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    Un Carey Price plus mature est au sommet de son art pour le Canadien

    Par Arpon Basu - Directeur de la rédaction LNH.com

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    Un Carey Price plus mature est au sommet de son art pour le Canadien
    Un Carey Price plus mature est au sommet de son art pour le Canadien

    Il fut un temps dans la vie de Carey Price où il croyait que rien de tout cela ne lui arriverait.

    Le gardien partant et sans l’ombre d’un doute joueur par excellence du Canadien de Montréal a vécu son lot d’expériences en sept saisons dans la LNH, dans une position qui pourrait être considérée comme celle avec le plus de pression de tout le sport professionnel.

    Montréal est une ville où rien d’autre que des performances exceptionnelles du gardien du Canadien ne sont tolérées, et le jeu de Price au cours de ces sept saisons n’a pas toujours été à la hauteur de ces standards élevés.

    Mais alors qu’il se prépare à mener le Canadien en séries éliminatoires de la Coupe Stanley contre le Lightning de Tampa Bay, Price semble avoir gagné le cœur des Montréalais, et avec raison.

    Il est un des meilleurs au monde à sa position, un médaillé d’or olympique qui fait partie des meneurs de la LNH aux chapitres du pourcentage d’efficacité et des victoires.

    « On parle probablement du meilleur gardien de la ligue en Carey Price », a déclaré l’entraîneur du Lightning Jon Cooper plus tôt ce mois-ci. « Alors tout commence par là avec eux en quelque sorte. »

    Et le parcours de Price a toujours suggéré que ce serait le cas.

    Sélectionné par le Canadien au cinquième rang lors du repêchage de 2005 dans la LNH, la route de Price jusqu’à Montréal a été parsemée de réussites. Élu joueur par excellence du Championnat mondial de hockey junior en 2007 et des séries éliminatoires de la Ligue américaine en 2007 pour avoir mené les Bulldogs de Hamilton jusqu’à la conquête de la Coupe Calder, Price s’est vu attribuer le rôle de gardien no 1 du Canadien en tant que recrue en 2007-08.

    Il a joué ce rôle jusqu’en 2010, quand Jaroslav Halak le lui a volé et a mené le Canadien à son plus long parcours en séries depuis sa dernière Coupe Stanley en 1993, une participation à la finale de l’Est avec Price qui regardait du bout du banc.

    Une fois que le Tricolore a été éliminé, Price s’est entretenu avec les journalistes pendant 45 minutes et a parlé ouvertement des leçons qu’il avait apprises en regardant ses coéquipiers connaître du succès en séries, expliqué à quel point ça l’avait rendu humble et à quel point ça lui avait appris la valeur du dur labeur.

    « Quand j’étais assis sur le banc, il y a une décision que j’ai prise », a répété Price cette journée-là. « Si les choses n’allaient pas fonctionner, ça n’allait pas être à cause d’un manque d’effort. »

    Quand il est rentré à la maison pour l’été, Price ne savait absolument pas s’il allait pouvoir appliquer ces leçons à Montréal. Sur le point de devenir joueur autonome avec compensation, Price a eu son entretien de fin de saison avec la direction et le personnel d’entraîneurs de l’équipe sans savoir s’il serait de retour l’année suivante, surtout si l’on considérait ce que Halak venait d’accomplir.

    Pendant deux semaines, Price a réfléchi de chez lui à Anahim Lake en Colombie-Britannique sur où s’en allait sa carrière, jusqu’à ce qu’un jour, le 17 juin 2010, son père Jerry lui a donné la réponse en lui annonçant la nouvelle pendant que Price était en train de se préparer un sandwich dans la cuisine.

    « J’ai cru après cette saison-là que ma carrière à Montréal pourrait être terminée », a mentionné Price à NHL.com la semaine dernière. « J’ai quitté pour l’été en pensant à toutes les choses qui pourraient arriver.

