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Bouchard : Une lumière rouge à propos de l’Avalanche du Colorado

dimanche 2014-04-13 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Une lumière rouge à propos de l’Avalanche du Colorado
Bouchard : Une lumière rouge à propos de l’Avalanche du Colorado

L’Avalanche du Colorado met ces jours-ci la touche finale à une saison au-delà des plus folles espérances de ses amateurs. Club jeune et désarticulé, ils ont terminé avant-derniers au classement général l’an dernier et, ayant gagné la loterie du repêchage amateur, se sont vus récompensés de leurs épreuves par la sélection du formidable Nathan MacKinnon. Arrivé en ville au cours de l’été en compagnie de Joe Sakic, Patrick Roy prenait donc les rênes d’une équipe en reconstruction et les résultats sont probants. L’Avalanche, après quelques années de vaches maigres, est-il redevenu un club de pointe dans la LNH?

Rien n’est moins sûr.

On constate, à l’examen de la part des tirs obtenus par les joueurs du Colorado à forces égales depuis le début de la saison, que le club n’est ni à même de se tenir au-delà du seuil de respectabilité des 50 pour cent, ni en mesure d’améliorer son sort alors que la saison avance.

Ce déclin, toujours plus manifeste, est une lumière rouge au tableau de bord de l’organisation. Si étincelants soient les jeunes talents du Colorado, l’adversaire contrôle manifestement la rondelle plus souvent qu’à son tour. Les succès du club s’expliquent en bonne partie par l’opportunisme remarquable de ses francs-tireurs ainsi que les succès constants de ses gardiens de but. Sachant que la moyenne de réussite sur tirs au but, ajoutée au pourcentage d’arrêts des gardiens de but, donne à l’échelle de la ligue un total de 100 pour cent, il est intéressant de constater que l’Avalanche a connu tout au long de la saison beaucoup de succès aux pourcentages.

Cet opportunisme se traduit, dans les faits, par une production robuste à forces égales ayant permis de gommer des déséquilibres pénibles sur les unités spéciales en début de saison. Si la production à forces égales a depuis périclité, le rehaussement relatif des unités spéciales permet à l’équipe de survivre après les fêtes.

Mais cette réussite constante aux pourcentages reste difficile à expliquer par ces seules données. L’Avalanche, sous la tutelle de Roy, a-t-elle trouvé une façon de « décrocher » des normes de la ligue? A-t-on, par des choix tactiques, trouvé le moyen de rehausser le taux de réussite des marqueurs et comprimer celui des adversaires?

Encore là, rien n’est moins sûr.

Les données disponibles pour tester ces hypothèses sont presque inexistantes, mais on peut néanmoins revenir sur un élément souligné dans cette chronique en début de saison. Une quantité importante de buts sont marqués sur des rebonds, soit des tirs survenus trois secondes ou moins après une première tentative de tir, le taux de réussite passant alors de 7 pour cent à 24 pour cent à 5-contre-5 pour la saison en cours. L’Avalanche réussit-elle à tenir sur ce point un avantage sur ses adversaires? Pas vraiment.

À l’échelle de la saison, l’équipe affiche un déficit d’une quinzaine de rebonds, une différence attendue de trois ou quatre buts. Si tant est que les performances de marqueurs (9 pour cent de taux de conversion sur l’année, un bon point de pourcentage au-delà de la norme de la ligue) et des gardiens (Semyon Varlamov, premier portier du club, affiche un taux d’arrêts de 10 points supérieur à ses moyennes en carrière à ,927 sur la saison actuelle contre ,917 précédemment), il est donc risqué d’y chercher une raison tactique et donc reproductible à long terme.

En regardant de plus près l’alignement de l’Avalanche, on constate en fait que le club présente tout à fait le profil d’une équipe en reconstruction.

La défensive

Considérons nos trois tableaux usuels pour mieux comprendre la distribution des tâches au sein de la défensive. Par tranches de 20 matchs, on a les assignations à couvrir les meilleurs éléments adverses (la part de temps de glace en « minutes dures »), la distribution des mises en zone offensive et finalement le différentiel de tirs affiché par l’équipe comme indication du temps de possession de rondelle.



Roy travaille avec une défensive peu expérimentée qui repose lourdement sur deux vétérans aux états de service respectables, mais sans grands éclats. Jan Hejda et Erik Johnson sont de toutes les missions : attitrés aux couvertures difficiles et recalés en zone défensive, ils affichent des temps de possession passablement médiocres. On voit aussi que leur sacrifice est d’abord et avant tout au profit du jeune Tyson Barrie et du vétéran Nate Guenin. Malheureusement pour l’Avalanche, ce deuxième duo ne semble pas à même de pousser l’équipe avec constance vers la zone offensive, et ce malgré un avantage territorial conféré par les mises en jeu. Le surplus de tâches défensives qui en découle est donc épongé par la troisième paire; André Benoît et Nick Holden ont, tour à tour, connu de bons moments. On constate qu’en première moitié de saison, Hejda et Johnson semblent capables d’encaisser suffisamment pour permettre aux autres de faire leurs frais, mais tout ça s’effondre graduellement en deuxième moitié de saison. Reste que les succès relatifs du jeune Barrie sont encourageants; au-delà des statistiques ronflantes (13 buts, quand même), il tient son bout au temps de possession.

Les attaquants

C’est sur le groupe d’attaquants du Colorado que reposent les succès actuels et les espoirs futurs de la franchise, la défensive n’ayant, outre Barrie, que peu de joueurs d’impacts en vue.



On retrouve dans le groupe d’attaquants une approche similaire à celle des défenseurs. Roy s’appuie entièrement sur son « top-6 » et, outre John Mitchell, ne laisse personne des deux derniers trios s’approcher inutilement des adversaires les plus coriaces. Mitchell, en fait, apparaît ici comme soupape défensive, notamment pour le jeune MacKinnon en début de saison. Roy a depuis décidé de lancer son surdoué dans les eaux plus profondes et les résultats ne sont pas nécessairement à l’avenant pour le trio Paul Stastny/Gabriel Landeskog/MacKinnon, du moins au temps de possession. Mais ce braquage en zone défensive et contre les meilleurs éléments adverses semble bel et bien avoir ouvert le chemin au trio de Matt Duchene, Jamie McGinn et Ryan O’Reilly, qui affichent depuis 20 matchs de fort bons ratios au temps de possession.

Le réel problème de l’Avalanche apparaît ici clairement : bien que relativement protégé, le fond de l’alignement coule comme une roche. Considéré parallèlement à la composition actuelle de la défensive, on comprend alors quels dangers guettent l’Avalanche en séries éliminatoires : une équipe disposant d’une certaine profondeur peut leur faire très mal, les séries 4-de-7 étant propices au déroulement de duels serrés entre différents trios. On constate que Roy fait encore beaucoup jouer MacKinnon à l’aile; si les choses déraillent en première ronde, sera-t-il tenté de l’envoyer animer le troisième trio, créant ainsi un troisième point de pression manquant présentement cruellement à l’attaque de l’Avalanche?

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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