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    Analyse: les décisions de Babcock quant à sa formation, l’intrigue principale de l’équipe canadienne

    samedi 2014-02-15 / 11:04 / Jeux de Sotchi 2014

    Par Arpon Basu - Directeur de la rédaction LNH.com

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    Analyse: les décisions de Babcock quant à sa formation, l’intrigue principale de l’équipe canadienne
    Analyse: les décisions de Babcock quant à sa formation, l’intrigue principale de l’équipe canadienne

    SOTCHI – Le match que disputera le Canada contre la Finlande dimanche pour clore la ronde préliminaire du Groupe B (12 h 00 HE; TVA Sports, CBC, RDS) revêt peu d'importance dans le grand schéma des Jeux olympiques de 2014 à Sotchi.

    Les deux équipes joueront à nouveau et la seule chose qui se trouve vraiment à l’enjeu est l’obtention d’un laissez-passer directement vers les quarts de finale. Mais le perdant du match de dimanche pourrait également se retrouver avec un accès direct vers les quarts de finale en étant la meilleure équipe de deuxième place dans le tournoi, de sorte que même le laissez-passer direct n'est pas une si grosse récompense.

    Non, pour le Canada ce match est important pour une raison précise: il fournira un aperçu de ce que l'entraîneur Mike Babcock et ses adjoints ont en tête, tandis que l'équipe se dirige vers la phase éliminatoire du tournoi.

    Samedi, Babcock a refusé d'annoncer qui sera son gardien de but partant contre la Finlande et l’identité des deux joueurs qui seront rayés de l’alignement parmi les patineurs. Alors qu'il a insisté pour dire que les décisions prises dans les deux cas en vue du match de dimanche ne représentent pas une garantie au-delà de cette rencontre, il est permis de croire que ce sera le cas, en particulier si le Canada l’emporte haut la main.

    Donc, ces décisions importent et les gens de partout au Canada débattront probablement sans arrêt d’ici le début de la rencontre de dimanche sur les mérites de chacune des décisions qui s’offrent à Babcock.

    Comme ces débats auront lieu à des milliers de kilomètres de Sotchi, Babcock affirme que son personnel d’entraîneurs et lui sont totalement isolés de tout cela. L'inconvénient potentiel de créer une distraction en n'annonçant pas son alignement ou son gardien de but dès samedi n’est donc pas un facteur selon lui.

    « En 1997, j'étais entraîneur du Canada au Championnat mondial junior (en Suisse) et j'étais un jeune entraîneur qui débutait sa carrière, a déclaré Babcock samedi. Je ne savais pas à quel point j’étais contesté en tant qu’entraîneur jusqu'à mon retour au Canada et je ne sais pas si j'aurais été capable de vivre avec cela. »

    « Maintenant, je serais prêt à le vivre avec cela, mais je ne regarde pas ces choses et je n’y porte pas attention. »

    Tout ce dont Babcock se soucie, alors que ses joueurs bénéficient d'une journée de congé samedi, est de mettre en place la meilleure formation possible pour permettre au Canada de répéter en tant que champion olympique.

    La plus grande décision de Babcock et de son personnel sera de décider quel gardien de but amorcera le match et ce débat n’est pas différent de ce qu’on voit régulièrement dans la LNH.

    Doit-il y aller avec Roberto Luongo, qui a remporté l'or sur la scène internationale pour Babcock aux Jeux olympiques de 2010 à Vancouver ainsi qu’au Championnat mondial de hockey en 2004 ?

    Les entraîneurs ont généralement un certain niveau de confort avec un gardien de but qui a obtenu du succès sous leurs ordres dans le passé, et c’est certainement ce que Luongo a fait pour Babcock.

    « J'ai opté pour lui à deux reprises, quand il a remporté des médailles d'or : en 2004 aux Championnats du monde, ainsi qu’en 2010 », a déclaré Babcock mardi après la deuxième séance d’entraînement du Canada. « À mon sens, c'est vraiment un bon gardien de but. Pour moi, la victoire conduit à la victoire. Je pense que lorsque vous obtenez un certain degré de confiance, c'est positif. »

    D'autre part, si vous réduisez la taille de l'échantillonnage à la présente saison dans la LNH, Carey Price a été le meilleur gardien de but, affichant de meilleures statistiques au tableau. De plus, il s’est présenté à ce tournoi en étant l’un des gardiens de l’heure dans la LNH, enregistrant un pourcentage d’arrêts de 0,967 à ses six derniers départs avec les Canadiens de Montréal avant la pause olympique.

    Ensuite, il y a un autre facteur un peu étrange qui entre en jeu ici, un facteur dans lequel l'expérience de Luongo à des événements de ce genre peut effectivement lui faire mal. Luongo n'était pas le gardien numéro un au début du tournoi à Vancouver il y a quatre ans, mais il a quitté le banc et a mené le Canada vers l'or. Babcock sait que Luongo peut gérer cette situation du point de vue mental, mais il ne le sait pas en ce qui concerne Price.

    L'inexpérience, ironiquement, pourrait en fait bénéficier à Price dans cette situation.

    Quelle que soit la façon de choisir de Babcock, il ne voit pas le match contre la Finlande comme celui qui déterminera ce qui arrivera dans la ronde des médailles.

