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    Bouchard: Le Canadien a dominé la possession de la rondelle face au Lightning

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard: Le Canadien a dominé la possession de la rondelle face au Lightning
    Bouchard: Le Canadien a dominé la possession de la rondelle et les chances de marquer face au Lightning

    À la surprise générale, le Canadien de Montréal a traversé le Lightning de Tampa Bay en quatre petits matchs. Alors que le Lightning avait, particulièrement en fin de saison, démontré être un club supérieur en possession de rondelle à forces égales, c’est le CH qui a dominé sur ce plan tout au long de la série. On pourrait soupçonner le Lightning d’avoir été victime des blessures, notamment lorsqu’on constate que le gardien Anders Lindback a été à deux reprises retiré du match, mais il n’est pas dit que Ben Bishop, blessé, aurait pu changer les choses. Le Canadien a, période après période, match après match, dominé son adversaire, essentiellement par le truchement d’un travail constant de contre-attaque.



    Si l’avantage aux chances de marquer à forces égales est particulièrement saisissant lorsque le score est serré, c’est dans la distribution des chances et des tirs qu’on retrouve les éléments saillants de ce qui a fait l’avantage du Canadien tout au long de la série. Lorsqu’on compare les performances du club contre le Lightning avec celles affichées en saison régulière, les contrastes pointent tous vers cette fameuse contre-attaque. Tout d’abord, on constate que le CH réussit à éviter les tirs bloqués par l’adversaire.



    Cette diminution de 26 à 22 pour cent des tirs bloqués sur le volume total de tirs tentés s’explique en partie par le fait que le CH a su, par sa protection de la zone centrale, déstabiliser le Lightning et profiter d’ouvertures béantes dans lesquelles s’engouffrer pour générer passes et tirs.

    On peut raffiner encore le trait en distinguant les chances de marquer survenues moins de trois secondes après une entrée de zone en possession de rondelle. Ce faisant, on isole celles des chances qui ont été générées par un travail en zone offensive de celles qui ont été le fruit d’une action en zone centrale. À considérer le tableau suivant, le CH génère le même nombre de chances « de zone » qu’en saison et en accorde trois de moins à l’heure, en accordant pourtant le même nombre d’entrées de zone à forces égales. Le volume élevé de tirs bloqués par la défensive explique en partie ces succès et on ne doit pas faire l’erreur de croire que ces performances peuvent être répétées ad nauseam.

    Pour ce qui est des chances générées en descente en zone offensive, le CH n’en accorde pas plus qu’en saison régulière, mais en génère presque deux fois plus. Pourtant, le nombre d’entrées de zone n’augmente pas énormément.




    On voit ici, je crois, un effet des choix tactiques opérés par le personnel d’entraîneurs du Canadien. L’équipe a pratiqué un échec avant agressif, mais elle a aussi et surtout constamment utilisé le « placement de rondelle » (forme noble et/ou scientifique du dompage de puck de nos aïeux) pour avancer sa position sur la glace. Parce que ça n’est pas qu’arrivé à la ligne bleue adverse que le Canadien se met soudainement à envoyer la rondelle là où personne ne se trouve. On a vu l’équipe user systématiquement des renvois de rondelle vers les zones inhabitées de la glace pour assurer la transition vers la zone offensive, mais aussi de la zone défensive vers la zone neutre. S’il y a modification du jeu d’ensemble de l’équipe au cours de cette série, il est donc plutôt à chercher du côté de la qualité d’exécution. Alors qu’en saison régulière on voyait souvent deux attaquants partir vers la zone neutre avant que la défensive n’ait le temps de lancer sa passe, les joueurs ont, contre le Lightning, été beaucoup plus disciplinés : c’est un seul attaquant qui se plaçait en retrait et les deux autres aidaient les défenseurs à se dépêtrer. Gros changement.

    Autre gros changement : le groupe d’attaquants n’est plus modelé selon un schème de trois trios d’attaques et un trio d’énergie, mais bien selon d’une manière beaucoup plus binaire. D’un côté, les trios offensifs de David Desharnais et Daniel Brière, appelés à exploiter les mises en territoire adverse et les fonds d’alignement. De l’autre, deux trios de contre-attaque, pivotés par Lars Eller et Tomas Plekanec, qu’on cherche à mettre en présence des meilleurs éléments adverses. Idem en défensive, Mike Weaver et Francis Bouillon tenant le fort contre les éléments moins dangereux, les deux autres duos se passant simplement le relais contre les meilleurs éléments adverses.

    Si Steven Stamkos était celui dont tout le monde parlait, c’est bien autour de Victor Hedman que s’est joué l’avantage du jeu à forces égales. Lorsque l’immense suédois était de garde, le CH n’arrive tout simplement pas à entrer en zone adverse en contrôle de rondelle et doit travailler ses chances à l’arraché. Lorsqu’il s’absente, les attaques montréalaises peuvent enfin s’activer. On constate dans le tableau suivant que si le trio de Desharnais, en accaparant la part du lion des mises en zone offensive, a en quelque sorte servi de paratonnerre. Lorsque le trio de Plekanec se pointe, souvent contre le pauvre Matthew Carle, les choses dégénèrent à vitesse grand V.



    On voit par ces tableaux comment Jon Cooper a constamment cherché à générer de l’attaque en divisant ses meilleurs éléments, usant tour à tour de Stamkos en zone défensive puis en zone offensive, tentant notamment d’user des dégagements refusés subis par la troisième paire de défenseurs du CH pour envoyer son as à exploiter la situation. La chose n’a jamais vraiment fonctionné et on voit bien à quel point c’est contre le fond d’alignement de Tampa Bay que le trio d’Eller, souvent appuyé des deux vétérans Rene Bourque et Brian Gionta, a pu faire son pain et son beurre. Par manque de profondeur, donc, le Lightning n’a pu jumeler ses meilleurs éléments. Une association systématique entre Hedman, Stamkos, Valtteri Filppula et Ryan Callahan aurait probablement fait de lourds dégâts, mais il n’était tout simplement pas possible de risquer la cassure totale pour le reste de l’alignement.





    Un dernier mot sur les confrontations entre trios. Si le trio de Desharnais a commencé la série en lion, comme je l’ai indiqué dans un résumé du troisième match, il semble que Thomas Vanek ait subi une blessure quelque part lors de la première période de la troisième rencontre et l’unité s’est alors effondrée. Le trio a concédé une chance de plus qu’il n’en a créé lors des deux derniers matchs, accordant notamment 13 entrées de zone en possession de rondelle à l’adversaire au cours du quatrième match contre seulement cinq crées. S’il est une ombre au tableau de cette série, elle est là. Mais encore, elle n’est pas bien sombre : si Vanek se remet à temps pour la prochaine série, les choses pourraient revenir au beau fixe. Malgré l’avantage de la patinoire au Lightning et les confrontations méthodiques à Hedman qui en découlaient, les trois compères avaient en effet affiché un ronflant différentiel de plus-12 aux chances de marquer au cours des deux premiers matchs.

    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

     

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