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Bouchard: Les Blue Jackets ont resserré l’écart avec leurs principaux rivaux suite à un mauvais début de saison

dimanche 2014-02-02 / 6:00 / LNH.com - Nouvelles

Par Olivier Bouchard - Chroniqueur LNH.com

La course aux séries dans la division Métropolitaine est des plus intéressantes parce qu’aucune équipe ne semble, en surface, être capable de prendre nettement l’avance, hormis bien sûr les Penguins de Pittsburgh. Faisant suite à ce que nous avons observé la semaine dernière avec les Sénateurs d’Ottawa, nous nous attarderons cette semaine au cas des Blue Jackets de Columbus, jeune club transfuge de l’ancienne division Centrale, découvrant cette saison les joies de l’Association de l’Est.

Comparons tout d’abord les performances des Blue Jackets à celles de leurs principaux rivaux.

Trois éléments ressortent ici. Premièrement, les Blue Jackets ont clairement établi leur capacité à contrôler le jeu à forces égales à partir du mois de novembre, accomplissant sur ce point un mouvement similaire à celui des Rangers de New York , eux aussi en progression après un début de saison pénible. Deuxièmement, on voit ici à quel point les Devils du New Jersey sont un club potentiellement redoutable, fait présentement caché en partie par les performances fort ordinaires de leurs gardiens de but. Enfin, les Hurricanes de la Caroline et les Flyers de Philadelphie affichent ici leur manque de constance. On ne peut qu’être dubitatif face à leur capacité à tenir le rythme.

Reste que les Blue Jackets ont effectué une remontée spectaculaire, remontée qui s’explique à la fois par des contre-performances notables face aux Bruins de Boston, aux Canucks de Vancouver et aux Devils, mais aussi par de très fortes prestations contre les Penguins et l’Avalanche du Colorado, deux très bons clubs.

Autre élément au sujet du tableau ci-dessus : on constate que la quatrième portion du calendrier donne l’occasion aux Blue Jackets de dominer outrancièrement aux tirs lors de deux affrontements contre Buffalo. Le premier de ces deux matchs sera gagné de justesse en fusillade alors que le deuxième, théâtre d’une implosion de Sergei Bobrovsky et d’une performance spectaculaire de Ryan Miller, se termine 5 à 2 pour les Sabres! Comme quoi, les indicateurs qu’on utilise ici aident à mieux situer les chances d’une équipe à l’échelle d’une séquence de matchs, mais rien n’est jamais garanti!

En fait, si d’avoir l’avantage aux tirs est un des plus sûrs indicateurs de succès futurs, les fluctuations d’une équipe au classement sont souvent le fait de variations difficiles à contrôler à l’échelle de quelques matchs parce que la capacité d’une équipe à convertir les tirs en buts et à empêcher l’adversaire d’en compter ne se révèle qu’à grande échelle. Si on revient à nos tranches de 14 matchs, les taux de réussite varient énormément :

Ainsi, les Blue Jackets accordent 15, 17, 13 puis 12 buts à 5 contre 5 lorsque le score est serré, ce qui illustre le double impact d’une hausse du taux de réussite des gardiens et d’une baisse du nombre de tirs accordés. Moins elle donne de tirs à l’adversaire, moins une équipe est vulnérable aux passages à vide de ses gardiens. Le même principe s’applique au taux de réussite des buteurs : Columbus a ainsi marqué neuf, 12, 22 et 23 buts dans ces mêmes situations.

Regardons maintenant comment ce virage vers une plus grande production offensive fut négocié par le truchement des changements dans l’utilisation de certains joueurs.

La défensive

On va reprendre ici les trois tableaux auxquels on a fait appel au cours des dernières semaines. Ceux-ci représentent respectivement le temps de glace en minutes dures, la part des mises en jeu en zone offensive et la part des tirs obtenus par l’équipe lorsqu’un joueur est sur la glace. La part du temps de glace en minutes dures (lorsqu’au moins quatre joueurs parmi les plus utilisés de l’équipe adverse sont sur la glace) nous donne une idée du niveau de responsabilités confiées à un joueur. La part de mises en jeu en zone offensive affine l’image qu’on peut se faire du rôle du joueur dans l’équipe : défensif? Offensif? Touche à tout? Enfin, la part des tirs vers le filet obtenus par l’équipe nous permet de voir jusqu’à quel point un joueur influence le temps de possession de rondelle par sa présence sur la glace.

