut de réussite dans la mesure où le joueur vient compléter un ensemble déjà présent.

Christian Ehrhoff, Penguins de Pittsburgh (1 an, 4 millions $)

Les Penguins avaient un problème. Matt Niskanen et Brooks Orpik s’en allaient sur le marché des joueurs autonomes, Kris Letang, Rob Scuderi et Paul Martin demeuraient les pierres angulaires de la défensive. Si les jeunes Olli Maatta et Simon Després ont montré de belles choses, Scuderi semble décliner rapidement : le club fut massivement déclassé aux tirs lorsqu’il était sur la glace, et ce malgré le fait qu’on l’ait utilisé dans un rôle de 4-5e défenseur. En attendant de savoir ce que les jeunes peuvent prendre comme responsabilités supplémentaires et aussi, il faut le dire, si l’excellent Paul Martin (33 ans) commence à ralentir dans sa dernière année de contrat, Pittsburgh avait besoin de temps. Et les Sabres de racheter le contrat de Christian Ehrhoff.



Ehrhoff n’a pas été utilisé comme un leveur de fonte à forces égales, plutôt comme un joueur de deuxième paire défensive, sur des unités à vocation offensive (on le voit avec les pourcentages de départs en zone offensive). Il a, à Vancouver comme à Buffalo, aidé son équipe à prendre l’avantage aux tirs dans ces situations et on voit que l’an dernier, malgré qu’on en ait fait un défenseur à vocation plus défensive, l’équipe a continué à faire mieux en sa présence qu’en son absence. Autre élément à noter, partout où il a joué, Ehrhoff a participé aux unités d’avantage comme de désavantage numérique. Enfin, il est durable, n’ayant été blessé longtemps qu’en 2011-12.

On parle donc d’un défenseur dans la force de l’âge, rompu à toutes les disciplines et capable de générer de l’attaque, signé pour un contrat représentant un minimum de risque pour les Penguins. Ehrhoff fait clairement le pari que son pedigree fera en sorte qu’on l’associe à Evgeni Malkin et Sidney Crosby, surtout en avantage numérique, ce qui lui permettra de gonfler sa valeur au 1er juillet 2015. Pittsburgh se donne du temps pour mieux évaluer ses jeunes défenseurs, notamment Després, sans pour autant compromettre sur les performances attendues de la brigade défensive. Un coup de maître.

Anton Stralman, Lightning de Tampa Bay (5 ans, 4,5 millions $ par saison)

Stralman est devenu une sorte de vedette dans le petit monde des statistiques avancées, notamment suite aux analyses développées à son sujet par Tyler Dellow. Remettons d’emblée les choses en perspective : Stralman n’est pas un défenseur numéro un et il est probablement risqué de voir en lui un numéro deux, c’est-à-dire un défenseur à qui on demande d’accompagner le meneur de la brigade contre les meilleurs éléments adverses dans les phases les plus difficiles du jeu. Comme défenseur de deuxième paire, par contre, il a effectué un excellent boulot.



Lorsqu’il est sur la glace, les équipes de Stralman font beaucoup mieux au différentiel de tirs qu’en son absence, signe qu’il aide à faire « avancer le jeu ». À 27 ans, arrivant à son apogée, est-il capable de devenir un défenseur de première paire? Le Lightning n’aura probablement pas besoin de le savoir. Tampa Bay a bien vu lors de son élimination hâtive que Radko Gudas, défenseur droitier qu’on a utilisé sur la deuxième paire défensive au courant de la saison, n’est pas de calibre pour les minutes dures. Le Lightning dominait en effet le Canadien de Montréal aux tirs lorsque Victor Hedman était sur la glace, mais s’effondrait. Pourtant, le grand suédois jouait continuellement contre les trios de Tomas Plekanec et David Desharnais!

La plus grande qualité de Stralman est bien le fait qu’à titre de droitier, il ne jouera jamais avec Hedman et pourra contribuer sur toutes les phases du jeu. On l’a en effet utilisé en avantage numérique avec chaque équipe pour laquelle il a joué, à l’exception de l’édition 2013-14 des Rangers. Par contre, au cours de cette dernière saison on l’a utilisé en désavantage numérique. Tampa, pour un prix raisonnable, obtient les services d’un défenseur qui complète parfaitement le pilier qu’est Hedman. Et en le signant pour cinq ans, Stralman n’aura que 31 ans à la fin de son contrat.

Thomas Vanek, Wild du Minnesota (3 ans, 6,5 millions $ par saison)

On m’accusera de chercher à faire réagir le lecteur à tout prix, ce dont je me défends bien. Les joueurs d’élite ne se rendent pour ainsi dire jamais sur le marché des agents libres. Lorsqu’ils le font, c’est souvent pour s’y voir offrir des contrats faramineux. La nouvelle convention collective resserre manifestement les règles du jeu, mais on parle encore souvent de contrats de 5 ans et plus. Vanek, s’il n’appartient pas à l’élite absolue de la profession, est tout juste en deçà de celle-ci, un pur talent offensif, trop rare. À 30 ans, ses années de production massive sont comptées et c’est ce qui fait la beauté du contrat signé avec le Wild; il aura 33 ans à la fin de l’entente et il est raisonnable de croire qu’il sera productif tout au long de son séjour au Minnesota.



