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Bouchard : un aperçu des huit séries de première ronde

mercredi 2014-04-16 / 10:28 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : un aperçu des huit séries de première ronde
Un bref tout d’horizon des huit séries de première ronde

Cette chronique propose un bref tout d’horizon des huit séries de première ronde s’amorçant aujourd’hui. Parce qu’il y a tant à dire et peu de temps, parce que, aussi, chaque lecteur s’intéresse à des éléments particuliers, j’ai choisi pour l’occasion une formule hybride. Je reprendrai pour chaque série le même modèle, soit un petit texte soulignant certains éléments à surveiller. À la suite de chaque texte, deux tableaux comparatifs, riches en informations, vous permettant d’approfondir votre compréhension du détail des forces en présence pour une série donnée. On se fie comme toujours sur des indicateurs éprouvés, soit le différentiel de tirs et taux de réussite à forces égales et sur les unités spéciales pour les statistiques d’équipes et, pour les individus, comparaison du temps en minutes dures, des zones de mises en jeu et du ratio de tirs au filet obtenus comme approximation du temps de possession. Les comparaisons côte à côte du personnel des équipes permet ainsi de mieux mesurer ce qui les distingue, en compétence comme en choix tactiques.

Parce qu’elles sont un reflet de l’état actuel des équipes, on utilisera les données des 18 derniers matchs disputés par chaque équipe.

Bruins de Boston contre Red Wings de Detroit

Malgré une saison misérable sur le plan des blessures subies à des joueurs clés, les Red Wings ont réussi à se hisser en séries. Toujours privés des services de Henrik Zetterberg et du grand Jonathan Ericsson, les Wings demeurent une équipe ayant fait fort bonne figure au temps de possession ainsi que sur les unités spéciales.

Seulement voilà, les Red Wings se mesurent à la meilleure équipe dans l’Est. Si les Bruins se tiennent parmi l’élite de la ligue depuis un moment déjà, c’est sans doute la meilleure édition de l’ère Patrice Bergeron-Zdeno Chara qui amorce sa marche vers la finale de la Coupe Stanley. Outre un taux de tirs aux buts accordés en désavantage numérique relativement élevé (et encore, la chose est compensée par les performances exceptionnelles de Tuukka Rask), les Bruins dominent sur tous les plans, appuyant leur domination sur une saison sensationnelle du trio de Bergeron et du tandem Chara/Dougie Hamilton. Les Red Wings, malgré le retour de Datsyuk et le génie tactique de Mike Babcock (Claude Julien n’est pas un pied de céleri non plus), auront besoin de quelques miracles pour survivre aux Bruins. Un retour en santé de Zetterberg, par exemple…


Canadien de Montréal contre Lightning de Tampa Bay

Du côté du Lightning, on a bien eu quelques frayeurs pour la présence d’Ondrej Palat, Valtteri Filppula et Victor Hedman, mais dans les trois cas, ces joueurs seront au poste. Le Canadien a quant à lui une équipe en santé, seul Travis Moen étant encore un cas douteux. Ben Bishop devient donc le principal point d’interrogation. Joueur d’impact, le géant est d’autant plus important qu’il est quelque peu difficile de voir dans Anders Lindback autre chose qu’un gardien substitut. Si le Lightning perd potentiellement son gardien partant pour une partie de la série, on doit souligner que Jon Cooper garde un atout dans sa manche : Kristers Gudlveskis, héroïque au cours de l’affrontement Canada-Lettonie lors du tournoi olympique, pourrait bien avoir sa chance.

Globalement, le Lightning semble avoir la main haute au temps de possession et sur l’avantage numérique, le Canadien ayant quant à lui l’avantage côté gardiens de but et, jusqu’à un certain point, en désavantage numérique. La question est de savoir si la phalange Josh Gorges/P.K. Subban/Tomas Plekanec, utilisée par exemple au début janvier pour neutraliser les Blackhawks de Chicago, saura tenir en joue Steven Stamkos. Aussi à surveiller avec une série qui s’amorce à Tampa Bay, l’affrontement entre le trio de David Desharnais et le tandem Filppula-Ryan Callahan, contre qui ils ont éprouvé de grandes difficultés lors du dernier affrontement en saison régulière.




