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Bouchard : l’importance d’un gardien numéro 1

mercredi 2014-05-21 / 13:25 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : l’importance d’un gardien numéro 1
L’importance d’un gardien numéro un se mettra en évidence lors de la Finale de l’Est

On avait discuté dans cette chronique, au mois de novembre, de l’importance des rebonds. J’y distinguais trois types de tirs, soit les tirs, les tirs enchaînés et les rebonds. Les tirs sont des tirs au but n’ayant pas été précédés d’un autre tir de la même équipe, les tirs enchaînés sont des tirs ayant été précédés, dans une fenêtre de quatre secondes ou plus, d’un autre tir au but par la même équipe et, enfin, les rebonds sont des tirs survenant trois secondes ou moins après un autre tir de la même équipe.

C’est là un outil rudimentaire. Chris Boyle, chroniqueur sur le site sportsnet.ca, a depuis le mois de novembre commencé une longue série d’articles où il utilise ses propres données sur la qualité des tirs au but pour évaluer le travail des gardiens de but et des défensives qui les protègent. C’est un travail de moine, qui consiste à répertorier chaque tir pour en déterminer non seulement le point d’origine précis, mais aussi les mouvements effectués par la rondelle avant que le tir de soit décoché. Boyle détaille dans ce papier en particulier le comment du pourquoi de sa méthode et illustre en quoi si les déviations et rebonds sont importants (son analyse montre un taux de réussite des rebonds de 24 pour cent, alors que mes propres analyses montraient un taux de réussite de 18 pour cent), ce sont bien les « transitions », c’est-à-dire les tirs obtenus suite à un large mouvement latéral, qui font le plus bondir les taux de réussites, à plus de 30 pour cent, alors que les tirs cadrés, mais sans mouvement ou déviations ou rebonds ont un taux de réussite de 5 pour cent.

Les données de Boyle lui sont exclusives et l’état actuel des cueillettes d’informations à l’échelle de la LNH ne permet pas de reproduire ces résultats en utilisant les données publiées sur le site de la ligue. Mais elles nous donnent quelques indications pour mieux comprendre comment les organiser pour tenter de mieux cerner le travail des gardiens de but.

Le déroulement des présentes finales de conférences est un excellent prétexte pour ce genre d’exercice. Le gardien des Rangers de New York Henrik Lundqvist vient de livrer deux excellentes performances en ouverture de la finale de L’Association de l’Est, alors que son vis-à-vis du Canadiens de Montréal Carey Price doit à une blessure au genou une sortie hâtive de la compétition. Dans l’Ouest, Blackhawks et Kings se livrent ce qui est probablement une finale avant la finale, deux excellentes équipes qui auront besoin de chaque petit avantage pour triompher. Quelques arrêts clés de Corey Crawford ou Jonathan Quick pourraient faire la différence.

Si on ne possède pas les données de Chris Boyle et qu’on n’a donc aucune indication directe du mouvement de la rondelle précédant les tirs générés, on peut tout de même croiser deux éléments relativement peu précis, mais du moins significatifs. En utilisant, d’une part, la division entre rebond, tirs enchaînés et tir que nous avons déjà utilisée et, d’autre part, en divisant la distance parcourue par la rondelle en trois groupes larges (25 pieds ou moins, 26 à 50 pieds, 50 pieds et plus), on se donne la possibilité de recouper de manière plus floue les éléments soulignés par Boyle.

À l’échelle de la ligue


Le graphique ci-dessus montre les taux de réussite de tirs au but, soit le pourcentage de tirs convertis en buts selon la situation et le contexte. Les rebonds sont le type de tir le plus efficace, mais il est intéressant de relever l’efficacité générale des tirs à plus grande distance sur l’avantage numérique ainsi que sur la présence et l’efficacité des rebonds sur ces mêmes situations d’unités spéciales. La rondelle voyage alors vraiment vite! Ce genre de « pattern » laisse d’ailleurs croire, dans la mesure où on y retrouve l’expression de jeux souvent vus lors des matchs, que cette façon de recouper les données peut être riche d’enseignements.

Carey, Peter et Henrik

C’était entendu, la blessure de Price est un coup dur. Mais à quel point? Les graphiques suivants découpent les performances des différents gardiens en soustrayant à leur pourcentage d’arrêts dans une situation donnée le pourcentage d’arrêt de la LNH dans la même situation. Le 1 pour cent dans le graphique de Price vis-à-vis des rebonds provenant de 25 pieds et moins signifie donc que les adversaires ont converti contre lui 28 pour cent des tirs de ce type, contre 27 pour cent contre le reste de la ligue. Les valeurs négatives indiquent donc les zones de performance, les valeurs positives celles où un gardien traine de la patte.

Comparons tout d’abord Price à Peter Budaj (on n’a, pour ainsi dire, rien sur Dustin Tokarski)



Par rapport à la ligue, le statut de Price est assez net : il a, surtout en désavantage numérique, un effet massif sur les taux de réussite de son équipe par rapport au reste de la ligue. Boyle avait souligné dans un article l’importance des performances des gardiens de but en désavantage numérique, ceux-ci ayant la capacité de compenser pour bien des erreurs systémiques. Budaj, en ce sens, montre là où il constitue pour le CH une faiblesse. On peut considérer qu’à forces égales, l’équipe peut compenser pour la perte de son gardien étoile en ayant l’avantage au temps de possession sur son adversaire (Budaj étant semble-t-il dans la bonne moyenne sur cette situation). Mais les Montréalais devront éviter comme la peste le banc des pénalités, car c’est là où l’apport de Price leur donnait un avantage massif.

Lundqvist, s’il ne domine pas aussi massivement que Price sur les unités spéciales, est pour ainsi dire toujours sous la moyenne et d’une grande constance, ce qui confirme son statut de gardien de premier plan. Il impose la nécessité à ses adversaires de déclasser les Rangers au temps de possession et aux chances de marquer, ce que les New Yorkais ont prouvé être une tâche difficile, terminant la saison au sixième rang de la ligue avec un ratio de 53 pour cent des tirs tentés à forces égales. Vaste programme.

Crawford et Quick


Les deux gardiens de l’Ouest se distinguent sur les unités spéciales, notamment sur les rebonds. Réputés agiles, c’est à forces égales lorsque les rebonds commencent à fuser que Crawford semble prendre l’avantage sur Quick. Reste que ce dernier n’est pas un pied de céleri, n’affichant pas selon ces indicateurs de réelle faiblesse, à défaut de faire baisser les pourcentages comme son vis-à-vis. On est donc ici en présence d’un facteur X : les séquences torrides sont le propre des gardiens de la LNH, mais à savoir qui en connaitra une quand…

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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