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    Bouchard : un aperçu du tournoi des Jeux de Sotchi

    dimanche 2014-02-09 / 6:00 / Jeux de Sotchi 2014

    Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

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    Bouchard : un aperçu du tournoi des Jeux de Sotchi
    Bouchard : un aperçu du tournoi des Jeux de Sotchi

    Le tournoi olympique masculin qui s’amorce le 12 février se jouera entre 12 clubs de forces inégales. La répartition des clubs en trois groupes de forces inégales et le mode de classement pour accéder à la ronde des médailles nous laissent donc entrevoir un tournoi palpitant. Avant de procéder à une évaluation sommaire de chaque club, attardons-nous un instant à considérer, dans le détail, la composition de chaque équipe en fonction de la ligue dans laquelle évoluent les joueurs qui les composent.

    On voit d’emblée que tous ne sont pas égaux. Le Canada, les États-Unis et la Suède se démarquent quant au nombre de joueurs de la LNH invités au tournoi. Dans ces trois clubs, seul l’attaquant Jimmie Ericsson (frère du défenseur Jonathan Ericsson, des Red Wings de Detroit, également de la sélection) ne joue pas dans la LNH cette saison. Un deuxième groupe, constitué de la République tchèque, de la Finlande, de la Russie et de la Slovaquie compte encore une bonne part de joueurs de la LNH avec un important contingent de la KHL (exception faite de l’équipe suisse qui repêche dans sa ligue domestique). Viennent enfin les nations plus faibles, Autriche, Lettonie, Norvège et Slovénie.

    S’il est facile de faire l’équation entre le nombre de joueurs de la LNH et la force d’un club, on ne peut pour autant balayer du revers de la main les autres ligues professionnelles. C’est une question qui occupe d’ailleurs depuis un certain temps déjà la communauté vouée à l’étude des statistiques du hockey. Dans le but d’évaluer la capacité d’un joueur à performer dans un circuit supérieur, on a graduellement élaboré des méthodes permettant de calculer le niveau relatif de différentes ligues.

    Comment? Tout simplement en observant les performances des transfuges. Lorsqu’un joueur passe d’un circuit à l’autre, ce passage s’effectue habituellement à l’entre-saison. En comparant les performances d’une année à l’autre, on en vient à pouvoir exprimer sous forme d’indice la force relative de chaque circuit.

    Reprenant notamment les travaux de Gabriel Desjardins, Bruce Peter a beaucoup utilisé ces indices au fil des billets publiés sur son excellent (mais désormais inactif) site Puck Worlds. En reprenant les données publiées par Peter dans ce billet datant de 2011 au sujet de la KHL, on dispose d’un indice de performance relativement récent pour neuf des 19 ligues représentées dans le tournoi, ligues qui emploient 279 des 300 joueurs inscrits.

    Les 10 ligues n’ayant pas d’indice de performance ont été ramenées à 0. Les autres ligues ont un indice correspondant à l’équivalence entre les points marqués dans cette ligue et ceux marqués dans la LNH. Ainsi, on attendrait d’un joueur qui marque 100 points dans la SM-Liiga de Finlande qu’il marque, en passant dans la LNH, 54 points. La mesure est simple et chaque cas est différent, mais on peut ainsi avoir une vue d’ensemble des différents niveaux de jeu en présence.

    Si on prend chaque joueur de chaque équipe et qu’on lui attribue une valeur équivalente à l’indice de performance de sa ligue, on obtient donc un indice de performance global pour chaque équipe. Voici un tableau représentant la force de chaque équipe ainsi que la part des « points » qu’elle renferme par rapport au reste de son groupe assigné pour le tournoi à la ronde.

    Le système de qualification en vigueur lors du tournoi (expliqué en détail sur le site de la Fédération Internationale de Hockey sur Glace) donne au premier de chaque groupe, ainsi qu’au « meilleur deuxième » un passage direct aux quarts de finale. Les 8 clubs restants s’affrontent ensuite pour déterminer les quatre autres participants. Attardons-nous maintenant à la composition de chaque groupe.

    Groupe A

    Ce groupe est constitué de deux puissances (Russie et États-Unis), un trouble-fête (Slovaquie) et un figurant, la Slovénie. Outre l’excellent Anze Kopitar, cette dernière ne comporte en effet que peu de joueurs s’étant distingués dans des circuits supérieurs à la ligue allemande (deux, en fait). La Slovaquie doit être considérée comme trouble-fête malgré les désistements de Lubomir Visnovsky et Marian Gaborik, ne serait-ce qu’à cause des gardiens Jaroslav Halak et Peter Budaj ainsi que des toujours excellents Zdeno Chara et Marian Hossa. Reste que passé ces joueurs d’exception, le calibre descend rapidement, ce qui ne saurait pardonner contre les d’attaquants des deux meneurs de ce groupe.

