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Bouchard : Un aperçu des finales d’association de l’Ouest et de l’Est

dimanche 2014-05-18 / 11:59 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Un aperçu des finales d’association de l’Ouest et de l’Est
Bouchard : Un aperçu des finales d’association de l’Ouest et de l’Est

Les finales d’associations qui s’amorcent mettent en scène un duel de titan l’Ouest et une confrontation entre deux équipes qu’on attendait peu ou pas dans l’Est. On comparera aujourd’hui ces quatre équipes en observant comment y furent distribuées les tâches au cours des séries demi-finales de conférences. Les histogrammes étant passablement longs, je les ai disposés en toute fin de chaque section, pour ne pas complexifier inutilement la lecture.

Chicago vs Los Angeles : choc entre deux puissances

Bien que les Kings aient terminé la saison en milieu de peloton, on se devait de les considérer, dès l’orée des séries éliminatoires, comme une des équipes favorites. Équipe dominante en temps de possession de rondelle, ils participent ces jours-ci à leur troisième finale de conférence d’affilée. Les Blackhawks, eux, en sont à deux finales de conférence et deux Coupes Stanley en six ans, dont une l’an dernier. Bref, c’est la grande explication, une reprise d’un duel remporté par Chicago l’an dernier et encore une fois le vainqueur devra être considéré favori pour remporter les grands honneurs.

Les histogrammes ci-dessous permettent de voir que les deux équipes sont présentement en mutation. Chez les Kings, tant par le temps de glace total que par les assignations, on constate que Mike Richards a été supplanté par Jeff Carter comme deuxième centre des Kings. En fait, même Jarret Stoll a obtenu plus de temps de glace, notamment contre Ryan Getzlaf, ce qui ferait, sur les seuls chiffres, de Richards le quatrième centre du club. Si la tendance se confirme, c’est une énorme dégringolade.

Reste que les Kings répartissent les tâches à l’avant, les quatre principaux centres obtenant un temps de glace significatif. C’est sur Anze Kopitar que les attentions adverses se concentrent, et on peut s’attendre à une confrontation entre lui et le triumvirat Jonathan Toews/Duncan Keith/Brent Seabrook tout au long de cette série. On peut aussi penser que Carter, abonné aux mises en jeu en zone offensive, va travailler principalement contre le duo défensif de Niklas Hjalmarsson et Johnny Oduya. La question ouverte est ici de savoir si on l’appuiera de Michal Handzus. On doit savoir que ce dernier joue présentement avec Brandon Saad et Patrick Kane, deux joueurs plus ou moins rompus aux tâches défensives intensives.

L’élément à surveiller, en fait, sur le plan des confrontations, me semble plutôt être la volonté des deux entraîneurs d’unir ou non leurs premiers centres à leurs défenseurs étoiles. Tant Keith/Toews que Kopitar/Drew Doughty ont ensemble travaillé sur de nombreuses mises en jeu en zone offensive. C’est là un luxe découlant du fait que les deux clubs ont, dans leurs demi-finales respectives, obtenu plus de mises en zone offensive qu’ils n’en ont accordé dans leur territoire. Ce levier tactique important, qui permet de rempiler sur l’adversaire sans pour autant pénaliser le reste de l’alignement, va disparaître pour au moins un des deux clubs, sinon les deux. Quelqu’un, quelque part, va devoir faire un choix qu’il n’a pas eu à faire jusqu’à présent. Ce peut être fait en envoyant des éléments plus médiocres prendre des claques dans des situations ingrates pour maximiser l’apport offensif des joueurs, où ce peut être fait en demandant à ces meilleurs éléments de jouer séparément, pour que certains aident le reste de l’équipe à se sortir du pétrin. Qu’importe le choix, le coût sera réel pour ces deux équipes qui ont jusqu’à présent lourdement misé sur la possibilité de donner des munitions supplémentaires à leurs meilleurs joueurs.

Au total, la plus grande profondeur au centre des Kings me semble être un avantage majeur. Kopitar et Toews vont s’entre-déchirer, mais les Blackhawks n’ont pas de réponse à apporter à Carter. Corey Crawford a connu une série du tonnerre contre Minnesota, mais Jonathan Quick n’a pas, au bout du compte, démérité contre les Ducks. Kings en 6.







Montréal vs New York : deux clubs similaires en surface

Un gardien étoile, un premier quatuor défensif de premier plan, quatre trios qui contribuent à l’attaque. Le modèle est le même, à Montréal comme à New York. Dans le détail, les choses ne sont évidemment pas aussi nettes.

