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    Bouchard : l’arrivée de Vanek aidera le Canadien à plusieurs niveaux

    mercredi 2014-03-05 / 21:33 / LNH.com - Date limite des transactions 2014

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard : l’arrivée de Vanek aidera le Canadien à plusieurs niveaux
    Bouchard : l’arrivée de Thomas Vanek aidera le Canadien à plusieurs niveaux

    Après un mouvement mineur en début de journée mercredi (Devan Dubnyk contre considérations futures), le Canadien de Montréal a fait l’acquisition d’un des joueurs les plus convoités à la date limite des échanges, l’Autrichien Thomas Vanek contre le jeune espoir Suédois Sebastian Collberg ainsi que le choix de deuxième ronde en 2014 du CH, conditionnel à la participation de Montréal aux séries de fin de saison.

    Ce que les Islanders obtiennent

    Un choix de deuxième ronde en 2014

    Le choix du Canadien est fort alléchant pour un club en reconstruction comme les Islanders. Présentement logé au 10e rang au classement général et sept points devant le club de 9e place dans l’Association de l’Est (les Red Wings de Detroit), le CH est fort bien placé pour participer aux séries. Aussi, un choix de deuxième ronde représente une chance non négligeable d’obtenir à terme un joueur utile à son équipe. Il est utile de revenir à cet effet sur le graphique que nous avions produit pour expliquer l’échange amenant Mike Weaver à Montréal.

    Si les chances d’obtenir un joueur régulier sont bien moindres qu’en première ronde, c’est quand même le tiers des joueurs repêchés en deuxième ronde qui parviennent à obtenir au moins 82 matchs dans la LNH par la suite et plus de la moitié qui passent par la LNH.

    Sebastian Collberg

    Jeune ailier talentueux, Collberg semblait éprouver quelques difficultés dans son cheminement depuis un an. Nuançons immédiatement le propos; Collberg joue pour le club Frölunda dans la Ligue de Hockey de la Suède, probablement la ligue la plus compétitive de la planète après la LNH, comme on l’a souligné en ouverture du tournoi olympique. Reste que Collberg, si on se fie aux données publiées sur HockeyDB.com, n’est que 16e marqueur de son club, quatrième parmi les joueurs de moins de 21 ans. De même, ses performances aux derniers championnats juniors ont été quelque peu en retrait de celles de ses autres coéquipiers (un point par match, quand même). Reste que, comme le soulignait l’excellent Corey Pronman l’été où le CH l’a repêché, le flair offensif est bien réel. Si le petit Suédois perce, il va marquer, une denrée toujours rare dans la LNH. Privés de John Tavares, les Islanders étaient condamnés. Ils ont donc forcément pris le pari de l’avenir et ce sont bien deux paris de deuxième ronde (Collberg ayant été repêché au 33e rang par Montréal) qu’ils ont choisi de prendre en échange d’un joueur qui n’était pas intéressé à signer pour eux.

    Ce que Montréal obtient

    Thomas Vanek

    Vanek est un marqueur que Montréal a obtenu, au bout du compte, pour un coût relativement modeste. Le fait est qu’il n’est pas vraiment acquis qu’il soit intéressé à signer avec Montréal lorsque son contrat prendra fin au terme de la présente saison. Et si Vanek est un joueur très talentueux, il ne fait pas pour autant partie de l’élite de la ligue; au total, depuis le début de la saison 2007-08, il se situe autour du 30e rang des meilleurs pointeurs, tout dépendant de la façon de classer les joueurs. Sa durabilité lui permet d’être 27e au nombre de points brut, en ratio point/matchs, il est plutôt 31e. Bref, un bon ailier de 1er trio.

    À forces égales, si on considère les coefficients affichés relativement à son équipe ainsi que les ratios de tirs et de mises en jeu qu’il a obtenus sur la même période, on constate que Vanek est d’une grande régularité :

    On voit que Vanek n’a pas toujours été un joueur de pures « minutes dures » et qu’il a généralement été soumis à de larges doses de mises en jeu en zone offensive. Il ne produit pas des quantités extraordinaires de tirs au but. Les tirs dans le tableau ci-dessus comprennent les tirs et les tirs manqués et les attaquants les plus productifs peuvent monter au-dessus de 15 tirs à l’heure, certains frôlent même le ratio de 20 tirs / heure. Au taux de conversion, par contre, il génère constamment des taux de réussite individuelle qui tournent autour de 9 pour cent, ce qui est excellent (les bons attaquants montent rarement au-dessus de 7 pour cent de taux de conversion lorsqu’on considère les tirs manqués).

