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    Bouchard: Gaborik trouve sa place chez les Kings

    mercredi 2014-05-07 / 6:00 / Ducks vs Kings - Finales de section 2014

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard: Gaborik trouve sa place chez les Kings
    Bouchard: Gaborik trouve sa place chez les Kings

    Marian Gaborik aura connu une carrière en dents de scie. Sept saisons de 30 buts et plus (dont 2 de plus de 40 buts), mais aussi une réputation de joueur fragile. Âgé de 32 ans, après avoir été envoyé des Rangers de New York aux Blue Jackets de Columbus l’an dernier, on l’a vu prendre à la date des échanges le chemin de Los Angeles. Les Kings, formidable machine de possession de rondelle, peinaient à marquer à forces égales et voyaient de toute évidence en Gaborik un joueur susceptible de compléter leur centre vedette Anze Kopitar.

    Le profil d’un buteur

    Gaborik aura un impact immédiat sur la suite des choses à Los Angeles. Gaborik obtient 16 points (cinq buts 11 passes) en 19 matchs et son centre attitré, Kopitar, en obtient 18, dont 10 buts. Signe de l’engagement de Gaborik dans cette séquence heureuse, ce dernier obtient une mention d’assistance sur huit des 10 buts marqués par le Slovène en fin de saison. La chose a de quoi surprendre : si Gaborik s’est fait une réputation de buteur au fil des ans, Kopitar, lui, est considéré comme un fabricant de jeu. Et soudain les rôles s’inversent? Pas tout à fait. Dans un article s’attardant aux échanges de Martin St-Louis et de Gaborik publié au mois de mars, j’avais notamment évoqué le tableau suivant :

    Ce tableau utilise à la fois les tirs au but et les tirs manqués (mais pas les tirs bloqués) pour calculer les taux de réussite, l’idée étant d’avoir un plus grand nombre de tirs à partir duquel établir une moyenne. À l’échelle d’une équipe, les taux de conversion de tirs + tirs manqués en buts se situent généralement autour de 5 pour cent. On peut donc constater que Gaborik a presque toujours su maintenir des taux de conversion extrêmement élevés.

    Mais sa production offensive à proprement parler, soit le volume de tirs générés par tranche de 60 minutes jouées à 5-contre-5, semblait avoir souffert d’un déploiement moins exclusivement offensif au cours des 21 parties jouées en 2013-2014 avec les Blue Jackets. Il est intéressant de reprendre la dernière ligne de la composante « ratios » de ce tableau et de lui adjoindre les résultats obtenus par Gaborik à Los Angeles :

    Si Gaborik est de toute évidence sur une séquence heureuse depuis le début des séries éliminatoires, on peut quand même constater quel impact bénéfique une puissante équipe de possession de rondelle peut avoir sur un joueur de sa trempe. Ses ratios de tirs dirigés au filet par heure jouée sont en effet revenus à des niveaux comparables, sinon supérieurs, à ceux affichés lors de ses meilleures saisons. Que ce soit en secouant les cordages ou encore en mettant la table pour ses coéquipiers, on voit donc à quel point Gaborik s’est bien intégré à sa nouvelle équipe.

    Quel impact sur l’équipe?

    Si, à regarder les résultats, on peut déduire de tout ça que Kopitar s’est trouvé un sbire avec qui semer l’effroi parmi les défensives adverses, on doit quand même nuancer le portrait. Kopitar connaissait en effet déjà une excellente saison avant l’arrivée du Slovaque.

    Ces données concernent les seules statistiques cumulées par les Kings à 5-contre-5 lorsque Kopitar est sur la glace. On sait, de l’article cité plus haut, mais aussi par les données publiées en prévision de la première ronde, que Kopitar joue encore et toujours contre les meilleurs éléments adverses. Ce que le tableau ci-dessus nous indique par conséquent, c’est que malgré une variation normale des taux de conversion et d’arrêts, celui-ci a su donner tout au long de la saison un avantage territorial massif à son équipe, à un point tel qu’on reconnaît en lui un des grands joueurs défensifs de la ligue. À plus de 60 pour cent des tirs dirigés au filet, Kopitar est tout simplement dominant et si Gaborik n’a pas eu d’impact, c’est probablement parce qu’il n’est guère possible d’aller plus haut sur une période de 20 matchs et plus. Une fois le plafond atteint…

    C’est plutôt en observant la distribution des tâches à forces égales en séries éliminatoires qu’on peut mieux apprécier l’impact de Gaborik sur l’ensemble du club.

    Le tableau ci-dessus nous offre un aperçu des différentiels de tirs au but et de mises en jeu (zone offensive – zone défensive) pour les principaux attaquants des Kings depuis le début des séries éliminatoires. Si les différentiels de tirs donnent une idée du temps de possession, le différentiel des mises en jeu donne une idée du jeu des assignations territoriales et donc des rôles (défensifs ou offensifs) donnés à chacun.

    Il est impressionnant de voir à quel point les Kings, sur une série de neuf matchs disputés contre des équipes parmi les plus puissantes de la ligue, ont malgré tout su conserver un avantage territorial significatif sur leurs adversaires. Plus intéressant encore, les Kings affichent un large différentiel de mises en jeu en zone offensive, plus grand que l’avantage aux tirs (ce qui est inhabituel). Ça n’est pas un détail : chaque mise en jeu est une occasion pour l’entraîneur de décider qui continuera le jeu en fonction des adversaires et de l’emplacement de la mise. De générer ainsi des départs près du gardien adverse est un atout tactique important.

    On voit tout de suite comment Kopitar et Gaborik sont désormais joints l’un à l’autre. Cela permet à Darryl Sutter d’utiliser Justin Williams (longuement ailier attitré de Kopitar) avec Jarret Stoll et Mike Richards avec Kyle Clifford. On voit aussi (surligné en vert) comment Jeff Carter joue désormais le rôle d’homme à tout faire. Olympien, marqueur accompli dans la force de l’âge, ce caractère « flottant » de la position de Carter est une autre dimension par laquelle les Kings se donnent un avantage tactique. Les séries sont toujours le lieu de confrontations serrées entre trios et duos de défenseurs assignés les uns aux autres. En ayant ainsi Carter qui flotte d’un trio à l’autre, c’est un marqueur dangereux qui devient presque impossible à marquer.

    L’arrivée de Gaborik permet donc d’illustrer à quel point une équipe bien gérée, une des puissances de la ligue, peut user d’un joueur talentueux pour donner de l’espace à d’autres éléments plus polyvalents et aussi maximiser l’impact des meilleurs éléments du club. En plus de l’alliance Gaborik–Kopitar, la ligne bleue du tableau nous montre en effet comment, derrière les différentes permutations d’attaquants, on offre ainsi systématiquement à Drew Doughty l’opportunité d’étaler son savoir-faire en compagnie de joueurs talentueux.

    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

     

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