Se connecter avec votre compte LNH.com:
  • Soumettre
  • Ou
  • Se connecter avec Google
 

    Bouchard : Les Blackhawks au pied du mur

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

    Partagez avec vos amis


    Bouchard : Les Blackhawks au pied du mur
    Bouchard : Les Blackhawks au pied du mur

    C’était le duel tant attendu, et au moment d’écrire ces lignes, l’affaire est en train de tourner en eau de boudin pour les champions en titre. Je soulignais, à l’orée de la confrontation, en quoi on devait surveiller trois éléments dans cette série de la finale de l’Association de l’Ouest entre les Blackhawks de Chicago et les Kings de Los Angeles. Dans un premier temps, la volonté des entraîneurs de masser leurs meilleurs effectifs les uns contre les autres. Aussi, les deux équipes avaient au cours des précédentes rondes gavé leurs centres étoiles de mises en jeu en zone offensive, un levier qui devait nécessairement disparaitre pour l’une ou l’autre de ces équipes. Enfin, je concluais en favorisant les Kings, me basant sur leur plus grande profondeur au centre. Qu’en est-il?

    Le grand duel

    Dès le premier match, Joel Quenneville et Darryl Sutter se sont entendus sur une chose : Jonathan Toews et Anze Kopitar ne seraient pas appelés à s’éviter, bien au contraire. Aussi, pour tenir contre Toews réuni à Marian Hossa, Sutter a choisi de lui opposer son premier duo de défenseurs, Drew Doughty et Jake Muzzin. Quenneville a eu une réaction intéressante, en fait une absence de réaction. Fidèle à un mode d’opération adopté tout au long de la saison, c’est bien Johnny Oduya et Niklas Hjalmarsson qu’on a opposé au quintette de choc des Kings. Au jeu de la profondeur, enfin, le coup d’estoc de Sutter : c’est le pauvre Marcus Kruger qui a hérité la plupart du temps de Jeff Carter. Confrontation difficile, mais dont le centre des Blackhawks s’est bien tiré, lui concédant deux des cinq buts marqués par les Kings lorsque le grand Carter était sur la glace, ripostant d’un but.

    En fait c’est Oduya et Hjalmarsson qui ont souffert contre Carter. Si celui-ci ne les a vus que pour 12 minutes à forces égales (contre plus de 20 contre Duncan Keith et 11 contre Nick Leddy), c’est trois buts qu’il a collés à Oduya et deux à Leddy. C’est un peu là où les choses se sont jouées : sitôt qu’on échappe Carter, il fait parler la poudre et les Blackhawks ne semblent tout simplement pas avoir les ressources nécessaires pour le contrôler tout en gardant Kopitar à l’œil.

    Le second tableau montre à quel point la chose est regrettable pour les Blackhawks. C’est que, malgré un avantage léger aux mises en zone offensive (une de plus en zone offensive qu’en zone défensive contre Toews, trois contre Oduya), Kopitar recale continuellement contre la première unité défensive des Blackhawks à forces égales.

    Le tableau ci-dessous permet aussi de voir comment Kruger et Jarret Stoll sont tous deux employés dans des rôles sacrificiels : on leur demande de prendre beaucoup de mises en zone défensive pour plus libérer les éléments plus offensifs. Stoll mange sa gratte lorsqu’on lui demande de le faire contre Toews et Keith (tiens donc…), mais il tient le coup, vaille que vaille, n’ayant laissé les Blackhawks ne compter que deux buts malgré un déficit de 16 tirs tentés lorsqu’il est sur la glace depuis le début de cette série.

    Kruger, surtout avec Ben Smith et Brandon Bollig, tient le coup, on l’a souligné plus haut, effort d’autant plus admirable qu’il se déroule pour l’essentiel contre Carter et Kopitar. C’est plutôt le vieux Michal Handzus qui semble complètement au bout du rouleau. Jumelé à Patrick Sharp et, tour à tour Andrew Shaw et Patrick Kane, il coule pourtant comme une roche, et ce malgré une charge relativement neutre aux mises en jeu. Les Blackawks n’ont accordé que deux buts en sa présence à forces égales, mais on peut se demander jusqu’à quel point ça peut durer. On ne l’a d’ailleurs presque pas utilisé dans cette situation au cours du quatrième match, pas même trois minutes à forces égales.

    Profiter de ses avantages

    Les Kings n’ont que rarement tiré de l’arrière au cours de cette série et ils ont su profiter de cet avantage pour rester en contrôle aux tirs et surtout sur les unités spéciales. Quick n’a pas été spectaculaire outre mesure à forces égales, affichant un taux d’arrêts fort respectable de 0,921. C’est plutôt du côté de l’avantage numérique que les hommes de Sutter ont été particulièrement opportunistes, convertissant pas moins de 26 pour cent de leurs tirs en buts à 5-contre-4. Légèrement plus parcimonieux que les Blackhawks quant aux tirs accordés en désavantage numérique, concédant 14 tirs en un peu plus de 22 minutes de désavantage, contre 19 effectués en un peu plus de 18 minutes jouées en avantage.

    Reste que cette série est plus égale qu’il n’y parait. Les Kings, lorsque le score est serré, ont cumulé 80 tentatives de tirs à forces égales contre 74 par les Blackhawks, chaque club obtenant 34 mises en zone adverse. On est loin, disons, des premiers matchs de la série Canadiens-Bruins. Aussi, Los Angeles ne convertira pas éternellement le quart de ses tirs en buts sur l’avantage numérique. Mais ce qui est fait est fait, les victoires sont en poche et L.A. n’a qu’une victoire à aller chercher. L’avantage, glané aux marges d’une confrontation marquée par des duels serrés entre meneurs de jeu, reste encore et toujours du côté de l’unité pilotée par Carter. Incapables de le contrôler depuis le début de la série, les Blackhawks doivent maintenant éviter de l’échapper pendant trois matchs, sans pour autant laisser à Kopitar une marge de manœuvre qu’on a su lui refuser depuis le début de la série. Mission impossible.







    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

     

    La LNH sur Facebook