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    Bouchard: L'affrontement Canada-États-Unis est devenu un duel de trios

    vendredi 2014-02-21 / 18:56 / Jeux de Sotchi 2014

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard: L'affrontement Canada-États-Unis est devenu un duel de trios
    Bouchard: L'affrontement Canada-États-Unis est devenu un duel de trios

    Le choc fut rude et la victoire s’est au bout du compte remportée sur une action qui exprime parfaitement la nature des 60 minutes disputées par les deux clubs. Suite à un dégagement refusé, une unité plus vulnérable s’est retrouvée exposée à une présence prolongée et a fini par céder. Si le Canada avait sur papier l’avantage, le club américain avait dans ses rangs quelques armes impossibles à ignorer, ainsi qu’un levier tactique important, soit le dernier changement. Libre d’envoyer sur la glace, à chaque mise en jeu, les joueurs de son choix après avoir vu qui des Canadiens s’y présentent, Dan Bylsma avait la possibilité de s’assurer d’un certain contrôle des meilleurs éléments adverses. Nous avons donc eu droit à quatre duels de trios.

    Premier duel : Crosby contre Backes

    Le trio de Dustin Brown, Ryan Callahan et David Backes a eu à couvrir celui de Sidney Crosby, Patrice Bergeron et Chris Kunitz. Ne tournons pas autour du pot : ce fut un échec. Crosby et ses sbires ont malmené leurs adversaires tout au long du match, les déclassant de manière outrageuse aux chances de marquer. Si ce trio ne s’est pas inscrit au pointage, c’est lui qui, en début de deuxième période, a contraint l’unité de Backes, appuyée des défenseurs John Carlson et Brooks Orpik, au dégagement refusé. L’entraîneur canadien Mike Babcock envoie des forces fraîches qui, à la suite d’une séquence ininterrompue de pression en zone offensive, parviennent à faire écraser la boîte défensive américaine. Bylsma a d’ailleurs décidé, un peu plus tard en deuxième période, d’envoyer Brown sur la quatrième ligne pour amener Max Pacioretty en renfort. Trop peu, trop tard.

    Deuxième duel : Kesler contre Getzlaf

    Ce duel fut à l’avantage des Américains. Ryan Kesler, Patrick Kane et Zach Parisé ont particulièrement profité de la présence des défenseurs Jay Bouwmeester et Alex Pietrangelo, du fait que Babcock s’appuie sur ceux-ci pour les mises au jeu en zone canadienne. Le quintette de Ryan Getzlaf, Crosby, Jamie Benn, Bouwmeester et Pietrangelo a particulièrement peiné lorsqu’ils avaient à contenir les élans du trio américain en entrée de zone, le petit Kane, notamment, prenant la zone comme bon lui semblait (8 entrées de zone en possession de rondelle, meilleur score parmi les joueurs des deux équipes). Parisé, auteur de quatre chances à forces égales, en a aussi obtenu une superbe en avantage numérique, repoussée par une superbe réaction du gardien Carey Price.

    Troisième duel : Pavelski contre Toews

    Encore une fois, un duel à l’avantage des Américains. Encore une fois, le duo de défenseurs canadien présent sur la glace importait. Marc-Édouard Vlasic et Drew Doughty ont peiné à contenir les élans de Phil Kessel et James van Riemsdyk tout au long du match, alors que les choses se stabilisaient lorsque Duncan Keith et Shea Weber apparaissaient. Je souligne un choix curieux de Bylsma : si Kesler, centre qui excelle dans les tâches défensives, n’a pris que peu de mises en jeu en zone défensive, Kessel, Joe Pavelski et van Riemsdyk n’en ont presque pas eues. Kessel étant de loin le joueur le plus redoutable des États-Unis en zone offensive, la chose peut surprendre. Comme quoi un entraineur qui choisit la confrontation homme à homme renonce parfois à user pleinement du levier territorial.

    Quatrième duel : Duchene contre Stastny

    Peu de glace pour ces deux trios. Fait marquant pour Paul Stastny : oublié par Crosby aux côtés de Price en deuxième, il se fend de deux chances de marquer, le deuxième tir glissant tout doucement entre les jambières de Price, quelques centimètres seulement à l’extérieur du poteau.

    Outre ces duels, on voit à quel point les deux clubs ont tout au long du match cherché en priorité à exploiter les faiblesses du fond d’alignement adverse. Lorsqu’on considère les données des tableaux croisés, on voit bien que sitôt Ryan Suter/Ryan McDonagh et Keith/Weber sortis de la patinoire, les choses se gâtent pour leurs équipes respectives. L’effort de Suter et McDonagh est particulièrement impressionnant : si les attaquants suivaient un adversaire désigné à la trace, les défenseurs, eux, étaient de garde sur une base territoriale. Enterré aux mises en jeu, le premier duo américain a quand même largement eu l’avantage aux chances, alors que Cam Fowler et Kevin Shattenkirk n’ont pas su convertir leur avantage territorial en avantage aux chances de marquer. Orpik et Carlson ont quant à eux complètement implosé. Qu’ils cèdent, sur une présence prolongée, le but de la victoire n’est donc pas si surprenant. L’absence de Paul Martin fut un coup terrible porté à la défensive américaine.

    Reste que, au total, les Canadiens ont une fois de plus dominé la rencontre aux chances de marquer. Le score aurait pu être plus élevé (jetons des fleurs aux deux gardiens, tour à tour sensationnels), mais ce n’est qu’en troisième période, alors que le Canada opte pour une approche beaucoup plus conservatrice, que les Américains s’approchent de la production de chances de marquer de leur adversaire. En ce sens, on voit encore une fois se confirmer la justesse de la méthode Babcock : une équipe qui s’applique méthodiquement à garder la rondelle en sa possession, qui travaille à améliorer sa position sur la patinoire par de courtes passes à haut pourcentage de réussite. Je souligne aussi qu’on a vu les défenseurs canadiens beaucoup plus insistants à transporter la rondelle jusqu’aux portes de la zone adverse, ce qui laisse entendre que si on contrôle bien le jeu en zone neutre, on semble encore chercher à trouver une recette pour casser les murs défensifs en entrée de zone.

    Les Américains, eux aussi patients en début de match, n’ont pas perdu de temps à ouvrir la machine en deuxième période, cherchant de plus en plus la longue passe à travers la zone neutre. La chose n’a guère fonctionné et ils sont revenus à une approche plus patiente et plus productive en troisième.