    À ce titre, c’est un superbe duel qui s’annonce entre la Russie et les États-Unis. Ryan Miller donne aux Américains l’avantage dans les filets. La défensive russe me semble légèrement moins garnie que celle des Américains, mais ces derniers n’ont pas pour autant de joueur dominant sur qui appuyer cette brigade (Ryan Suter joue beaucoup, mais il n’est pas à mon sens un défenseur d’élite). C’est donc entre les attaquants que se décidera l’explication; les Américains me semblent avoir le plus de profondeur, mais ils ne peuvent rivaliser avec l’exceptionnelle puissance de feu des Russes. Outre un Pavel Dastyuk à la santé incertaine, ce sont deux spectaculaires trios qui s’annoncent avec Evgeni Malkin, Ilya Kovalchuk, Alex Ovechkin, Vladimir Tarasenko, Alexander Radulov et Valeri Nichushkin. Avantage aux Russes, selon moi, mais les États-Unis ont le nécessaire pour traverser la Slovaquie et prendre une bonne option sur le meilleur deuxième.

    Groupe B

    Sur les seuls chiffres, l’avantage est aux Canadiens. Les Finlandais s’annonçaient comme un adversaire susceptible de faire grincer des dents les hommes de Babcock, mais les pertes de Valtteri Filppula et Mikko Koivu sont des coups terribles, une vraie torpille au flanc, en fait, que les excellents gardiens et une défensive vieillissante ne pourront réchapper. Mais les Finlandais savent où se trouve leur intérêt : après la position dans le groupe et les points cumulés, c’est le différentiel de buts qui décide du classement. À l’issue d’un massacre de la Norvège et de l’Autriche, c’est un passage direct en ronde des médailles qui se profile. Mais pour ça, il faut survivre aux Canadiens. Ceux-ci ne peuvent selon moi ne faire qu’une erreur, et encore, elle est mineure : ce serait de s’accrocher trop longtemps à Roberto Luongo dans le filet, possibilité réelle en l’absence d’un vrai challenger dans leur groupe. Reste que le grand Montréalais, s’il me semble inférieur à Carey Price, n’en est pas moins encore un excellent gardien. Problème de riche, donc.

    Groupe C

    Les pertes de Johan Franzen et Henrik Sedin sont regrettables, mais la Suède reste selon moi le club le plus complet après le Canada. Ils ont à toutes les positions profondeur et talents diversifiés et c’est pourquoi je dois considérer que, peu importe à quelle étape la confrontation survient, c’est bien entre les trois couronnes et l’unifolié que le choc au sommet se produira. Si leur groupe d’attaquants peut sembler moins explosif, leur défensive est remarquable de profondeur et, surtout, appuyée sur le seul authentique rover présentement en action, Erik Karlsson.

    La défensive des Tchèques, avec Radko Gudas, Lukas Krajicek, Tomas Kaberle et Ladislav Smid, me laisse franchement dubitatif. S’ils ont quelques fort bons joueurs à l’attaque, encore là, la profondeur n’y est pas et, contrairement à 1998, les Canadiens n’ont pas de plombier et Jakub Kovar, Ondrej Pavelec et Alexander Salak roulés en un seul gardien ne seraient pas encore Dominik Hasek. Si les Lettons (qui sont simple figurant dans toute cette histoire) sont une proie facile, le choc avec les Suisses pourrait être fort captivant.

    Car c’est un curieux assemblage que cette équipe suisse. Bâtis autour d’éléments ayant gradué dans la LNH et d’un fort noyau de professionnels de la ligue domestique, ceux-ci peuvent, à l’image des Slovaques, jouer aux fauteurs de troubles. Ils n’ont pas de cartouches en attaque; on ne fait pas la ronde des médailles avec Nino Niederreiter, Damien Brunner et la crème de la ligue A. Mais la défensive est intrigante avec Raphaël Diaz, Mark Streit et Roman Josi (Yannick Weber semble plutôt amoché, mais s’il récupère, il vaut bien des Tchèques et des Lettons) et Jonas Hiller est un excellent gardien. Pas de médaille, mais les victoires en temps réglementaire valent trois points, celles en bris d’égalité (prolongation ou tirs de pénalité) n’en valent que deux. Si les suisses s’accrochent pour quelques prolongations, c’est le meilleur deuxième (aux points comme au différentiel de buts) qui s’évanouit pour les Tchèques et, possiblement, un adversaire difficile en ronde des médailles pour les Suédois si ceux-ci se laissent surprendre.

    Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

     

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