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Bouchard : Les raisons derrière la chute des Canucks cette saison

dimanche 2014-03-02 / 18:20 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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Bouchard : Les raisons derrière la chute des Canucks cette saison
Bouchard : Les raisons derrière la chute des Canucks cette saison

Depuis la saison 2006-2007, les Canucks de Vancouver ont terminé parmi les 10 meilleurs clubs au classement général six fois sur sept, cueillant la première place pendant deux saisons consécutives. Après avoir terminé 7e au classement général et 3e au classement de l’Association de l’Ouest l’an dernier, ils sont, au moment d’écrire ces lignes, 9e au classement de leur association, hors des séries éliminatoires. Avec 66 points cumulés au moment d’écrire ces lignes, ils sont en lutte pour une place en série avec les Stars de Dallas, les Coyotes de Phoenix et les Jets de Winnipeg. Si tant est que Pekka Rinne revienne bientôt, on doit aussi considérer les Predators de Nashville comme partie du portrait. Tout ce beau monde, donc, se bat pour une seule position, celle du dernier club à se qualifier en séries.

Lorsqu’on considère le classement de plus près, on constate que la situation des Canucks est quelque peu curieuse.

Le problème de l’équipe semble être concentré du côté de l’attaque. Avec 162 buts accordés, ils se situent en milieu de peloton à l’échelle de la ligue. Mais l’attaque semble, elle, profondément anémique. Si on considère la capacité du club à surclasser ses adversaires aux tirs avec le score serré, indicateur de leur capacité à garder le contrôle de la rondelle, on voit pourtant que les Canucks, sans être une puissance de la ligue, n’en sont pas pour autant dénués de ressources.

On voit dans les séquences ci-dessus que les Canucks sont généralement beaucoup plus faibles à l’étranger, ce qui laisse entendre que l’entraîneur John Tortorella ne dispose pas de suffisamment de ressources pour s’imposer avec constance contre leurs puissants adversaires des divisions Centrale et Pacifique.

Encore ici, le portrait doit être nuancé. Une large part du déficit cumulé au cours des matchs 33 à 48 à l’étranger est le fait d’une défaite à Los Angeles, où le club fut déclassé par 33 tentatives de tirs à forces égales. Soulignons aussi que le club a été lourdement éprouvé par les blessures après les fêtes, notamment en défensive, ce qui a contraint le directeur général Mike Gillis à transiger avec le Canadien de Montréal pour obtenir les services de Raphaël Diaz.

Mais les problèmes des Canucks semblent, cette saison, plus ciblés. La pénurie offensive semble en fait attribuable à une difficulté certaine à convertir toutes ces tentatives de tirs en buts. La chose est particulièrement apparente en avantage numérique (les données sont tirées du site behindthenet.ca).

Bien qu’ils maintiennent un volume de tirs au but similaire à celui des années précédentes et largement supérieur à celui de l’an dernier, les Canucks ne sont tout simplement plus capables d’obtenir des buts à un rythme similaire aux années passées. On peut soupçonner qu’il y a là un effet dû au changement d’entraîneur. Sous Tortorella, les Canucks ont en effet mis une plus grande emphase sur la production de tirs par des défenseurs. Ceux-ci tirent de plus loin, ce qui peut avoir un impact sur le taux de conversion.

Mais ce changement tactique n’explique pas tout. Les principaux animateurs de l’avantage numérique des Canucks sont tous, à l’exception d’Henrik Sedin, victimes d’une profonde léthargie.

La chose est particulièrement frappante pour Ryan Kesler et Daniel Sedin, alors que Henrik Sedin ne prend que très peu de tirs. Ces joueurs ont-ils, cette saison, connu leur Waterloo? C’est peu probable. Quand bien même des changements tactiques les privent de leur production habituelle, on doit prendre pour acquis qu’ils connaîtront éventuellement un retour à des taux de conversion plus normaux.

Échanger Kesler?

La rumeur court depuis la fin des olympiques. Ryan Kesler, deuxième centre des Canucks, serait sur le marché des échanges. Vu la saison en dent de scie des Canucks, est-il possible d’échanger Kesler sans torpiller les chances du club de faire les séries? La chose semble peu probable, le numéro 17 étant un des principaux leveurs de fonte de l’attaque des Canucks. Sans lui, la pression serait terrible sur des joueurs autrement moins doués que lui pour les tâches ingrates.

Kesler, en effet, est un des principaux acteurs du jeu défensif des Canucks. Avec Brad Richardson, il prend énormément de mises en jeu dans son territoire et ouvre ainsi le chemin aux jumeaux Sedin ainsi qu’au fond de l’alignement.

Contrairement à Brad Richardson, qui est certes un centre défensif, mais pas un centre de minutes dures, Kesler, lui, joue aussi continuellement contre les meilleurs éléments adverses. En fait, on voit dans le graphique suivant que Tortorella, après avoir cherché à en faire un pur joueur de couverture des meilleurs éléments adverses en début de saison, a dû lui donner des missions plus spécifiquement défensives par le truchement des mises en jeu, ce qui a fait diminuer son ratio de mises en zone défensive, mais aussi la part du temps qu’il passe contre les meilleurs éléments adverses.

Or, les résultats affichés par Kesler tout au long de la saison n’en sont pas moins, sur le plan du temps de possession, parfaitement remarquables. Outre un passage à vide dans le troisième segment de la saison, Kesler est en effet un des meilleurs joueurs des Canucks au temps de possession, ce qui est proprement remarquable au vu de ses assignations.

Il est peu probable que Gillis, DG des Canucks, obtienne sur le marché des échanges un joueur similaire à Kesler. L’équipe étant encore dans la course aux séries et une partie significative de son attaque (l’unité d’avantage numérique) donnant les signes, non pas d’une dysfonction profonde, mais bien d’une séquence malheureuse de la part de ses meilleurs éléments, il serait imprudent de laisser tomber la course et s’en remettre à la reconstruction. Le noyau des Canucks est encore solide et il y a fort à parier que quelques mouvements judicieux au cours de l’été suffiront à les maintenir parmi les meilleurs clubs de la ligue encore quelque temps. D’ici là, il faut tenir jusqu’aux séries.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

 

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