    « Évidemment, quand j’ai entendu la nouvelle [que l’allais rester], j’étais fou de joie. Je sens qu’ici, c’est l’endroit où je veux vraiment atteindre mon but ultime; gagner. Je ne pense pas qu’il y ait de meilleur endroit pour gagner qu’ici. Je pense que c’est au même niveau que le Canada pour gagner la médaille d’or. Il n’y a pas de meilleur sentiment de satisfaction que de ramener [la victoire] à la maison. »

    La relation de Price avec les partisans montréalais a été assez houleuse depuis le jour où le Canadien a décidé d’échanger Halak aux Blues de St. Louis pour Lars Eller et Ian Schultz. Il a été hué quand il a alloué quatre buts sur neuf lancers à son premier match pré-saison en 2010-11 et jusqu’à ce jour, malgré la myriade d’arguments qui prouvent que le Tricolore a pris la bonne décision, il y a toujours quelques partisans qui ne sont pas d’accord, et qui se demandent si Price a ce qu’il faut pour non seulement survivre à Montréal, mais y grandir.

    Et faire partie de l’élite.

    « Il a vécu tellement de choses depuis le début », a déclaré le défenseur du Canadien Josh Gorges, un des meilleurs amis de Price au sein de l’équipe. « Au départ c’était son comportement quand il jouait, qu’il ne travaillait pas assez fort et qu’il n’essayait pas assez fort. Tout le monde tentait de lui trouver des défauts. Si on perdait un match, c’était de sa faute. Si on perdait en séries, c’était de sa faute. Tout le monde blâme le gardien, et personne ne comprenait à quel point il était important dans le succès de cette équipe et cette organisation, et à quel point il était talentueux. »

    Price mérite une partie du blâme pour la façon dont il a été perçu dans le passé. Il a admis qu’il a laissé son succès et certains des charmes d’une ville comme Montréal le déconcentrer. Mais maintenant, à l’âge honorable de 26 ans, Price sait exactement ce qu’il doit éviter pour être en mesure de faire son travail à un niveau optimal.

    « C’est facile d’être entraîné dans un mauvais style de vie ici, il n’y a pas de doute, a dit Price. Il y a des gens dans cette ville, pas tout le monde, mais il y a des gens dans cette ville qui veulent se servir de toi. T’utiliser pour promouvoir quelque chose, ou juste t’avoir avec eux et c’est facile de se faire entraîner là-dedans.

    « Il y a définitivement un moment pour avoir du plaisir, c’est certain. Tu sors avec tes amis et tu passes du bon temps, mais tu dois choisir des moments. Tu dois réaliser qu’au final, tu es ici pour travailler, et si ça affecte ton travail… certains gars ne peuvent pas le faire. Certains gars peuvent le faire plus souvent sans que ça les affecte. Mais au final tu dois être en mesure de performer, et seul l’athlète lui-même sait ce qu’il doit faire pour y arriver. »

    Price a en effet performé, entre autres aux Jeux olympiques de Sotchi 2014, allouant trois buts sur 103 lancers pour aider le Canada à remporter l’or. C’était une performance qui pourrait se qualifier pour le statut d’élite, même si certains ont dit que ce n’était que le résultat de la tenue de l’équipe devant lui. Peu importe, le sentiment de gagner était une chose que Price n’avait pas expérimentée depuis la Coupe Calder en 2007, et pour quelqu’un qui a grandi comme un jeune gardien habitué de gagner, c’était bien de retrouver ce sentiment à Sotchi.

    « Il n’y a pas de plus grande satisfaction que d’être assis dans un vestiaire et de faire couler le champagne à flots avec des gars avec qui tu as travaillé vraiment fort et partagé une expérience unique, a évoqué Price. Ce n’est pas tout le monde qui a la chance de vivre ça. En tant qu’athlète, il n’y a pas de meilleur sentiment que ça, pouvoir s’asseoir à côté d’un coéquipier, prendre une grande respiration et apprécier tout ce qui se passe. »

    Mais il demeure que Price n’a toujours pas gagné une série éliminatoire depuis sa saison recrue, et tant qu’il ne l’aura pas fait, la poignée de sceptiques à Montréal et à travers la LNH continuera de croire qu’il n’est pas un gardien élite.

