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    Bouchard : Les Kings ont l’avantage sur les Rangers à forces égales

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard : Les Kings ont l’avantage sur les Rangers à forces égales
    L’avantage des Kings à forces égales pourrait être trop lourd pour King Henrik et les Rangers

    Deux parcours du combattant trouveront leur aboutissement dans les deux prochaines semaines. Les Kings de Los Angeles (21 matchs) comme les Rangers de New York (20 matchs) ont en effet joué au cours des trois premières rondes l’équivalent d’un quart de saison régulière. Soulignons donc tout d’abord à quel point il est remarquable que ces deux équipes aient disputé un tel nombre de matchs en si peu de temps tout en évitant pour l’essentiel les blessures sérieuses. Justin Bourne, chroniqueur avec The Score, soulignait à cet effet l’importance qu’avait prise pour chaque club la profondeur de leurs groupes d’attaquants respectifs, ce qui permet à chacun des deux entraîneurs en présence de ne pas surtaxer inutilement leurs meilleurs éléments. De fait, les données qui suivent le soulignent, les Kings surtaxent légèrement plus leurs meilleurs éléments, dont l’inépuisable Drew Doughty.

    Les Rangers

    On le soulignait à l’orée des séries, malgré un début de saison effroyable, les Rangers étaient une des meilleures équipes en possession de rondelle dans l’Association de l’Est. Des autres prétendants, seuls les Bruins de Boston les surpassaient sur ces indicateurs sans pour autant concéder un net avantage dans les buts. Mais outre Henrik Lundqvist, les Rangers sont une équipe complète.

    Le tableau suivant montre les performances des principaux centres et défenseurs du club à forces égales selon le nombre de défenseurs « top-3 » ou d’attaquants « top-6 » présents sur la glace. On parle ici des six attaquants et trois défenseurs adverses ayant, au cours d’un match donné, cumulé le plus de temps de glace à forces égales.



    Le schéma d’utilisation d’Alain Vigneault est demeuré relativement stable au cours des séries : Derick Brassard et ses sbires sont tenus loin des meilleurs éléments adverses et envoyés prendre un maximum de mises en zone offensive. On parle donc d’un troisième trio à vocation offensive. Derek Stepan, maintenant assisté de Chris Kreider et Rick Nash, joue lui le rôle de premier centre, on lui confie souvent la mission de surveiller le meilleur trio adverse et on attend de lui une production offensive soutenue à forces égales. Brad Richards pilote le deuxième trio. Moins sollicité que Stepan sur les missions de couverture défensive, on attend quand même de lui qu’il aide à animer l’attaque. Comme les différentiels de tirs cumulés en présence d’attaquants top-6 adverses (-34 de différentiel aux tirs), le trio de Richards avec Martin St-Louis et Carl Hagelin semble au total le plus vulnérable, parce que si on l’expose aux meilleurs adversaires, il semble susceptible aux errements défensifs. Dominic Moore, enfin, pilote une quatrième ligne purement défensive, à qui on demande de gober un maximum de mises en zone des Rangers. Fait à noter : on ne craint pas d’exposer Moore aux meilleurs éléments adverses.

    On voit la versatilité du groupe d’attaquants. Brassard, blessé contre le Canadien de Montréal en troisième ronde il faut le dire, a moins joué que Moore, quatrième centre du club qui a su le remplacer avec efficacité lors des deux premiers matchs de la série.

    En défensive, il est intéressant de constater que la distribution des tâches est moins précise qu’à l’avant. C’est qu’en fait, on met beaucoup d’efforts à utiliser les tandems Dan GirardiRyan McDonagh et Marc StaalAnton Stralman pour accaparer un maximum de temps de glace contre les meilleurs éléments, McDonagh et son compère ayant la mission supplémentaire d’animer l’attaque, comme en témoigne son différentiel neutre de mises en zone offensive et défensive. Kevin Klein, qu’il joue avec John Moore ou Raphael Diaz, est quant à lui essentiellement déployé dans les minutes « molles », soit loin des meilleurs éléments adverses et en zone offensive autant que faire se peut.

    Il est intéressant de noter dans ces tableaux que les Rangers n’ont pas, au total, eu l’avantage aux tirs au cours des séries éliminatoires. Le club a su résister, mais n’a pas dominé au temps de possession. Il a été, il faut le dire, aidé d’un travail remarquable de son gardien.



