Se connecter avec votre compte LNH.com:
  • Soumettre
  • Ou
  • Se connecter avec Google
 

    Trois éléments clés pour le Canada et la Suède en vue du match de la médaille d'or

    samedi 2014-02-22 / 17:21 / Jeux de Sotchi 2014

    Par Arpon Basu et Corey Masisak - Journalistes LNH.com

    Partagez avec vos amis


    Trois éléments clés pour le Canada et la Suède en vue du match de la médaille d'or
    Trois éléments clés pour le Canada et la Suède en vue du match de la médaille d'or

    SOTCHI – Daniel Alfredsson en était à sa première saison professionnelle à Frolunda, à quelques mois d’être repêché par les Sénateurs d’Ottawa, quand son pays a disputé la finale olympique au Canada à Lillehammer en 1994.

    La Suède a mis la main sur la médaille d’or grâce au but historique de Peter Forsberg marqué d’une main en fusillade.

    « J’étais à la maison devant la télé avec mes parents, se souvient Alfredsson. Nous avons sauté de joie quand le gardien (Tommy Salo) a arrêté (Paul) Kariya. »

    Le Canada et la Suède se sont affrontés régulièrement sur la scène internationale, mais rarement pour un match aussi important que celui de dimanche à Sotchi. Les deux équipes ont été opposées à deux reprises aux Jeux olympiques depuis la participation des joueurs de la LNH, mais chaque fois en ronde préliminaire.

    Les deux pays se sont aussi affrontés en finale de la Coupe Canada en 1984 et en demi-finales en 1991, de même qu’à la Coupe du Monde de hockey en 1996. Mais le niveau de hockey en Suède s’est amélioré depuis, à partir de la génération de Forsberg.

    Les deux pays ont gagné les deux derniers tournois olympiques, ce qui signifie que le Canada remporterait une troisième médaille d’or à ses quatre derniers Jeux, ou que la Suède en gagnerait une deuxième à ses trois derniers.

    Dimanche, les deux adversaires vont se rappeler le fameux but de Forsberg ou encore celui de Sidney Crosby en prolongation il y a quatre ans à Vancouver.

    « Le but de Forsberg? Oui je m’en souviens, a répondu Patrick Sharp des Blackhawks de Chicago. Je pense que j’avais 12 ans et je regardais le match. Nous étions tous devant la télé. C’était une fin très excitante, et certes un grand but pour Forsberg. Je crois que personne n’avait vu un jeu du genre à ce moment, et aujourd’hui tout le monde tente de le copier. Ç’avait été un match très plaisant à regarder, du hockey olympique à son meilleur. »

    Voici donc trois facteurs importants à considérer pour le Canada et la Suède:

    CANADA

    1. Possession de la rondelle

    Le Canada a éliminé les États-Unis (1-0) lors de leur match de demi-finales en conservant la possession de la rondelle, minant le moral des Américains lentement mais sûrement à force de pourchasser le disque.

    « Être les premiers sur la rondelle et en garder la possession est quelque chose dont nous avons beaucoup parlé, a confié Patrice Bergeron. Si nous voulons créer de l’offensive, il faut avoir la rondelle. C’est important. »

    Le Canada a surclassé ses opposants 205-105 au total des tirs au but depuis le début du tournoi, mais il serait surprenant que la différence soit aussi marquée face à la Suède, qui met aussi l’accent sur la possession de la rondelle.

    L’équipe qui parviendra le mieux à maintenir la pression et s’imposer en zone offensive quittera probablement Sotchi avec la médaille d’or.

    2. Neutraliser Erik Karlsson

    Voilà qui est plus facile à dire qu’à faire.

    Karlsson a été sans aucun doute le joueur le plus utile à son équipe dans le tournoi, ayant participé à huit des 17 buts réussis par les Suédois en cinq rencontres.

    Cinq de ces points ont été obtenus sur les sept marqués par le jeu de puissance dominant de son équipe. Il est donc juste de penser que si le Canada peut éliminer la menace Karlsson, il a une bonne chance de réduire du coup les chances de marquer des Suédois en avantage numérique.

    Les Canadiens ont été extrêmement agressifs en infériorité numérique et n’ont accordé qu’un seul but en 14 occasions, harcelant le porteur du disque dans l’espoir de provoquer des erreurs. La stratégie ne changera pas pour la finale.