    « J'ai eu beaucoup de temps, donc nous, à titre d’équipe de gestion et de personnel d'entraîneurs, nous avons regardé la LNH toute l'année et avons sélectionné les deux gardiens de but avec qui nous croyons avoir une chance, a dit Babcock samedi. Nous avions un plan. Nous comprenons, et je l'ai dit un certain nombre de fois, vous procédez à un changement de gardien dans ce tournoi et vous pouvez encore gagner. »

    Quand il s'agit de décisions au niveau des patineurs, c'est beaucoup plus compliqué.

    En défensive, Babcock a déjà annoncé que Dan Hamhuis sera de retour dans l'alignement contre la Finlande et il est fort probable que PK Subban écope.

    Le plus gros problème de Subban a très peu à voir avec lui, exception faite du côté dont il tient son bâton.

    En tant que tireur droitier, Subban obtenait des présences quand Shea Weber et Drew Doughty n’étaient pas sur la patinoire quand il a joué son premier match vendredi. Weber et Doughty ont tous deux inscrit deux buts en deux matchs et ont été parmi les meilleurs joueurs du Canada dans le tournoi. Le plus de temps ils passent sur le banc, le pire c'est pour le Canada, aux yeux de Babcock.

    Hamhuis, cependant, en tant que tireur gaucher, peut alterner avec Marc-Édouard Vlasic et Jay Bouwmeester sur le côté gauche, deux joueurs qui peuvent sauter un tour à l’occasion, sans que cela ne dérange Babcock.

    De son propre aveu, un facteur qui motive les décisions de Babcock au sujet de son alignement est le suivant : « Comment placer les meilleurs joueurs sur la glace ? » Si Babcock veut absolument maintenir l'équilibre droitier-gaucher, et il n'y a aucune raison de croire que ce ne sera pas le cas, Hamhuis lui permet de faire cela.

    Subban ne le lui permet pas.

    Un autre facteur mentionné par Babcock était de savoir comment le joueur s’intègre au sein des unités spéciales. Dans le match de vendredi, Babcock a rayé Patrick Sharp, un attaquant qui joue à la pointe sur le jeu de puissance, pour faire place à Subban et lui permettre d'y jouer aux côtés de Duncan Keith. Encore une fois, cela prive l’entraîneur d’un attaquant précieux au profit de Subban.

    Hamhuis, quant à lui, joue en désavantage numérique en compagnie de Vlasic, un jumelage qui est resté stable depuis que le Canada est arrivé à Sotchi et qui ne nécessite pas d'autres mouvements au sein de l’alignement.

    « Ç’a beaucoup à voir avec cela, a déclaré Babcock. En défensive, qui sont les meilleures paires, qui évoluent ensemble, qui seront sur le jeu de puissance et le désavantage numérique, qui jouent le mieux au milieu, qui peuvent supporter ce joueur, qui jouent mieux que nous le pensions, qui font moins bien que ce que nous pensions? Toutes ces questions entrent en ligne de compte. »

    À l'avant, ce dernier point soulevé par Babcock est probablement le plus important, celui qui identifie quels joueurs sont à la hauteur des attentes et quels joueurs ne le sont pas.

    Le Canada est arrivé à Sotchi avec trois paires d’attaquants qui jouent ensemble dans la LNH : Sidney Crosby et Chris Kunitz des Penguins de Pittsburgh, Jonathan Toews et Patrick Sharp des Blackhawks de Chicago et Ryan Getzlaf et Corey Perry des Ducks d'Anaheim.

    Matt Duchene est le joueur sur la ligne. Il n'a pas joué contre la Norvège jeudi, mais a bien joué contre l'Autriche avec Getzlaf et Perry.

    Si les paires d’attaquants restent intactes, cela laisse très peu de marge de manœuvre pour apporter d'autres modifications, mais c'est aussi un domaine où Babcock et son personnel seront plus susceptibles de s'en tenir à l’idée du « travail inachevé », mantra qui a été répété tous les jours depuis l’arrivée du Canada ici.

    Samedi, Babcock a déclaré qu’il a été agréablement surpris par Jamie Benn et par la qualité du jeu offert par Patrice Bergeron en début de tournoi. Ces deux joueurs constituent les deux tiers de ce qu'on appelle la quatrième ligne de Babcock, complétée par John Tavares au centre. Ce trio a été le meilleur du Canada lors de son match d'ouverture jeudi contre la Norvège.

    Le meilleur trio lors du match de vendredi était celui de Toews avec Patrick Marleau et Jeff Carter, qui a réussi un tour du chapeau naturel en deuxième période et a terminé la rencontre avec un différentiel de plus-5.

    « Donc, les deux premiers trios sont dus », a déclaré Babcock.

    Si une ligne ne commence pas à produire, celle de Crosby, alors Babcock devra peut-être envisager la possibilité de le séparer de Kunitz. Ce serait ouvrir une porte à Duchene et l’intégrer la formation à un certain moment, parce que si Kunitz ne joue pas avec Crosby, il est difficile de justifier sa place dans l'alignement. La chimie préexistante entre les deux était censée être un atout, mais ça ne s’est toujours pas manifesté au niveau de la production.

    « D'un point de vue purement statistique, non, a déclaré Babcock. Mais de la façon dont ils ont joué, je pense que oui. Je pense qu'ils font beaucoup de bonnes choses ensemble. Mais nous parlons d'une seule ligne.

    « Je ne suis pas inquiet d’une seule ligne. Je suis inquiet pour toutes les lignes. »

    Il en va de même pour son pays.