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    Bouchard: Les Kings refont le coup à Lundqvist

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard: Les Kings refont le coup à Lundqvist
    Bouchard: Les Kings refont le coup à Lundqvist

    Henrik Lundqvist ne voulait rien savoir, mais, au bout du compte, les Kings étaient trop fort. Les Rangers avaient réussi à tenir le coup au cours des trois premiers matchs, faisant jeu égal aux tirs vers le filet à forces égales et grugeant un avantage léger, mais réel au temps passé en unités spéciales. Chris Boyle avait démontré en début de série en quoi Jonathan Quick était capable du meilleur comme du pire et, malgré un déficit de 0-3, les Kings restaient donc en droit d’y croire. Si Quick redescendait sur terre, si on parvenait à colmater la brèche qu’ouvrait chaque présence de Brad Richards contre Anze Kopitar et Jeff Carter, tout restait possible. Seulement voilà : les ajustements apportés n’ont pas porté fruit, les Kings ont ouvert la machine et, au bout du compte, les extraordinaires performances de Lundqvist n’auront que retardé l’inévitable.

    La domination territoriale des Kings au cours des deux derniers matchs a, en effet, été absolue. Peu importe le score, Los Angeles a obtenu autour de 65 pour cent des tirs générés pendant ces deux parties, un score parfaitement ahurissant. Pour référence, on rappellera que ces mêmes Kings ont obtenu, en saison régulière, 57 pour cent des tirs vers le filet lorsque le score était serré, 54 pour cent en séries.

    À considérer le tableau ci-dessus, c’est surtout par leur indiscipline que les Kings ont joué avec le feu, et ce, jusqu’à la fin. Si une victoire en Finale de la Coupe Stanley n’est pas possible sans performer sur tous les plans, la recette californienne tourne quand même entièrement autour d’une domination territoriale sans partage à forces égales. Dans l’ultime match, on a d’ailleurs vu les Rangers céder définitivement à la pression adverse en commettant pas moins de 11 dégagements refusés en 3e période ainsi qu’au cours des deux prolongations. On se répète : Lundqvist ne voulait rien savoir. L’équipe devant lui a bien obtenu quelques chances, mais ça n’a pas été suffisant.

    Quelques ajustements d’Alain Vigneault

    L’entraineur des Rangers devait, à l’orée du 4e match, impérativement protéger Brad Richards. On a donc eu droit à des trios remaniés au cours des deux derniers matchs de la série. Ne tournons pas autour du pot : ce fut un bide total.

    Rappelons que l’ancienne configuration de trios donnait, vaille que vaille, des résultats fort honorables en dehors des moments passés entre Richards et le top-6 adverse. Les nouvelles configurations, affichées ci-dessus, ont accroché parce qu’à trop faire de changements, Vigneault s’est trouvé à décomposer deux éléments essentiels aux succès de son club à forces égales. D’une part, le trio Derek Stepan/Chris Kreider/Rick Nash avait pour rôle de couvrir Kopitar, alors que Dominic Moore, Derek Dorsett et Brian Boyle amassaient les mises en zone défensive. Entre ces deux appuis défensifs forts différents, on déléguait la balance des minutes à Richards et Derick Brassard.

    Vigneault n’a pas qu’envoyé Richards sur la quatrième ligne, il l’a mis à l’aile (c’est Boyle qui occupait le centre). D’autre part, on a vu un jeu de chaise musicale s’effectuer aux ailes de Moore et Stepan, avant de revenir principalement à la combinaison Stepan/Nash/Kreider utilisée depuis le début des séries. Tous ces changements ont eu pour effet de ramener sur les épaules de Stepan une charge défensive qui se traduisait non seulement en temps de glace passé contre Kopitar et Carter, mais aussi en une surcharge de mises en zone défensive. La pression était trop forte et le premier trio des Rangers a cassé.