Blue Jackets de Columbus contre Penguins de Pittsburgh

Les lecteurs assidus de cette chronique s’en doutent, cette série revêt pour l’auteur de ces lignes un intérêt particulier. Les Blue Jackets ont affiché au cours du dernier segment de la saison des statistiques qui n’ont rien à envier à celles des Penguins. En fait, ils ont obtenu un meilleur score au temps de possession et se distinguent aussi des meneurs de la division Métropolitaine par un désavantage numérique moins catastrophique.

Mais les blessures guettent ces deux équipes. Nick Foligno et R.J. Umberger sont amochés et Nathan Horton a vu sa saison prendre fin prématurément, privant les Jackets de 3 de leurs 9 meilleurs attaquants. Sachant que seul Malkin tarde à revenir au jeu du côté des Penguins, le coup pourrait être dur à encaisser. Les succès de Pittsburgh reposent en effet sur les performances exceptionnelles de leurs deux premiers trios ainsi que sur la capacité de Dan Bylsma à répartir les tâches ingrates entre Paul Martin et Kristopher Letang. Face à un adversaire qui perd la capacité de s’appuyer sur la profondeur de son alignement, les Penguins ont bon espoir de se débarrasser des Jackets. Évidemment, si un des deux défenseurs de pointe des Penguins s’effondre, ou si Evgeni Malkin tarde, les choses pourraient dégénérer rapidement.



Flyers de Philadelphie contre Rangers de New York

Deux clubs ayant connu des débuts de saison catastrophiques, mais s’étant depuis ressaisis. Deux clubs en pleine santé (seul Chris Kreider manque à l’appel chez les Rangers), aux performances somme toute similaires (seules les performances de Henrik Lundqvist à forces égales ressortent). Bref, tout est en place pour une longue et âpre série.

Plusieurs chemins mènent à des résultats similaires, la comparaison des groupes d’attaquants nous le démontre. Alain Vigneault aime utiliser un trio ultra défensif, bâti autour du géant Brian Boyle, pour prendre un maximum de mises en jeu en zone défensive et ouvrir le chemin à un groupe de huit attaquants doués offensivement. Ces derniers, tenus loin des tâches ingrates, mais utilisés à profusion, gardent la pression sur les défensives adverses.

Craig Berube compte plutôt sur deux centres leveurs de fonte, Claude Giroux et Sean Couturier. Ce dernier a pour tâche de couvrir les meilleurs éléments adverses et de prendre les mises en jeu importantes avec Giroux, à qui on demande aussi d’animer l’attaque en compagnie de Scott Hartnell et Jakub Voracek. Le troisième trio des Flyers est à vocation strictement offensive, Vincent Lecavalier et ses sbires prenant près de 60 pour cent de leurs mises en jeu en zone offensive.





Avalanche du Colorado contre Wild du Minnesota

Curieuse série que cet affrontement entre le Wild et l’Avalanche. De prime abord, le Minnesota semble avoir l’avantage sur le Colorado à forces égales sur la foi de sa profondeur défensive. Ryan Suter, Jared Spurgeon, Marco Scandella et Jonas Brodin sont en effet installés dans des patrons d’utilisation dont la stabilité laisse entendre qu’ils sont suffisamment compétents pour que l’entraineur Mike Yeo ne cherche pas à brasser la soupe en fonction des équipes affrontées. Cette stabilité contraste avec la défensive de l’Avalanche, essentiellement appuyée sur Erik Johnson et Jan Hejda, avec des résultats plus ou moins heureux. Ayant ces éléments en tête, la blessure subie par Hejda en fin de saison a de quoi inquiéter : sans lui, la brigade défensive de Patrick Roy semble dépourvue de repère stable.

C’est pourquoi on doit donner une réelle chance au Wild de surprendre l’Avalanche. Le fer de lance que forment les trios de Paul Stastny et Matt Duchene aurait normalement pu continuer à garder le Wild en joue, seulement voilà, Duchene aussi est tombé au combat. On ne peut parier sans arrière-pensée contre un talent aussi sensationnel que Nathan MacKinnon, mais à l’heure actuelle, son club, qui a basé son succès sur les performances de ses unités de pointe, semble en situation périlleuse.