    « Il s’agit de les garder sous pression, a expliqué le défenseur Alex Pietrangelo. Plus on leur donne de temps, plus efficaces ils vont être. Si on peut les empêcher de préparer les jeux qu’ils veulent faire, nous devrions être corrects. »

    3. Freiner les six meilleurs attaquants suédois

    La perte d’Henrik Sedin et Henrik Zetterberg a fait mal à la Suède au niveau de la profondeur. Après les deux premiers trios composés de Nicklas Backstrom, Daniel Sedin et Loui Eriksson, et Patrik Berglund, Alexander Steen et Alfredsson, le talent et la production baissent de façon significative.

    Le trio de Backstrom totalise 12 points, un de plus que celui de Berglund. Les deux autres en ont sept en tout.

    Du côté canadien, il est difficile d’étiqueter un des quatre trios comme le premier, les quatre étant sensiblement de valeur égale, ce qui n’est pas le cas pour la Suède.

    Si le Canada parvient à neutraliser les deux premiers trios suédois, les deux autres ne devraient guère lui faire mal.

    SUÈDE

    1. Contrôler le centre

    Le Canada a été dominant en défense, mais si la Suède veut gagner l’or, elle devra elle-même penser défense d’abord. Les deux équipes ont été les deux meilleures défensivement, mais le Canada compte toujours sur un incroyable groupe d’excellents joueurs offensifs.

    Cela dit, les Canadiens n’ont trouvé le fond du filet que pour 6,83 pour cent de leurs lancers, ce qui serait très faible dans la LNH et est vraiment très peu pour une collection de joueurs de classe mondiale. Ces joueurs devraient bien finir par compléter leurs jeux.

    Les Suédois auront intérêt à limiter leurs chances plutôt que d’espérer que les malchances du Canada se poursuivent. Les Finlandais ont fait un travail remarquable pour limiter l’espace à leurs rivaux au centre de la patinoire et les Suédois voudront faire la même chose.

    « Nous savons que le Canada n’a pas marqué beaucoup, mais c’est une équipe dangereuse, a reconnu Sedin. Si on leur donne des chances, ils vont capitaliser. Nous allons essayer de bien jouer défensivement et profiter de notre jeu de puissance puisque ç’a été une bonne formule pour nous. »

    2. Le jeu de puissance

    Les Suédois ont marqué sept buts en 19 avantages numériques, un taux de réussite de 36,8 pour cent, le meilleur du tournoi. Aucune autre équipe n’a réussi plus de quatre buts avec l’avantage d’un joueur.

    Karlsson s’avère une arme redoutable à la pointe, et les qualités de passeur de Backstrom et de marqueurs de Sedin et Steen le complètent bien.

    Ceux-là vont se retrouver face aux meilleurs joueurs en désavantage numérique à Sotchi et Karlsson pourrait bien être la clé.

    « Il est extraordinaire, a constaté Alfredsson. Il est tellement rapide qu’il peut corriger une erreur la plupart du temps. Si l’on considère qu’il n’a que 23 ans, je pense que les attentes à son endroit sont parfois trop élevées et j’espère qu’il va continuer d’évoluer et d’être créatif en établissant peut-être de nouveau standards, plutôt que de se contenter de dire qu’il a réduit ses erreurs. J’estime que son apport offensif fait plus que compenser ses rares erreurs. »

    3. Survivre au centre

    Henrik Lundqvist et Carey Price pourraient se livrer un fantastique duel devant le filet. Le groupe de défenseurs de la Suède, même avec Oliver Ekman-Larsson sur le banc et Victor Hedman laissé de côté, est presque aussi bon que celui du Canada. Mais s‘il y a une position où la Suède ne fait pas le poids sur papier, c’est au centre. Sidney Crosby, Jonathan Toews, Ryan Getzlaf et Matt Duchene semblent nettement supérieurs à Backstrom, Berglund, Marcus Johansson et Marcus Kruger.

    Les Suédois devront trouver un moyen d’empêcher les Canadiens de s’imposer au centre et les défenseurs subiront un bon test. Ce n’est pas seulement une question de production (les quatre points de Backstrom sont seulement trois de moins que le total des quatre Canadiens), il s’agit d’empêcher des joueurs comme Crosby et Toews de contrôler le jeu en forçant les Suédois à passer beaucoup de temps dans leur territoire.

    « Nous voulons avoir la rondelle le plus possible, a indiqué le capitaine Niklas Kronwall. Parce que si nous la perdons trop souvent en zone centrale, ils vont en profiter. Ils sont bons à ce point. Il faudra donc garder possession de la rondelle. »