    Et Price ne pourrait pas moins s’en soucier.

    La plus grande différence entre le Price d’aujourd’hui et celui qui était sur le banc en 2010 est qu’il a appris à bloquer les distractions extérieures, les questions concernant son intensité, son désir ou son cœur, pour plutôt se concentrer sur son travail.

    Son nouvel entraîneur des gardiens Stéphane Waite a insisté auprès de Price pour qu’il mette 100 pour cent de son énergie dans son travail immédiat. Price avait tendance à laisser un mauvais but qu’il venait d’accorder l’affecter, en en allouant souvent un autre peu de temps après. Mis à part le fait que Price n’accorde plus de mauvais buts aussi souvent qu’avant, ça arrive très rarement aujourd’hui parce qu’il a fait l’ajustement psychologique de laisser le passé là où il doit être – derrière lui.

    « Je pense que je me suis fixé des objectifs tellement à court terme cette année que je finis par y aller un match à la fois et un tir à la fois, a mentionné Price. Simplifier tout ça aide vraiment à se concentrer et t’oblige à vivre le moment présent. »

    Une autre différence chez Price est la manière dont il communique avec les médias; et par extension, aux partisans. À la fin de la dernière saison, Price avait discuté ouvertement avec les reporters à propos de sa vie à Montréal et comment il ne quittait que rarement sa maison, même pas pour faire ses courses, et qu’il était comme un « hobbit dans son trou ».

    Price n’était pas en train de se plaindre de la situation, il ne faisait qu’émettre un fait par rapport à sa vie en disant qu’il préférait rester à la maison plutôt que sortir. Peu importe, ces 20 minutes avec les journalistes ont été disséquées et analysées pendant tout l’été, avec des gens qui se demandaient si le fait qu’à Montréal tous ses faits et gestes soient scrutés à la loupe n’avait pas fini par l’atteindre. D’ailleurs, quand Price est arrivé au camp d’entraînement en octobre suivant, il répondait encore à des questions à ce sujet.

    Price admet que depuis ce temps, il a pris la brillante décision de ne plus nourrir la bête des médias, accordant maintenant des entrevues intentionnellement fades pour éviter d’émettre tout commentaire qui pourrait prendre des proportions démesurées.

    « Oui, je sors le livre des clichés, a révélé Price. Ça semble toujours être la façon la plus simple de répondre aux questions. Il n’y a pas de controverse impliquée, pas de distractions pour les coéquipiers. En gros, ça simplifie tout simplement tout. »

    S’il y a un mot qui pourrait décrire la plus grande différence remarquée chez Price cette année, ce serait celui-là; simplifié. Il a simplifié son style de jeu devant son filet en devenant plus efficaces dans ses mouvements, il a simplifié son personnage publique, il a simplifié sa vie en général.

    Ç’a fonctionné jusqu’à maintenant, mais le plus gros test pour Carey Price version 5.0, ou peut-être même 6.0, demeure encore ce qui l’attend. C’est une situation qui n’est pas si différente de celle à laquelle il a fait face le 17 juin 2010, quand il était en train de se préparer un sandwich dans la cuisine chez son père et que son avenir est devenu clair.

    « Je savais que soit je restais, sois je partais, a dit Price. Alors j’étais assis là, il m’a annoncé la nouvelle et je me suis dit ‘OK, maintenant je sais ce que j’ai à faire’. »

    Quatre ans plus tard, alors qu’il est à l’aube d’une autre aventure en séries éliminatoires, il pourrait redire la même chose.

    Price sait ce qu’il a à faire, et s’il le fait, il va probablement laisser tous les doutes et les critiques auxquels il a fait face à Montréal derrière lui pour de bon.

     

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