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    Bouchard: McDonagh et Doughty, deux parcours différents

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard: McDonagh et Doughty, deux parcours différents
    Bouchard: McDonagh et Doughty, deux parcours différents

    La série Kings-Rangers met en vedette un duel entre deux des défenseurs les plus estimés de la LNH, Drew Doughty et Ryan McDonagh. S’ils occupent aujourd’hui des rôles similaires dans leurs équipes respectives, leurs cheminements ont été passablement différents. L’américain McDonagh a joué dans la NCAA avant d’arriver dans la LNH à l’âge de 21 ans, alors que Doughty a été jeté aux loups de la LNH dès l’âge de 19 ans.

    Deux recrues lancées contre les meilleurs

    On dit que ces deux défenseurs ont été « jetés aux loups », et l’expression n’est pas lancée à la légère. Tant McDonagh que Doughty ont, dès leurs premiers pas dans la LNH, eu à affronter les meilleurs éléments adverses soir après soir. Lorsqu’on reprend les données disponibles sur le site behindthenet.ca au sujet de la composition de la défensive des Kings et des Rangers depuis l’arrivée respective de ces deux défenseurs, ont peut constituer les tableaux suivants.

    La colonne « Rang équipe » réfère ici au rang de l’indice « Corsi Relative Quality of competition » de ces deux défenseurs parmi les défenseurs de leur équipe. Cet indice au nom parfaitement rébarbatif considère deux éléments : le temps passé contre chaque joueur de la LNH affronté dans une saison et la capacité de ces joueurs à aider leur équipe à mieux performer au temps de possession. Bref, plus l’indice est élevé, plus le défenseur a affronté des joueurs qui étaient parmi les meilleurs de leur équipe pour produire de l’offensive à forces égales.

    On voit donc que ces deux défenseurs ont, dès leur arrivée dans la LNH, été appelés à affronter les meilleurs éléments adverses.

    Des résultats enviables, mais des rôles différents

    Deux autres indices nous permettent d’évaluer les résultats obtenus par ces deux défenseurs à forces égales. D’une part, jusqu’à quel point l’équipe fait-elle pire ou mieux lorsqu’ils sont sur la glace? Pour mesurer la chose, on regarde simplement (encore ici, behindthenet.ca publie les données nécessaires) si l’équipe possède ou non un meilleur différentiel de tirs tentés à forces égales lorsque le joueur est présent. Un indice « Corsi relatif » négatif signifie que pour chaque heure passée par le joueur sur la glace, le club affiche des performances inférieures à celles offertes lorsque le joueur n’y est pas.

    D’autre part, pour compléter le portrait, on considèrera les mises en jeu auxquelles participe le joueur lorsqu’elles ont lieu ailleurs qu’en zone neutre. On a ainsi une idée de la côte à remonter ou, inversement, de la poussée favorable donnée au joueur par ces situations. De ces mises en jeu, on regarde quelle proportion ont eu lieu en zone offensive et, encore une fois, on considère le rang parmi les défenseurs de l’équipe.

    Ici, deux éléments ressortent du côté des mises en jeu. D’une part, on voit à quel point les Kings ont été une équipe dominante en possession de rondelle depuis que Doughty est arrivé dans la LNH. Bien qu’il jouisse de pourcentages de départs offensifs ronflants, il est souvent derrière quelques autres joueurs réguliers. Reste qu’on comprend, à regarder ces données, que le #8 des Kings est un défenseur qu’on cherche à exposer aux situations offensives.

    Ryan McDonagh apparaît ici plutôt comme un défenseur à vocation résolument défensive. Non seulement joue-t-il constamment contre les meilleurs, mais on lui demande de gober une quantité importante de mises en zone défensive, les mises en jeu en zone adverse étant, chez les Rangers, souvent utilisées pour donner du temps à des défenseurs plus unidimensionnels (del Zotto pendant un certain temps, Moore et Klein au cours de la présente saison). McDonagh a d’ailleurs semblé quelque peu enterré sous la pression au cours de la dernière saison, affichant pour la première fois un ratio de tirs tentés inférieur à celui de son équipe.

    Les unités spéciales

    Doughty et McDonagh n’ont pas eu droit au même traitement sur les unités spéciales. On retrouve à nouveau dans le tableau suivant l’indice « Corsi relatif », indiquant la capacité du club à faire pire ou mieux en présence du joueur, ainsi que le « Corsi Relative Quality of Competition », indiquant à quel point les adversaires affrontés sont coriaces. Cette fois-ci, on s’attarde aux unités spéciales.

    Si Doughty a dès sa première saison évolué sur les deux unités spéciales, on constate que sur le désavantage numérique, on ne l’a pas toujours envoyé prendre la première vague, contre les meilleurs éléments adverses. Force est d’admettre qu’il a bien fait, l’adversaire performant moins bien en sa présence. S’il n’est pas étonnant de voir l’avantage numérique souffrir de sa présence lors de sa première saison, les piètres résultats affichés au cours de la présente campagne laissent deviner que les adversaires ont semblé s’ajuster à sa présence.

    Le cas de McDonagh est plus intéressant : dès sa première saison, on l’envoie au feu et l’arrivée d’Alain Vigneault à la barre du club n’y change rien. Les taux de tirs accordés sont, en ce sens, compréhensibles. Plus intéressantes encore sont les trois colonnes concernant le jeu à 5-contre-4. Après y avoir effectué des présences sporadiques sous John Tortorella, Vigneault a choisi de lui confier plus de responsabilités, avec des résultats heureux, il faut le dire.

    En fait, si le parcours de Doughty est ici celui auquel on est en droit d’attendre d’un jeune surdoué, celui de McDonagh semble être celui d’un défenseur qu’on croyait au départ plus défensif, mais qu’un nouvel entraîneur a décidé de rompre à de nouvelles disciplines. Ce sont des choix qui se répercutent sur tout l’alignement. Si McDonagh joue désormais 2-3 minutes de plus sur les unités spéciales, on voit aussi que son temps de glace a diminué d’autant à forces égales. Ces mouvements laissent entendre que si le nouvel entraîneur cherche une exploitation plus conséquente de ses talents, c’est aussi parce qu’il semble avoir trouvé, en Stralman et Staal, un deuxième duo défensif capable de tenir le fort à forces égales.

    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

     

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