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    Bouchard : Montréal vs Boston, un affrontement serré à prévoir

    mercredi 2014-04-30 / 6:00 / Bruins vs Canadiens - Finales de section 2014

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard : Montréal vs Boston, un affrontement serré à prévoir
    Bouchard : Montréal vs Boston, un affrontement serré à prévoir

    La série de deuxième ronde de l’Association de l’Est entre le Canadien de Montréal et les Bruins de Boston qui s’amorce jeudi soir sera plus serrée que ce qu’on pourrait déduire des fiches respectives de ces deux clubs en saison régulière. Les victoires expéditives contre les Red Wings de Detroit et le Lightning de Tampa Bay nous ont permis de voir quels joueurs sont employés à quelles fins par les deux entraîneurs et on découvre que ces deux clubs ne sont pas tout à fait là où leur réputation les situe. Les Bruins sont une formidable machine de hockey réputée à faire son pain et son beurre par la robustesse et la profondeur de son alignement. Le Canadien? Avant les séries, on devait voir les chances de ce club de progresser comme étant intimement liées aux performances de Carey Price. Après la série contre Tampa, le tableau est plus nuancé.

    Boston

    Les Bruins misent sur quatre trios et trois duos de défenseurs stables. Ayant joué avec une avance confortable pendant le tiers de la série contre Detroit, on ne doit pas s’étonner de voir certains des meilleurs éléments des Bruins avoir des différentiels de tirs modestes sinon négatifs. Reste qu’en regardant la distribution des mises en jeu, on constate que Claude Julien s’appuie d’abord et avant tout sur le haut de son alignement pour arriver à ses fins. C’est à Patrice Bergeron, David Krejci et surtout à Zdeno Chara et Dougie Hamilton qu’il demande de couvrir les meilleurs éléments adverses et aussi de prendre les mises en zone défensive, Gregory Campbell prêtant main forte à Krejci dans ces situations.

    Bien qu’il ait pris 34 mises en zone défensive pour 20 en zone offensive en jouant 50 pour cent de son temps contre Pavel Datsyuk, Patrice Bergeron a terminé la série avec un différentiel positif aux tirs vers le filet. Encore plus sollicité (42 mises en zone défensive pour 17 en zone offensive), le grand Chara a quant à lui terminé avec un score légèrement négatif.

    Lorsqu’on ramène les assignations territoriales sur une base horaire, on comprend mieux à quel jeu s’est livré Julien contre Detroit.

    On voit ici à quel point le haut de l’alignement des Bruins est sollicité. Cette constante pression défensive explique les performances intéressantes du reste de l’alignement, qui n’a tout simplement pas beaucoup de responsabilités à prendre autre que celle de produire.

    J’attire quand même votre attention sur le cas de Krejci. Ce dernier a depuis deux ans maintenant revêtu les habits de deuxième centre des Bruins et on attend de lui un certain niveau de production offensive, ce qui fut fait en première ronde, malgré un déclassement sur les opportunités défensives. C’est un risque que Julien doit prendre avec ce trio parce qu’il a à compenser pour la perte de Chris Kelly. Si ce dernier revient en cours de série, Krejci et Jarome Iginla seront libérés de tâches défensives ingrates, et Milan Lucic, qu’on laisse de côté lorsque ça se corse en zone défensive, aura plus de temps de glace. Si Kelly reste sur la touche, ces opportunités offensives resteront entre les mains de Loui Eriksson, Carl Soderberg et Justin Florek. Ceux-ci ont fait un travail honorable en première ronde, mais je souligne qu’ils ont pour l’essentiel fait leur pain et leur beurre contre le duo de Jakub Kindl et Brian Lashoff. La distribution des tâches du côté montréalais pourrait leur amener une opposition plus coriace, le troisième duo de défenseurs de l’équipe jouant beaucoup, beaucoup moins que les deux premiers.

    Montréal

    On en a parlé plus en détail il y a une semaine, le CH a su disposer rapidement du Lightning en misant sur quatre trios aux tâches bien définies. Si la profondeur des Bruins fonctionne, c’est parce que l’extraordinaire combinaison Chara/Bergeron peut partir méthodiquement en zone défensive contre les meilleurs éléments adverses et tout de même finir avec un bilan positif en fin de match. La profondeur du CH s’exprime de manière plus classique : des comités de joueurs s’acquittent des tâches défensives et offensives et cette absence de hiérarchie forte rend difficile pour ses adversaires l’établissement d’un plan de match basé sur des confrontations homme à homme.

    En observant les seules mises en jeu, on constate en effet que le CH possède deux trios à vocation offensive et deux trios à vocation défensive. Ces deux derniers trios ne sont pas pour autant à négliger sur le plan offensif, on le sait. Le trio de Lars Eller a largement contribué à la production à forces égales alors que Tomas Plekanec et Brendan Gallagher, s’ils n’ont pas produit au même rythme, n’en ont pas moins démontré une capacité soutenue à coincer leurs adversaires dans leur zone.