    Lundqvist est certainement une des cartes maîtresses du club d’Alain Vigneault et il a connu jusqu’à présent des séries époustouflantes, comme en témoigne son exceptionnel pourcentage d’arrêts à forces égales comme en désavantage numérique. Soulignons par ailleurs que les Rangers aident Lundqvist en étant fort chiches en tirs accordés. À 43 tirs au but concédés par heure passée en désavantage numérique, c’est un score qui les situe parmi les meilleurs de la ligue en saison régulière. Sachant que la chose a été accomplie en séries, contre des adversaires qui ont le temps d’apprendre à les connaître, c’est d’autant plus impressionnant. L’avantage numérique des Rangers apparait plus modeste, son débit de tirs étant sur la moyenne de la ligue et le taux de conversion passablement bas.

    Les Kings

    La troupe de Darryl Sutter arrive au terme d’un parcours des plus exigeants, les Sharks, les Ducks et les Hawks étaient tous prétendants aux grands honneurs à l’orée des séries. On l’a dit plus haut, les Californiens s’appuient plus lourdement sur leurs meneurs de jeu, qui sont capables d’en prendre.



    La page des meneurs aux mises en jeu de l’équipe est fascinante. En gros, on y constate que trois centres se partagent l’essentiel du travail, Jeff Carter étant une sorte d’hybride centre-ailier. Il faut le dire, les trois autres centres sont dominants aux mises en jeu, affichant tous des pourcentages supérieurs à 50 pour cent. Les Kings sont, aussi, dominants au temps de possession : 117 tirs tentés de plus que leurs trois adversaires, sachant l’identité de ceux-ci, c’est quelque chose de remarquable.

    Anze Kopitar, bien sûr, mène par ses talents défensifs et offensifs. Il est intéressant de souligner que Sutter ne semble pas outre mesure soucieux de chercher les confrontations. Si l’adversaire couvre Kopitar, Carter aura de l’espace, sinon c’est le slovène qui pourra s’arranger avec Marian Gaborik. Mike Richards semble bel et bien devenu le quatrième centre de ce club, jouant moins et obtenant de plus médiocres résultats que les autres, alors que Jarret Stoll remplit à merveille un rôle de troisième centre typique, cumulant les jobs de couverture défensive que ne prend pas Kopitar et tenant l’avantage aux tirs malgré tout. C’est qu’en fait, Sutter tient à deux unités bien précises : Kopitar avec Gaborik et Dustin Brown, Stoll et Justin Williams. Tout le reste se promène au gré des circonstances, quoi que de manière récurrente Carter revienne avec Tanner Pearson et Tyler Toffoli.

    La défensive vit principalement par Drew Doughty. Si Alec Martinez jouit d’une protection similaire à celle de la troisième paire défensive des Rangers, il semble plus efficace que ceux-ci, surtout lorsque jumelé à Matt Greene. En fait, la défensive des Kings a passablement bougé depuis le début des séries, mais on semble désormais fixé sur les tandems Doughty – Jake Muzzin, Slava VoynovWillie Mitchell, Martinez – Greene.



    Jonathan Quick
    n’est pas Lundqvist, c’est une évidence et les Kings ne l’ont pas terriblement bien protégé en désavantage numérique. Notons que si l’avantage des Kings ne produit pas une quantité sidérante de tirs, les taux de conversion sont, eux, stratosphériques. On y retrouve des talents exceptionnels, mais face à Lundqvist, il est illusoire de compter sur pareils taux de conversion.

    En résumé

    À forces égales, les Kings partent favoris. Ils ont déclassé aux tirs trois clubs supérieurs aux Rangers dans cette discipline. Sur les unités spéciales, c’est plutôt les Rangers qui semblent avantagés d’entrée de jeu, alliant un gardien exceptionnel à une unité pingre en occasions de marquer. Si on ajoute à ça un gardien moyen à L.A. et une propension à accorder beaucoup de tirs…

    Il sera intéressant de voir comment les Rangers vont composer avec le tandem Kopitar-Carter. Cherchera-t-on à jouer les confrontations, Stralman et Staal prenant Carter avec Dominic Moore, Stepan s’attaquant à Kopitar en compagnie de McDonagh et Girardi? Sutter pourrait être tenté de laisser courir, ayant en tête que Kopitar et Doughty ont su venir à bout d’attaquants plus coriaces au cours des séries précédentes.

    Parce qu’ils ne sont pas terriblement disciplinés (ils ont donné 80 avantages numériques à leurs adversaires, contre 64 pour les Rangers), les Kings devront se méfier d’eux-mêmes et baser d’emblée la série sur le jeu à forces égales. Aussi, je l’ai souligné dans mon précédent article, Alain Vigneault a su, tout au long de la série contre Montréal, ajuster la tactique de son club à celle de ses adversaires. Ce judo dont il est friand et auquel Vigneault excelle, c’est la principale chose dont Sutter doit se méfier. Si la série s’allonge, les Rangers vont apprendre à trouver les failles et les Kings risquent de s’énerver.

    Mais ça ne saura suffire à contenir Kopitar et Doughty. Kings en 6.

    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

     

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