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    Le Canadien met la main sur tout un phénomène en repêchant Nikita Scherbak

    samedi 2014-06-28 / 0:59 / LNH.com - Repêchage 2014 de la LNH

    Par Emna Achour - Journaliste LNH.com

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    Le Canadien met la main sur tout un phénomène en repêchant Nikita Scherbak
    Le Canadien met la main sur tout un phénomène en repêchant Nikita Scherbak

    PHILADELPHIE – « Oh my God. »

    Voilà les trois premiers mots qu’a prononcé le plus récent espoir du Canadien de Montréal à sa toute première rencontre avec les médias montréalais, vendredi, quelques minutes après avoir été sélectionné en première ronde (26e au total) par le Tricolore.

    Avant même qu’un journaliste ne lui pose une seule question, le gros ailier droit des Blades de Saskatoon dans la Ligue de hockey de l’Ouest (WHL) nous avait déjà donné un bon indice quant au genre de personnalité qu’il avait.

    Il a probablement déjà séduit tous les partisans du Canadien au Québec en répondant – en français – « Merci, bonjour? » quand on lui a demandé ce qu’il connaissait de Montréal.

    « C’est fou vous savez, a-t-il dit. Je suis tellement nerveux. Tellement d’émotions se bousculent pour ma famille et moi. Je ne sais pas, c’est fou. C’est une superbe journée pour moi. »

    Connu pour sa personnalité vibrante et sa facilité à parler, difficile de croire qu’il y a à peine un an, Scherbak n’arrivait pas du tout à s’exprimer en anglais.

    Originaire de Moscou, Scherbak avait été sélectionné par les Blades en deuxième ronde du repêchage des joueurs européens de la Ligue canadienne en 2013, ce qui s’est avéré un véritable vol pour Saskatoon puisqu’avec ses 25 buts et 78 points, il a terminé au premier rang des pointeurs chez les recrues et a été élu meilleur joueur de son équipe.

    Entre deux buts ou deux mentions d’aide, Scherbak a trouvé le temps de prendre des cours d’anglais afin de pouvoir mieux communiquer avec ses coéquipiers.

    Il a admis qu’il ne connaissait que quelques mots simples comme « chat », « chien », « manger » et « dormir » quand il s’est amené à Saskatoon. Lorsqu’un journaliste l’a félicité en se disant impressionné par la rapidité de son apprentissage, il a simplement répliqué: « Oui, je pense aussi. »

    Reste à savoir si sa personnalité flamboyante cadrera bien avec Montréal, quoique le principal intéressé ne semble pas en douter.

    « Je crois que oui, pourquoi pas? », a-t-il simplement dit.

    Mais Scherbak est loin d’avoir seulement une belle personnalité, ses aptitudes sur la patinoire – et peut-être aussi son gabarit – ayant évidemment aussi eu un impact sur sa sélection en première ronde.

    Le Russe de 6 pieds 2 pouces fait présentement osciller la balance à 190 livres (quoiqu’il prévient que ce chiffre pourrait avoir changé puisqu’il n’a pas mangé depuis deux jours, trop nerveux), lui qui avait terminé au 15e rang du classement final du Bureau central de dépistage de la LNH chez les patineurs nord-américains.

    Scherbak se décrit d’ailleurs comme « un bon fabricant de jeux qui peut faire bouger la rondelle sur le jeu de puissance », et un joueur qui est davantage un passeur qu’un marqueur.

    Et le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, n’a pas caché qu’il avait de grandes aspirations pour lui.

    « Il a le talent pour jouer sur les deux premiers trios, a-t-il déclaré. C’est sûr qu’on ne commence pas là, mais ses habiletés, son coup de patin et son sens du hockey font que pour nous, c’est un joueur du top 6. »

    « Facteur russe »

    Trevor Timmins, le directeur du dépistage amateur chez le Tricolore, avait admis jeudi que le « facteur russe » – soit le risque que les équipes qui jettent leur dévolu sur des espoirs russes courent en raison de la compétition que livre actuellement la KHL à la LNH – faisait partie de l’équation quand venait le temps de sélectionner un joueur d’origine russe, mais que c’était une chose dont il fallait bien discuter plutôt que de ne se fier qu’aux idées préconçues.

    De toute façon, Scherbak a clairement indiqué qu’il n’y avait aucune inquiétude à avoir puisque la Ligue nationale est la seule ligue dans laquelle il veut évoluer.

    « Dans chaque entrevue que je donne, je dis que c’est mon rêve, le rêve de ma famille [de jouer dans la LNH], a mentionné Scherbak. Mon père, ma mère, tout le monde me répète que je suis maintenant au Canada, c’est mon rêve d’évoluer dans la LNH. Je ne pense pas du tout à la KHL. »

    Et la (première et seule) rencontre que Bergevin a eue avec Scherbak jeudi a été amplement suffisante pour effacer tout doute dans son esprit sur les intentions que le jeune pourrait éventuellement avoir par rapport à son pays d’origine.

    « Juste le fait qu’il se soit amené à Saskatoon jeune, il voulait jouer dans la Ligue de l’Ouest, il voulait être en Amérique du Nord, a évoqué Bergevin. Il aurait facilement pu demeurer en Russie et être confortable là-bas. Mais son but est de jouer dans la LNH, est c’est une des principales raisons qui expliquent pourquoi je voulais le rencontrer hier (jeudi). »

    Joueur de caractère recherché

    Timmins et Bergevin ont répété maintes et maintes fois jeudi à quel point le caractère et la combativité chez un jeune joueur étaient les facteurs les plus importants qu’ils allaient considérer dans leur sélection d’espoirs ce week-end.

    Et Scherbak n’est peut-être pas le genre de joueur porté à aller dans les coins de patinoire ou à foncer au filet, mais il leur a prouvé qu’il avait ces traits de caractère autrement lorsqu’il les a rencontrés jeudi.

    « On avait notre dépisteur russe avec nous dans la pièce, mais [Scherbak] ne s’est jamais retourné vers lui pour lui dire quelque chose en russe qu’il n’arrivait pas à dire en anglais, a raconté Bergevin. Alors il essaie vraiment fort. Mon anglais n’est pas extraordinaire, mais je réussissais à le comprendre et il réussissait à me comprendre et c’est bon signe. Pas une fois a-t-il regardé notre dépisteur russe pour lui demander de l’aide.

    « Il s’est amené à Saskatoon dans un environnement anglophone et il a démontré qu’il voulait apprendre, alors pour moi ça démontre beaucoup de caractère. »