    Deux autres données, en continuité avec ce qu’on voit ci-dessus. Son équipe a converti 10,8 pour cent des tirs en buts lorsqu’il est sur la glace cette saison, un ratio fort élevé, mais qui reflète son aptitude personnelle à faire bouger les cordages.

    De plus, Vanek a obtenu, cette saison, des points à 5-contre-5 sur 71 pour cent des buts marqués par son équipe lorsqu’il est sur la glace, ce qui est élevé, mais pas hors normes pour un joueur offensif (on voit généralement les bons attaquants osciller entre 60 et 70 pour cent).

    On doit comprendre de ces différents éléments que si Vanek a cette saison connu beaucoup de succès offensifs (il frôle le top-20 des marqueurs à forces égales), c’est parce qu’on l’a utilisé pour qu’il produise et non pas parce qu’il a été favorisé par dame chance.

    En fait, c’est surtout en avantage numérique que Vanek semble avoir éprouvé des difficultés, avec seulement 16 points obtenus. Or, il semble bien que ce soit dû à des baisses de taux de conversion (tant pour lui que pour son équipe) bien plus qu’à une baisse de sa production de chances :

    Est-ce qu’à 30 ans, après six années de production régulières, Vanek a soudainement oublié comment générer des chances de marquer en avantage numérique, alors que sa production à forces égales est stable? On peut en douter. Il y a fort à parier que le Canadien a acquis un joueur productif sur les unités spéciales.

    Reste une dernière question…

    Où Vanek jouera-t-il?

    De prime abord, on regarde les trios actuels du Canadien et on voit Alex Galchenyuk, 20 ans à peine, aux côtés de Brian Gionta et Tomas Plekanec et on ne peut que supposer qu’un vétéran comme Vanek y ferait un bien meilleur travail. Encore mieux, Galchenyuk pourrait ainsi retourner aux côtés de Lars Eller, en panne sèche depuis qu’on l’a séparé du numéro 27. À regarder la distribution des rôles des attaquants du CH, il n’est pas certain que ce soit la bonne façon de procéder.


    Vanek, on l’a vu plus haut, peut faire son travail en jouant contre les meilleurs, mais il est diablement plus productif lorsqu’on le gave de mises en jeu en zone offensive. C’est une distribution de tâches qui correspond en tout point à celle du trio de David Desharnais, Max Pacioretty et Brendan Gallagher. Plekanec, lui, a un rôle principalement défensif alors qu’Eller semble avoir un rôle défensif secondaire. Notons aussi que Galchenyuk, après avoir eu un rôle offensif et protégé, joue désormais dans les « minutes dures ».

    Au temps de possession, on constate que si ce même Galchenyuk a passablement recalé depuis son arrivée aux côtés de Plekanec, ça n’a pas été sans bénéfice pour le principal centre défensif du Canadien. De même, le trio de Desharnais crache désormais le feu au temps de possession. Ce qui ressort dans le précédent tableau, c’est bien (outre les piètres performances du Canadien à forces égales en général) la descente d’Eller.

    L’arrivée de Vanek va permettre à ce dernier d’enfin retrouver un ailier plus talentueux que le pauvre Rene Bourque. Vanek pourrait certainement se joindre à Brière et Eller, mais il pourrait aussi prendre la place de Pacioretty et permettre à ce dernier d’aller rechausser un des deux autres trios à forces égales. S’il est probable qu’on voie dans un premier temps Vanek aux côtés de Plekanec, il me semble donc que c’est plutôt à l’aile d’un des deux autres principaux centres du Canadien qu’il sera à même d’aider pleinement le club, tant par sa contribution individuelle que par celle d’un ailier gauche plus efficace sur un des autres trios.

    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

     

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