    Outre Moore, qu’on a beaucoup envoyé contre Carter (avec un certain succès) et Jarret Stoll (avec moins de bonheur), c’est aussi Brassard qui s’est retrouvé plus souvent qu’à son tour contre Kopitar et Carter, privé de son habituelle surdose de mises en zone offensive. Le no 16 a tenu le coup (soulignons les implications défensives de Mats Zuccarello), mais au bout du compte, l’hypothèque était trop lourde à porter. Alors que les mises en zone offensive des Rangers étaient avant transformées par ce trio en menaces offensives, la pression exercée par les Kings a forcé Vigneault, dans un effort désespéré de protection de ses éléments les plus faibles, à concentrer l’avantage aux mises entre les mains de Boyle, Dorsett et Richards. Darryl Sutter avait alors beau jeu de lui opposer son remarquable troisième trio, composé de Stoll, Dwight King et Justin Williams.

    Vigneault avait-il d’autres choix? Probablement pas. Après une marche infernale de 20 matchs au cours des trois premières rondes, son équipe n’avait manifestement plus les ressources nécessaires pour fonctionner à 3 trios, surtout dans ces guerres d’attrition menées jusqu’en prolongation. Les Kings n’étaient pas plus disposés à prendre ce genre de risque et eux aussi ont roulé quatre trios tout au long de la série. La différence est dans le fait qu’aucune des unités lancées par Sutter ne semblait à risque d’imploser contre les meilleurs éléments adverses, ce qui lui offrait alors le luxe de la patience et des ajustements.

    En fait, à considérer le tableau ci-dessus, on constate que lors des deux derniers matchs Sutter a presque complètement cessé de jouer de constantes permutations de trios. Alors qu’au cours des trois premiers matchs et des trois premières rondes, on avait parfois peine à distinguer des unités stables au-delà du trio de Kopitar et du tandem Williams/Stoll, Sutter a presque complètement figé ses unités au cours des deux derniers affrontements, donnant aux 3 premiers trios un temps de glace quasi identique et Mike Richards étant tenu un peu plus en retrait. Seule coquetterie, on envoyait parfois Richards prendre le rôle de centre entre Carter et Tanner Pearson, pour certaines mises en jeu notamment.

    Au même titre que les Blackhawks, les Kings ont avec cette victoire confirmé leur statut de puissance instituée de la ligue. Une autre longue séquence en séries l’an prochain nous forcera même à parler de dynastie. Cette équipe, plus que toute autre ces dernières années, a démontré avec cette conquête une extraordinaire résilience, fondée sur une domination sans partage du jeu de possession de rondelle à 5 contre 5. Les chiffres, ici, ne racontent pas toute l’histoire. C’est que les Kings offrent un alignement presque entièrement constitué de joueurs aux habiletés manifestes, un alignement qui exécute un plan de match articulé autour d’une idée maitresse, qu’on a aussi exécutée par l’équipe canadienne aux Olympiques : la meilleure défensive, c’est d’avoir la rondelle.

    On ne le voyait jamais aussi bien qu’en sortie de zone défensive : les Kings se méfiaient obstinément de la longue passe, insistant plus que tout autre club pour transporter le disque en groupe en zone neutre. Souvent, en fait, on a vu les cinq joueurs ne commencer à sortir de la zone défensive que lorsque le club était manifestement en train de relancer l’attaque. Tant et aussi longtemps que la rondelle était sous les points de mise en jeu, même en contrôle d’un coéquipier, on restait sagement en zone défensive, s’appliquant à s’offrir en cible pour une passe courte. Cette philosophie se traduit dans les trois zones, par un travail de progression méthodique : des joueurs travaillant en unités serrées, assurant dans les trois zones des options (le pluriel est important!) de passes courtes au porteur de la rondelle, repoussant encore et encore l’adversaire dans ses derniers retranchements en attaquant en surnombre et en vitesse des espaces restreints d’où ils expulsent leurs opposants, recommençant inlassablement jusqu’à ce qu’ils parviennent à la porte des filets adverses.

    Rendu là, même l’extraordinaire Henrik Lundqvist, pourtant au sommet de son art, n’a pu faire la différence. Même pour les athlètes de son calibre, ces occasions de championnat sont rares et, deux fois plutôt qu’une, le King se sera fait faire le même coup, en quelques mois.

    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

     

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