    Du côté de la défensive, il est frappant de constater avec quelle similarité on déploie les deux premiers duos de défenseurs. Lorsqu’on regarde la distribution des mises en jeu sur une base horaire, la chose apparaît encore plus nettement.

    Les deux premiers duos prennent beaucoup de mises en jeu, peu importe la zone, ce qui indique qu’on cherche à les opposer aux meilleurs éléments adverses et aux situations dangereuses en général. À l’avant, la distribution des tâches est plus nette. Daniel Brière joue un rôle offensif d’appoint, alors que Plekanec et Eller se séparent équitablement les tâches défensives. Si Michel Therrien a donné beaucoup de mises en zone offensive à Eller (on cherchait clairement à profiter de la bonne séquence de ce trio), c’est quand même David Desharnais qui reçoit la plus forte poussée, obtenant carrément trois mises en zone offensive pour chaque mise en zone défensive obtenue. En fait, des neuf mises en jeu obtenues par Desharnais à forces égales (il a joué 60 minutes et des poussières) pas moins de cinq l’ont été suite à des dégagements refusés. C’est donc dire que Therrien, en quatre matchs, ne l’a envoyé prendre une mise en zone défensive qu’à quatre maigres reprises.

    Montréal-Boston

    Cette distribution des tâches n’est pas sans impact pour la suite des choses du côté de Boston. Si Julien souhaite opposer systématiquement Chara et un de ses deux premiers centres à Desharnais, il est dès lors entendu que ces joueurs n’obtiendront de départs en zone du CH que dans la mesure où Julien acceptera de les éloigner du trio offensif du CH. Lorsqu’on sait les dégâts accomplis par cette unité lorsqu’ils s’éloignaient du grand Victor Hedman en première ronde…

    Si on peut présumer qu’en début de série c’est Bergeron qui se collera à Desharnais, on doit alors comprendre que Krejci et Soderberg seront principalement opposés à Plekanec et Eller. Si Krejci, Lucic et Iginla sont capables de faire des dégâts lorsqu’on les laisse courir contre des fonds d’alignement, Eller et Plekanec ont démontré qu’ils pivotent des trios certes défensifs, mais aussi rompus aux vertus de la contre-attaque. Si tant est que le grand Chara n’y soit pas lorsque les rapides ailiers du CH détalent vers la zone des Bruins…

    Aussi, il sera intéressant de voir comment Julien compose avec le fait que Therrien ne braque pas ses duos de défenseurs contre des trios en particulier, mais plutôt contre des groupes de trios. Le coach de Boston a donné entre 15 et 18 minutes de jeu à forces égales à chacun de ses défenseurs réguliers contre Detroit, ce qui lui offre plus de liberté dans l’assignation du grand Chara aux tâches les plus difficiles. Therrien, au contraire, donne environ 20 minutes à forces égales à ses deux premiers duos de défenseurs. Bref, avant de tomber sur du personnel à utiliser de manière plus circonspecte, l’un a à optimiser une banque de 18 à 20 minutes de temps de glace à forces égales, l’autre une banque de 36 à 40 minutes. Si Chara n’a pas d’égal chez le CH, il y a, quelque part dans les moments où il n’est pas sur la glace, des séquences où le top-4 défensif du CH joindra ses efforts à ceux d’Eller ou Plekanec contre les trios de Krejci, mais surtout de Soderberg et Campbell.

    Si on doit considérer Rask et Price comme égaux, les Bruins disposent, dans cet affrontement, des meilleurs joueurs, tant à l’attaque qu’en défensive et ils ont un personnel de soutien susceptible de tirer profit de ce que ces meneurs laissent normalement derrière eux. Mais ces joueurs d’élite, Bergeron et Chara au premier plan, devront déclasser le CH en jouant sur le terrain de prédilection du trio qu’ils ont à couvrir. Julien n’a, en effet, pas d’homme de confiance à envoyer à leur place pour leur donner plus d’occasions offensives, du moins pas en l’absence de Kelly.

    C’est donc fort probablement entre les trios de Krejci et Soderberg d’un côté, Plekanec et Eller de l’autre, que la grande explication pourrait avoir lieu. L’avantage des Bruins sur le plan du personnel n’est alors plus aussi net, et la possibilité d’ajustements tactiques sera d’autant plus ardue que le CH ne semble pas intéressé à jouer le jeu des confrontations méthodiques. Le Canadien des séries n’est pas le Canadien de la saison régulière et, lorsqu’on y regarde de plus près, les Bruins semblent dangereusement dépendants d’un nombre restreint de joueurs.

    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

     

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