Vanek, on le voit au rang occupé parmi ses différents clubs en qualité d’adversaires affrontés, n’est pas un joueur défensif. Il est à son meilleur lorsqu’on l’envoie à l’aile gauche d’un trio qui prend beaucoup de mises en jeu en zone offensive (par opposition à l’aile droite de Tomas Plekanec…). Or, l’une des raisons pour lesquelles le Wild a su surprendre en poussant les puissants Blackhawks de Chicago à six matchs en printemps est justement l’émergence des jeunes Nino Niederreiter et Mikael Granlund, le premier permettant d’envoyer Matt Moulson apporter une dimension offensive à la troisième ligne pilotée par Kyle Brodziak. En s’ajoutant aux deux jeunes et à Charlie Coyle, Jason Pomminville, Zach Parisé et Mikko Koivu, Vanek n’apporte pas que son talent offensif pur, il permet aussi de reproduire cette attaque à trois trios capables de générer de l’offensive.

Paul Stastny, Blues de St. Louis (4 ans, 7 millions $ par saison)

J’ai longtemps hésité entre Vanek et Stastny, pour finalement opter pour les deux. Stastny est un leveur de fonte à forces égales qu’on a aussi beaucoup utilisé en avantage numérique et parfois en désavantage. Ses états de services sont éloquents :



Âgé de 28 ans, il terminera donc son contrat à 31 ans, un risque fort raisonnable pour les Blues. Outre une capacité réelle à déclasser son équipe aux tirs malgré des tâches lourdes, il s’insère chez les Blues dans une équipe qui domine déjà au plan territorial (septième au différentiel de tirs obtenus à forces égales l’an dernier). Détail supplémentaire intéressant : on sait qu’à l’échelle de la ligue, les équipes convertissent en moyenne 8 à 8,5 pour cent de leurs tirs en buts au cours d’une saison donnée. Stastny (comme Vanek, d’ailleurs) sont de ces joueurs qui, tant par leur participation directe qu’indirecte, semblent « tirer vers le haut » ces pourcentages. On retrouve peut-être ici un mouvement similaire à celui opéré par les Kings de Los Angeles ces dernières saisons, que j’évoquais dans mon article de mardi.

Mentions honorables

Les bons coups coûtent de l’argent, mais il y a aussi certains paris intéressants qui se font à l’ouverture du marché. En voici trois.

Martin Havlat, Devils du New Jersey (1 an, 1 million $)

Je l’ai indiqué mardi au sujet de Mike Cammalleri, on semble chercher au New Jersey à ajouter un peu de « fini » à l’attaque. Havlat a 33 ans, a joué 39, 40 (sur 48) et 48 matchs au cours des trois dernières saisons et n’avait plus la confiance de son entraîneur à San Jose. Mais les bons taux de conversion ont, la plupart du temps, suivi Havlat à la trace au cours de sa carrière, tant pour lui que ses coéquipiers. On lance les dés, donc.

Mikhail Grabovski, Islanders de New York (4 ans, 5 millions $ par saison)

Grabovski a eu 30 ans et personne ne voulait de son contrat l’an dernier. Ayant disputé 58 matchs avec les Capitals de Washington, il a été le seul joueur régulier à surclasser l’adversaire aux tirs, sans qu’on lui donne de poussée particulière aux mises en jeu. On l’a employé comme troisième centre et c’est à ce titre qu’il se présente aux Islanders. Ayant fait ses preuves en avantage numérique comme en désavantage, sa présence rend formidable la ligne de centre des Islanders. Du moins à court terme. Parce que cinq ans, c’est long.

Tom Gilbert, Canadien de Montréal (2 ans, 2,8 millions $ par saison)

Marc Bergevin a chamboulé sa défensive pour faire de la place à ses jeunes. Gilbert s’amène avec une réputation enviable auprès des férus de statistiques fines. On l’a en effet vu, au cours de six des dernières sept saisons, faire mieux que son équipe aux différentiels de tirs tout en affrontant les meilleurs éléments adverses. S’il n’a pas le profil d’une star, il semble efficace. À 31 ans, est-il encore capable de tenir le coup? Comme Stralman à Tampa, la question est plus ou moins importante. Gilbert ne sera sur la glace que quand P.K. Subban n’y sera pas. Bonus ajouté : Bergevin a bien indiqué qu’Alexei Emelin, souvent débordé du côté droit, reviendra sur son côté naturel du gauche.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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