Les quatre trios ne sont pas agencés de manière similaire. Les deux équipes en ont un que l’on dédie aux mises en zone offensive, mais si l’unité de David Desharnais, Max Pacioretty et Brendan Gallagher mérite d’être désignée premier trio, on ne peut en dire autant de celle constituée de Derick Brassard, Mats Zuccarello et Benoit Pouliot. Le quatrième trio des Rangers est une bestiole quelque peu unique, caractéristique des formations dirigées par Alain Vigneault. Dominic Moore, Derek Dorsett et Brian Boyle prennent une quantité phénoménale de mises en zone défensive, peu importe l’adversaire qui s’y pointe. Et peu importe l’adversaire, ils sortent la rondelle du territoire, Vigneault n’ayant pas hésité à les envoyer au boulot contre Sidney Crosby à l’occasion. C’est dire que contrairement aux Bruins qui devaient y consacrer systématiquement Patrice Bergeron, les Rangers n’ont pas nécessairement à mobiliser systématiquement un trio comme celui de Derek Stepan, Rick Nash et Chris Kreider (qui ont beaucoup joué contre Crosby) pour contrer le trio de David Desharnais. Plus précisément, ils n’ont pas à priver d’excellents éléments offensifs de mises en zone adverse sous prétexte de devoir coller à un trio qui ne s’y retrouve presque jamais. C’est un atout de taille. Si on ajoute à ça le trio de Brad Richards, Carl Hagelin et Martin St-Louis, c’est en fait trois trios offensifs que présentent les Rangers.

Le CH n’a pas ce genre de force de frappe distribuée sur l’ensemble de son alignement. Outre le trio de Desharnais, ceux de Lars Eller et Tomas Plekanec se partagent en fait la tâche de couverture des meilleurs éléments adverses. Eller, particulièrement, a émergé comme un pilier de l’équipe au cours de la série contre Boston, neutralisant David Krejci. La contribution de son unité sera encore une fois vitale, parce que si on demande encore à Plekanec de prendre beaucoup de glace contre les meilleurs éléments adverses et de mises en jeu en zone défensive, le Tchèque n’a pas eu son efficacité d’antan contre Boston. La cause est à chercher, tout bêtement, du côté de ses ailiers. Si Michael Bournival est redoutable en échec avant et si Thomas Vanek est le joueur de talent que l’on sait, la recrue est tout au mieux honnête dans son territoire, alors que l’Autrichien y est trop souvent passif au point d’y être une pure nuisance. C’est donc beaucoup de possibles points de rupture pour lesquels Plekanec doit, encore et encore, compenser. L’arrivée d’Alex Galchenyuk en cours de série est ici la carte cachée de Michel Therrien : on le verra certainement remplacer Bournival et la qualité de son tir en fera certainement une cible de choix pour les passes savantes de Vanek. Le trio de Daniel Brière sera probablement gardé en embuscade, mais on ne doit pas s’attendre à les voir très souvent.

La série pourrait bien se jouer autour de la capacité des deux équipes à exploiter les failles des quatuors défensifs. Ici, les Rangers semblent céder sur le plan de la profondeur. Dan Girardi et Ryan McDonagh sont un duo de leveurs de fonte ayant fait leurs preuves, mais les choses semblent devenir plus floues pour la suite des choses. Marc Staal et Anton Stralman prennent beaucoup de mises en zone défensive, ce qui indique une volonté absolue de protéger la troisième paire de défenseurs. Aussi, ce deuxième duo a éprouvé beaucoup de difficultés lorsque séparés de Derick Brassard (le centre qui prend beaucoup de mises en zone offensives), cumulant un différentiel de tirs de -29 avec Stepan et Richards, deux trios qui ont à jouer contre les meilleurs éléments adverses. Du côté du CH, on s’appuie lourdement et indifféremment sur les tandems P.K. Subban/Josh Gorges et Andrei Markov/Alexei Emelin. Ces quatre défenseurs sont également aptes à s’acquitter des besognes ingrates et les quatre le font en utilisant un style totalement différent, ce qui rend d’autant plus complexes les ajustements de l’adversaire. Markov et Emelin, entre autres, ont connu une association des plus fructueuse avec Eller. La faiblesse, ici, est à chercher du côté des hésitations du personnel d’entraîneurs à donner du temps de glace à Nathan Beaulieu sur la troisième paire. Si on le fait peu jouer, c’est alors Markov et surtout Gorges qui doivent faire du temps supplémentaire. C’est une proposition dangereuse, Gorges et Weaver étant tous deux des défenseurs efficaces, mais disposant de talents de passeurs médiocres. On les a donc vus à quelques reprises enferrés dans leur territoire, incapables de relancer l’attaque. La situation est d’autant plus risquée que le club joue constamment la longue passe à travers la zone centrale pour débloquer l’attaque, un jeu que ces deux défenseurs ne risqueront que rarement.

Le manque de profondeur en défensive des Rangers va finir par les exposer aux contre-attaques du CH. Montréal en 6.







Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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