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    Bouchard: Le rouleau-compresseur canadien a bien mérité sa médaille d'or

    dimanche 2014-02-23 / 11:35 / Jeux de Sotchi 2014

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard: Le rouleau-compresseur canadien a bien mérité sa médaille d'or
    Bouchard: Le rouleau-compresseur canadien a bien mérité sa médaille d'or

    Rencontre au sommet des deux meilleurs clubs du tournoi, donc. La Suède, malgré des pertes terribles aux blessures (Henrik Zetterberg et Henrik Sedin), avait su traverser avec une assurance grandissante les étapes vers cette finale et on devait reconnaitre en sa brigade défensive le plus formidable défi lancé aux Canadiens. Ceux-ci, au fil des victoires serrées acquises par une domination systématique de l’adversaire sur le plan de la possession de rondelle, opposaient aux Suédois un barrage défensif de prime abord infranchissable. Avec le joueur de centre Nicklas Backstrom laissé de côté pour le match, la commande était lourde.

    Pour faire craquer les Canadiens, les Suédois se devaient de marquer rapidement et ainsi les forcer à ouvrir le jeu et s’exposer aux contre-attaques. Après avoir vu leurs adversaires commencer en force, on les a donc bien vus forcer le pas, mais après le poteau de Carl Hagelin, les Canadiens ont définitivement serré les rangs. Interdisant d’abord l’accès à l’enclave, ils ont pris le contrôle de la zone neutre en deuxième période et n’ont plus jamais regardé derrière eux. Les Suédois, au bout du compte, ont été complètement rétamés, n’obtenant que quatre maigres chances de marquer sur Carey Price en trois périodes, malgré un avantage net aux mises en jeu, bénéficiant de 23 remises en zone du Canada contre 13 auprès de Henrik Lundqvist. La Suède, en territoire ennemi, ne pouvait que tourner en rond et tirer de loin en espérant un miracle ou encore une rupture défensive sur la mise en jeu suivante.

    L’explication est fort simple. La Suède s’est heurtée de plein fouet à une défensive rendue absolument intraitable à la suite d’un changement subtil apporté par Mike Babcock au déploiement de ses troupes. On avait vu, depuis le début du tournoi, Sidney Crosby prendre quantité de mises en jeu en zone offensive et Jonathan Toews, appuyé de Ryan Getzlaf, se charger des besognes défensives. En défensive, c’est bien souvent Alex Pietrangelo et Jay Bouwmeester qu’on voyait attelés à ces tâches. La chose ayant donné des résultats moyens contre les États-Unis, Babcock a donc réassigné certaines tâches.

    En premier lieu, ce sont Duncan Keith et Shea Weber qui ont pris une majorité de mises en zone défensive, secondés parfois par Toews, mais surtout par Crosby. Ce dernier, connu pour ses prouesses offensives, est aussi un redoutable chasseur de rondelle et appuyé de l’excellent Patrice Bergeron, il n’a tout simplement rien donné aux Suédois. Toews, désormais en appui, a lui aussi connu un match presque parfait en défensive. En fait, seuls Drew Doughty et Marc-Édouard Vlasic ont semblé connaître quelques absences, étant présents sur la glace pour les quatre chances accordées aux Suédois.

    En troisième période, on a vu l’entraîneur suédois Par Marts, en désespoir de cause, refaire ses duos défensifs et modifier quelque peu ses trios. Il n’avait plus vraiment le choix, Niklas Kronwall et Jonathan Ericsson ayant complètement implosé (le but de Crosby n’était que le dernier clou dans leur cercueil).

    L’effort offensif canadien aura été constant et presque uniformément réparti à travers les trios, signe d’une équipe désormais rodée au quart de tour. On cherche les failles, les choses sur lesquelles on pourrait redire, mais, rendue au moment décisif, l’équipe canadienne n’a jamais été aussi convaincante. En ce sens, difficile aussi de trouver une quelconque faute du côté suédois, cette équipe ayant malgré tout tenu pendant deux périodes avant de perdre graduellement sa structure en troisième période. C’est le résultat, me semble-t-il, des expériences de Marts. Avait-il le choix? Je ne le crois pas, la domination canadienne était telle qu’il devait tenter quelque chose. Erik Karlsson et Kronwall, un rôle plus prépondérant pour Gabriel Landeskog… Rien n’y fit.

    J’aimerais souligner un dernier aspect de la méthode canadienne : l’effet rouleau-compresseur de cette équipe a été largement accentué par la discipline de fer démontrée dans la gestion des présences. Lorsqu’on regarde le détail du temps de glace dans le rapport du match, on constate que les présences étaient courtes, toutes sous la moyenne des 45 secondes. Le trio de Crosby donnait d’ailleurs l’exemple, oscillant entre 30 et 33 secondes par présence. Cette discipline a permis aux Canadiens d’imposer un rythme terriblement rapide aux adversaires qui se sont souvent retrouvés coincés dans leur zone, pris à affronter non pas un, mais bien deux trios, les unités offensives se donnant le relai à la volée, sans même que la rondelle ne quitte le territoire.

    Cette médaille d’or était donc pleinement méritée pour cette équipe qui, tout au long du tournoi, a su monter en régime jusqu’à la dernière marche du podium. La Suède, il faut insister sur ce point, n’a pas à rougir de sa médaille d’argent.













     

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