Blackhawks de Chicago contre Blues de St. Louis

Une rencontre entre deux puissances de la ligue où les blessures pourraient jouer un rôle majeur. Du côté des Blues, David Backes, Patrik Berglund, Vladimir Sobotka et T.J. Oshie semblent amochés et Vladimir Tarasenko recommence à peine à patiner. Du côté des Blackhawks, ce sont Jonathan Toews et Patrick Kane au premier chef qui inquiètent les partisans. Au cours de la dernière section du calendrier, les deux clubs ont dominé leurs adversaires à forces égales et si les Hawks semblent avoir un avantage numérique plus productif, il aura à se buter au formidable désavantage numérique des Blues.

Le dernier affrontement entre ces deux clubs, remporté par les Hawks, a laissé entrevoir où Chicago pourrait bien trouver un avantage définitif sur l’adversaire. Les Blues ont tout au long du match peiné à traverser la zone neutre pour menacer sérieusement le gardien adverse, principalement parce que leurs attaquants voyaient leurs actions rapidement ennuyées par les défenseurs de Chicago, souvent dès la ligne du centre. Ce corps défensif extrêmement mobile et habile avec la rondelle constitue le socle de la puissance des Blackhawks et sa profondeur est probablement inégalée à l’échelle de la LNH, les deux premiers duos de défenseurs offrant des performances exceptionnelles contre les meilleurs éléments adverses.

Les Blues ont la réputation d’un club féroce en échec avant. Pour user de cet atout, encore devront-ils trouver le moyen de s’installer en zone ennemie avant que les Hawks n’aient sorti la rondelle.





Ducks d’Anaheim contre Stars de Dallas

Un duel où les Ducks semblent avantagés. Si les Stars ont un avantage numérique diablement productif, leur désavantage numérique est tout au mieux médiocre et leur jeu de possession de rondelle à forces égales semble franchement en retrait de ce que les Ducks ont accompli en fin de calendrier.

Il est intéressant de voir comment Lindy Ruff place ses pions à Dallas. L’essentiel de la poussée aux mises en jeu est consacré au trio de Tyler Seguin, Jamie Benn et Valeri Nichushkin qui ne convertissent pas la chose en avantage poussé au temps de possession. Lorsqu’on regarde du côté de la défensive, on voit qu’en fait Ruff semble surtout préoccupé par la nécessité de tenir les meilleurs éléments adverses entre les mains de ses quatre premiers défenseurs. Le tout ne semble pas permettre à un segment ou un autre de l’alignement de prendre avantage sur l’adversaire, ce qui laisse entendre que ce club, s’il a bien performé, n’en manque pas moins de profondeur et risque de souffrir lorsque braqué contre une formation plus aguerrie.

Les Ducks peuvent, sur ce point, compter sur un groupe d’attaquants plus versatiles, à commencer par le capitaine Ryan Getzlaf, mais aussi sur un troisième trio fort efficace, piloté par l’increvable Saku Koivu.





Kings de Los Angeles contre Sharks de San Jose

Un choc de titans digne d’une finale de la Coupe Stanley. Outre quelques joueurs de soutien chez les Sharks (Adam Burish et Raffi Torres), seule la blessure à Drew Doughty semble susceptible de peser dans la balance et, encore là, on peut soupçonner Los Angeles d’avoir joué de prudence. Ces deux formations sont dominantes, les Kings ayant l’avantage au temps de possession à forces égales, les Sharks possédant les meilleures unités spéciales. Il y a quelque chose de saisissant dans ce constat : celui des deux clubs qui, pour un aspect donné, traîne de la patte face à l’adversaire le fait parce qu’il n’y est qu’excellent au lieu d’être exceptionnel.

C’est le duel Joe Thornton-Anze Kopitar qui s’annonce comme morceau de choix de cette série. Deux trios de leveurs de fonte qui, dans les circonstances les plus difficiles, excellent systématiquement. La brigade défensive des Sharks semble en fait plus vulnérable que celle des Kings, mais le quatuor de pointe n’a rien à envier à personne.

C’est par pur égoïsme que je l’affirme : des confrontations de ce calibre sont trop rares pour qu’on puisse souhaiter autre chose qu’une victoire en sept matchs et deux clubs qui restent en santé jusqu’au bout.



Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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