Nous avons mis à jour nos Conditions d'utilisation et notre Politique de confidentialité.  En continuant d'utiliser les services en ligne de la LNH, vous acceptez ces documents mis à jour et l'arbitrage de différends.
Bienvenue |Compte|Déconnecter 
NOUVEAUTÉ! SE CONNECTER AVEC VOTRE PROFIL DES MÉDIAS SOCIAUX
OU
Nom d’utilisateur ou courrielMot de passe
 

Bouchard: Comment expliquer l'effondrement soudain des Sénateurs

dimanche 2014-03-30 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

Partagez avec vos amis


Bouchard: Comment expliquer l'effondrement soudain des Sénateurs
Bouchard: Comment expliquer l'effondrement soudain des Sénateurs

J’expliquais, dans une chronique publiée à la fin janvier, en quoi les Sénateurs d’Ottawa constituaient à mon sens une équipe à surveiller dans la course aux séries. Les Sénateurs se sont depuis complètement effondrés et vivotent en fond de classement. Que s’est-il passé?

La chronique de janvier se basait sur une comparaison des tendances affichées par certains clubs avec qui Ottawa bataillait pour un poste dans le tournoi d’après-saison, soit les Maple Leafs de Toronto, les Red Wings de Detroit et le Canadien de Montréal. Ajoutons à ces équipes les Blue Jackets de Columbus, les Flyers de Philadelphie et les Devils du New Jersey et observons ce qui s’est passé, côté classement, depuis lors.

La chute des Sénateurs est frappante: en 20 matchs, ils affichent un différentiel de moins-20 au chapitre des buts, en comparaison au moins-18 qu’ils démontraient en 52 matchs lors de la première séquence! Impossible, dans ces conditions, de tenir le rythme avec les autres équipes, mais ce total est trompeur. On constate en effet que le Canadien, premier club aux points lors des deux séquences, est loin d’afficher le meilleur différentiel de buts, alors que les Flyers et les Leafs ont connu de bonnes premières séquences malgré de mauvais différentiels, pour ensuite s’effondrer ou au contraire décoller. Bref, au-delà du différentiel, on doit regarder du côté de la distribution des buts accordés pour trouver un début d’explication aux déboires des Sénateurs.

J’ai choisi de faire ressortir trois éléments en particulier dans ce tableau. En premier lieu, la discipline (en écriture rouge) est pour Ottawa un enjeu d’importance. On constate en effet que l’écart entre le temps passé en avantage numérique et en désavantage numérique s’est creusé lors de la deuxième séquence de matchs, ce qui augmente par conséquent le déficit cumulé aux buts sur les unités spéciales, qui passe de moins-6 en 52 parties jouées à moins-7 en 20 parties jouées, et ce malgré un maintien du taux de conversion sur le jeu de puissance ainsi qu’une augmentation de l’efficacité des gardiens en désavantage numérique.

Ensuite, les situations exceptionnelles que sont le 4-contre-4 et les séquences avec un filet désert (surlignées en vert) ont vu une augmentation dramatique du déficit de buts: alors que les Sénateurs marquent 12 buts et en accordent 10 au 25 janvier, ils ont depuis marqué quatre buts contre 14 accordés. C’est dire que du déficit de 20 buts enregistrés depuis le 25 janvier, la moitié découle directement de séquences de jeu représentant au total sept pour cent du temps de jeu.

Enfin, les performances des gardiens de but à 5-contre-5 (surlignées en bleu) se sont fortement détériorées. Assiste-t-on ici à une variation usuelle des performances des gardiens de but, une mauvaise séquence en quelque sorte? Ou est-ce que des changements tactiques apportés à forces égales ont exposé ces mêmes gardiens à un plus grand nombre de tirs de qualité? Les deux gardiens réguliers des Sénateurs, Robin Lehner et Craig Anderson, œuvrent sous les ordres de Paul Maclean depuis que ce dernier a pris les commandes du club en 2011-12. Anderson, aujourd’hui âgé de 32 ans, a cumulé un taux d’arrêts à forces égales de 0,925 en 135 matchs, alors que Lehner, âgé de 22 ans, a affiché un pourcentage d’efficacité à forces égales de 0,921 en 49 matchs. Ces données me portent à croire qu’on est ici en présence d’un passage à vide malheureux, les entraîneurs changeant rarement leur système de jeu en pleine saison.

