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Bouchard : une année faste pour les adolescents d’impact

mercredi 2014-04-09 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : une année faste pour les adolescents d’impact
Les joueurs amenés dans la grande ligue à un si jeune âge étant extrêmement rares, on devine que ce sont des talents dont on espère un impact offensif immédiat.

On parle souvent, dans les cercles d’amateurs de statistiques, de l’ère « behind the net ». Expression obscure s’il en est une, elle désigne une période qui commence avec la saison 2007-08, marquée par la mise en place des collections de statistiques encore en vigueur à ce jour dans la LNH. Le niveau de détail fourni pour chaque match permet ainsi de calculer une foule d’indicateurs, allant des ratios de mises en jeu à l’évaluation de la qualité des adversaires affrontés, permet donc de comprendre ce qui se passe à un niveau jamais atteint au paravent. Parce que le site Behindthenet.ca a été le premier (et est encore un des seuls) à utiliser et codifier ces données, on parle donc, un peu à la blague, de l’ère « behind the net. »

Au cours de cette ère, si on en croit le moteur de recherche de Hockey Reference, exactement 67 joueurs ont disputé au moins 11 matchs au cours de leur première saison tout en n’ayant pas encore 20 ans. Treize de ces joueurs avaient 18 ans et, si on enlève Stefan Matteau (17 matchs) et Mikhail Grigorenko (25 matchs), c’est en fait 11 joueurs qui ont disputé leur première saison complète à 18 ans au cours de cette ère. Fait exceptionnel, trois de ces joueurs ont fait le saut au cours de cette saison, soit Nathan MacKinnon, Valeri Nichushkin et Aleksander Barkov.

Les joueurs amenés dans la grande ligue à un si jeune âge étant extrêmement rares, on devine que ce sont des talents dont on espère un impact offensif immédiat. La chose se reflète dans le temps de jeu que l’on donne à ces recrues.


Sachant qu’un joueur de top-6 joue de 12 à 15 minutes par match à 5 contre 5, qu’un joueur de 3e trio joue environ 10 à 11 minutes et que bien souvent les joueurs de 4e trios peinent à percer le plafond des 8 minutes par match, on voit à quel point ces jeunes espoirs sont utilisés. À l’exception de Steven Stamkos et d’Alex Galchenyuk, tous ont obtenu un temps de glace de top-6, Ryan Nugent-Hopkins et MacKinnon ayant même atteint un niveau d’utilisation similaire à Zach Bogosian.

Ce dernier, un défenseur, n’est évidemment pas à évaluer sur la même échelle. Pour y aller simplement : une équipe dispute normalement 45 minutes à 5 contre 5. La première paire de défenseurs joue environ 17 minutes, la deuxième 15 minutes et la troisième 13 minutes. À 14,6 minutes par match, le temps de glace de Bogosian à forces égales est celui d’un défenseur oscillant autour de celui d’un défenseur de deuxième paire.

Evander Kane et Bogosian, tous deux envoyés au front lors des années noires des Thrashers d’Atlanta, sont d’ailleurs deux des trois recrues ayant eu à cumuler un rôle significatif en désavantage numérique, le seul autre joueur ayant ces missions étant Ryan O’Reilly. Le caractère distinctif des rôles attribués à chacun est mieux illustré par le degré d’adversité qu’on leur a demandé d’affronter ainsi que ce qu’ils ont réussi à produire dans ces circonstances. Encore ici, on s’attardera aux performances à forces égales.



Kane, Bogosian et O’Reilly ressortent encore ici, étant les trois joueurs ayant eu à prendre un nombre important de mises en jeu dans leur territoire. La charge de travail de Kane est moins lourde d’un strict point de vue territorial, mais son coefficient d’adversité (en gros : la capacité relative de ses adversaires à performer par rapport à leurs propres coéquipiers) est beaucoup élevé. Si le ratio de tirs générés à l’heure par Kane laissait déjà entrevoir un excellent ailier de puissance, on voit que, relativement à son club, il sous-performait au temps de possession, alors que son coéquipier Bogosian avait fait beaucoup mieux à ce niveau un an avant.

Sont surlignés en vert les trois joueurs s’étant vu confier un rôle plus offensif. Aucun des trois larrons de 2013-14 ne se situe donc dans ces deux catégories. Barkov, Nichushkin et MacKinnon sont tous trois exposés à un bon niveau d’adversité et ne sont pas particulièrement protégés par leurs entraîneurs respectifs. De plus, les trois sont capables de prendre ce qu’on leur donne et de le traduire en des minutes de possession de rondelle, chaque joueur aidant son équipe à surperformer au différentiel de tirs lorsqu’il est sur la glace. MacKinnon apparaît ici déjà comme un joueur capable de générer un fort volume de tirs au but (les bons centres de top-6 se tiennent généralement entre 10 et 12 tirs tentés à l’heure et les meilleurs ailiers poussent souvent au-dessus de 15 tirs tentés à l’heure). Barkov, celui des trois qui génère le moins de tirs sur une base individuelle, est aussi celui des trois qui performe le mieux au temps de possession.

Ayant considéré ces différents indicateurs, il devient encore plus intéressant de comparer la production de ces différents joueurs à forces égales et en avantage numérique.



C’est bien entendu la saison de Jeff Skinner qui ressort en premier. Quarante-cinq points et surtout 25 buts à forces égales sont des niveaux dignes de joueurs de premiers trios. Je souligne que les taux de conversion affichés dans le tableau ci-dessus sont ceux de l’équipe lorsque le joueur est sur la glace et non pas celui du joueur lui-même, contrairement au tableau précédent. Un taux de conversion supérieur à 10 pour cent est généralement considéré comme élevé et on comprend, à regarder la fiche de Skinner, que ses performances en ont profité. Mais lorsqu’on ajoute à ce tableau le fait qu’il cumulait déjà plus de 13 tentatives de tirs à l’heure, on voit bien que le jeune attaquant des Hurricanes avait déjà réussi à se trouver une niche.

Avec 43 points à forces égales, les performances de MacKinnon sont tout simplement étincelantes. Le fait d’avoir cumulé ces points à forces égales alors que son équipe affiche un taux de conversion élevé (mais pas exagéré) laisse entendre que sa production offensive est légitime et moins susceptible de varier énormément que celle, par exemple, de Nugent-Hopkins. Bénéficiant d’un taux de conversion exceptionnel sur le jeu de puissance, ce dernier a cumulé 6,5 passes par heure de jeu de puissance à sa première saison et 4,4 à sa deuxième; un ratio toujours excellent, mais un débit total beaucoup moins important.

La classe de 2013-14 est donc composée d’un joueur qu’on attendait et qui ne déçoit pas en Nathan MacKinnon. La comparaison avec ces autres joueurs qui ont, ces dernières années, fait la LNH à un tout jeune âge nous laisse par contre entrevoir que ses deux collègues ont eux aussi contribué largement aux succès de leur équipe en y occupant un rôle important. C’est de bon augure pour les amateurs de l’Avalanche du Colorado, des Panthers de la Floride et des Stars de Dallas.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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