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    Bouchard : Le Canada a dominé la Norvège au niveau des chances de marquer

    vendredi 2014-02-14 / 8:36 / Jeux de Sotchi 2014

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard : Le Canada a dominé la Norvège au niveau des chances de marquer
    Bouchard : Le Canada a dominé la Norvège au niveau des chances de marquer

    La confrontation avec le Canada ne laissait guère d’espoirs à la Norvège, la défaite de 3-1 peut donc avoir pour ces derniers un léger parfum de victoire morale. Pour les Canadiens, on sentait bien que le match en était un de rodage. Et de fait, une fois la rouille de la première période chassée, le rouleau compresseur s’est mis en marche et seule la tenue remarquable du gardien Lars Haugen, croisée d’un manque d’opportunisme certain des tireurs canadiens, explique qu’on ait ici évité une déconfiture totale.

    J’ai tout au long du match relevé une série d’indicateurs nous permettant de mieux décortiquer le résultat final. Les voici :

    Les chances de marquer : Il s’agit des tirs et des tirs manqués décochés de l’intérieur de l’enclave (l’image ci-dessous montre le détail de la zone). Les chances de marquer ont pour première utilité d’illustrer les ruptures dans la couverture défensive d’une équipe. L’enclave est en effet défendue à tout prix par toutes les équipes, un joueur ne peut donc défier le gardien adverse de cette zone qu’après une défaillance majeure du système défensif de l’adversaire.

    Les entrées de zone en possession de rondelle : Une équipe peut faire sauter le quadrillage défensif adverse dans la mesure où elle peut prendre ses adversaires à contre-pied. L’entrée de zone en possession de rondelle, parce qu’elle permet aux coéquipiers du porteur de prendre place en zone offensive, est un outil particulièrement efficace pour atteindre cet objectif.

    Les zones de mises en jeu : On associe généralement les mises en jeu à un joueur l’ayant gagnée ou perdue. Ici, on regarde plutôt dans quelle zone la mise en jeu a eu lieu et quels joueurs ont été envoyés la prendre. L’entraineur pouvant profiter des mises pour sélectionner le personnel à envoyer, celles-ci sont donc un outil permettant de mieux comprendre la distribution des rôles au sein d’une équipe.

    Un premier tableau comparatif portant sur l’ensemble du match nous permet de prendre la pleine mesure de l’écrasante domination canadienne :

    Tableau comparatif

    5v5

     

    Canada

    Norvège

    Chances

    31

    1

    Possession

    43

    23

    Mise en jeu en zone offensive

    18

    11

    Désavantage numérique

     

    Canada

    Norvège

    Chances

    Possession

    1

    Mise en jeu en zone offensive

     

    1

    Avantage numérique

     

    Canada

    Norvège

    Chances

    3

    2

    Possession

    4

    7

    Mise en jeu en zone offensive

    4

    6

    Total

     

    Canada

    Norvège

    Chances

    34

    3

    Possession

    48

    30

    Mise en jeu en zone offensive

    22

    18

    Vous n’avez pas la berlue : le Canada a accordé un grand total d’un tir tenté de l’intérieur de l’enclave à forces égales. Deux autres ont été accordés en désavantage numérique, dont un fut le but de Patrick Thoresen. On ne perdra probablement pas le sommeil dans les officines canadiennes suite à ce match. Le détail du travail des Canadiens à forces égales par période est à ce sujet fort instructif :

    À forces égales par période

    Première période

     

    Canada

    Norvège

    Chances

    7

    1

    Possession

    9

    9

    Mise en jeu en zone offensive

    5

    6

    Deuxième période

     

    Canada

    Norvège

    Chances

    16

    Possession

    19

    8

    Mise en jeu en zone offensive

    9

    1

    Troisième période

     

    Canada

    Norvège

    Chances

    8

    Possession

    15

    6

    Mise en jeu en zone offensive

    4

    4

    Suite au but de Shea Weber en deuxième période, les Canadiens se lancent sur une séquence époustouflante. Suite à la mise en jeu au centre de la patinoire jusqu’au but de Jamie Benn, sur une séquence qui dure neuf minutes, j’ai enregistré 24 événements en faveur des Canadiens. Neuf entrées de zone, 10 chances de marquer et cinq mises en jeu en zone offensive. Les Norvégiens se contentent quant à eux de deux entrées de zone en possession de rondelle.

    Ça n’est pas un hasard. Si Mike Babcock se contente pour l’essentiel d’envoyer ses joueurs sur la patinoire à tour de rôle au fil de la première et de la troisième période, il appuie sur l’accélérateur en deuxième. Sidney Crosby, Jeff Carter et Chris Kunitz prennent en effet six de leurs neuf mises en zone offensive lors de cette période et on verra même Babcock couper court une présence du trio de Toews pour profiter d’un dégagement refusé aux Norvégiens pour renvoyer son capitaine taper sur le clou. Une fois l’avance de deux buts acquise, on est revenu à un rythme plus normal, histoire de donner plus de temps à chacun pour se mettre en jambes.

    En terminant, quelques tableaux sur les performances individuelles des joueurs. On y retrouve d’abord le nombre d’événements survenus lorsqu’un joueur donné était sur la glace puis, en dernier, un tableau indiquant le nombre d’actions individuelles complétées par chaque joueur. Je me permets, avant de passer aux tableaux, quelques remarques sur certaines performances individuelles m’ayant particulièrement marqué.

    • Le trio de Crosby, Kunitz et Carter ont généré beaucoup d’attaques, mais ont aussi laissé les Norvégiens prendre la ligne bleue du Canada à quelques reprises, notamment lorsque jumelés à Keith et Weber en zone offensive. Mais je chipote sur les détails. Carter a énormément bénéficié de l’assemblage, menant la charge aux chances de marquer et aux entrées de zone.

    • Sharp, Toews et Marleau étaient ceux que Babcock assignait aux (rares tâches) défensives. Absents une vraie menace Norvégienne, ça se traduit surtout par une absence de mises en zone offensive. Ça n’a pas embêté Marleau, qui a quand même collé cinq chances de marquer.

    • Getzlaf, Perry et Nash ont aussi eu leur volume de mises en zone défensive, mais ici, c’est plutôt affaire de dégagements refusés.

    • La « quatrième ligne » ne l’est que par le nom. Si Tavares et Bergeron m’ont semblé quelque peu inconstants, St-Louis m’a fort impressionné par son travail en zone neutre alors que le gros Jamie Benn semblait prendre de plus en plus de place alors qu’avançait le match.

    • Les choses sont un peu plus floues en défensive, seuls Pietrangelo et Bouwmeester jouant ensemble régulièrement. Doughty et Weber ont alterné avec Hamhuis, Keith et Vlasic tout au long du match. Le duo des Blues était d’office en désavantage numérique. Je soupçonne Babcock de chercher à jumeler Keith à Doughty, mais le ciment n’est pas encore pris de ce côté.