J’indiquais, dans ma chronique de janvier, en quoi les Sénateurs constituaient un club dangereux dans la mesure où ils avaient depuis le début de la saison affiché une réelle capacité à avoir l’avantage des tirs au but à forces égales, signe d’une équipe qui contrôle le jeu. Cette tendance s’est confirmée depuis le 25 janvier. Le prochain tableau, passablement long, situe les performances des Sénateurs à 5-contre-5 par rapport au reste de la LNH au cours des deux périodes utilisées. Ces performances sont importantes dans la mesure où elles nous informent de la capacité d’un club à contrôler le jeu dans une situation qui représente, au bout du compte, environ 75 pour cent d’une saison de la LNH.

Les Sénateurs et les Devils offrent ici un parallèle intéressant. Ces deux clubs ont démontré tout au long de la saison une capacité soutenue à garder l’avantage territorial, mais ont vu cet avantage torpillé par les performances de leurs gardiens de but. L’importance de bonnes performances des gardiens est ici pleinement illustrée. Le meilleur club de la LNH au temps de possession de rondelle, les Kings de Los Angeles, génère 58 pour cent des tirs tentés au cours d’un match. À l’échelle des 73 matchs disputés par Los Angeles au moment d’écrire ces lignes, on parle ici d’un avantage d’un peu moins de cinq tirs par match, une trentaine de buts à l’échelle d’une saison. C’est énorme, mais c’est aussi un avantage qu’une équipe de gardiens aux performances déficientes peut rapidement gommer.

Sur 1444 lancers accordés par les Kings, si le taux d’arrêts affiché par les gardiens est de 0,925, on parle alors de 108 buts accordés. Si ce taux passe à 0,915 (la moyenne de la LNH), c’est plutôt 123 buts. L’avantage conféré par le contrôle du jeu est alors coupé de moitié. Aucun club ne peut survivre à des taux d’arrêts affichés par les gardiens d’Ottawa cette saison.

Notons aussi comment la chute au classement des Maple Leafs n’a même pas à voir avec une variation importante des taux affichés dans ce tableau. Le fait d’accorder une quantité astronomique de tirs au but les a tout simplement rattrapés.

Pour conclure sur les Sénateurs, on doit, lorsqu’on évalue la saison d’un club, s’attarder au caractère historique des performances affichées. Les meneurs de jeu des Sénateurs parmi les attaquants (Kyle Turris, Clarke MacArthur, Jason Spezza, Mika Zibanejad, Bobby Ryan et même Zack Smith, dans un rôle défensif facile à sous-estimer) sont tous dans la force de l’âge et la défensive, autour d’Erik Karlsson et Cody Ceci, s’appuie encore ici sur du talent jeune. Anderson vient-il de « frapper le mur », à 32 ans? C’est possible, mais même s’il a bel et bien régressé, tout porte à croire qu’il demeure supérieur à ce qu’on a vu de lui au cours de la présente saison, et le jeune Lehner a encore du temps à faire avant d’atteindre son plein potentiel.

C’est une saison décevante qui s’achève pour les partisans des Sénateurs, mais lorsqu’on y regarde de plus près, la fondation du club est saine et la patience est de mise. Contrairement à d’autres équipes enterrées dans d’immenses projets de reconstruction, les Sénateurs, tel qu’ils sont présentement construits, sont susceptibles de revenir forts dès l’an prochain.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

La LNH sur Facebook