Voici les trois tableaux en rafale :





Le premier élément m’ayant sauté aux yeux (outre le côté sapin de Noël des couleurs choisies) renvoie à ce que j’appellerais une « approche par comité ». Dans le cas des deux clubs précédemment analysés, nous avons toujours vu des défensives organisées autour d’un joueur dominant (Erik Karlsson à Ottawa, Ryan Suter au Minnesota). Ici, nous sommes en présence d’un vrai groupe de quatre défenseurs se partageant les tâches en fonction de rôles définis sur une base beaucoup plus territoriale. On constate dans le premier tableau que seules les blessures viennent sous-exposer un membre du top-4 relativement à ses pairs. Le deuxième tableau nous le confirme, c’est bel et bien aux mises en jeu que la différence s’affiche plus clairement.

Les défenseurs sont généralement gérés en fonction d’attaquants adverses à couvrir (ou à éviter!), or, ici, ça n’est manifestement pas le cas. En l’absence d’un joueur vedette dominant, donc, on répartit les tâches en fonction des aptitudes des différents joueurs.

Ainsi, si les tâches ne varient pas outre mesure au fil de la saison, le temps de possession augmente à partir de la troisième séquence de 14 matchs et l’augmentation se fait sentir d’abord chez James Wisniewski et Ryan Murray. C’est là le signe que c’est du côté des attaquants que les changements ont fini par rapporter.

L’attaque

Encore une fois, on passe les trois tableaux en rafale. Fait à noter, les blessures ont passablement amoché le personnel des Blue Jackets, notamment de gros morceaux comme Nathan Horton et Marian Gaborik.





L’histoire de la saison des Blue Jackets, c’est beaucoup l’accession du jeune Ryan Johansen au rang de centre numéro un. Premier marqueur et premier buteur de son équipe à 21 ans à peine, il est systématiquement braqué contre les meilleurs éléments adverses et soumis à une surcharge appréciable de mises en jeu en zone défensive. Ça ne l’empêche pas de maintenir, tout au long de la saison, son équipe dans une situation d’avantage territorial, si mince soit-il par moment. L’émergence d’un joueur de cette trempe, qui transforme ces situations difficiles en avantage territorial, est un événement majeur dans l’évolution d’un club et c’est sur lui que repose la relance des Blue Jackets.

On voit en effet comment Todd Richards va procéder à un patient travail d’audition pour un rôle particulier, celui de deuxième leveur de fonte. On aménage ainsi deux trios à vocation défensive pour dégager un maximum d’opportunités en zone offensive pour la troisième unité. Après avoir essayé Artem Anisimov (comme deuxième centre) et Blake Comeau (comme ailier de Johansen) dans ces rôles, on se fixera finalement sur Nick Foligno comme troisième partenaire de Johansen.

Anisimov semble avoir bêtement implosé dans les minutes dures en début de saison. C’est donc sur le triumvirat Cam AtkinsonBrandon DubinskyMatt Calvert (surtout Dubinsky et Atkinson, en fait) qu’on finit par s’appuyer. Anisimov, lui, est déplacé vers le troisième trio, à vocation de plus en plus offensive, surtout avec l’arrivée de Horton. On les envoie, à chaque occasion possible, prendre une mise en zone offensive et on ne les retrouve que rarement accotés à de grandes concentrations d’adversaires coriaces.

En conclusion

Les Blue Jackets ont su profiter d’un calendrier favorable pour resserrer l’écart avec leurs principaux rivaux suite à un mauvais début de saison. Todd Richards ayant finalement trouvé des combinaisons de trios se complétant bien, il sera intéressant de voir comment on intègrera Marian Gaborik (attendu au plus tard après les jeux Olympiques) aux trois premiers trios. À vue de nez, on peut soupçonner une réunion avec Horton et Anisimov comme pur trio d’exploitation, ce qui pourrait donner aux Jackets une arme offensive redoutable pour enfin distancer ses rivaux.

On a souvent douté de Gaborik, mais le Slovaque a connu d’excellentes saisons. La place qu’on semble lui réserver est, il faut le dire, fort similaire à celle qu’on lui avait faite lors de ses meilleures saisons avec les Rangers et substantiellement différente de celle qu’on lui avait attribuée en début de saison, alors qu’on lui demandait de prendre beaucoup de mises en zone défensive. Les poolers ayant eu la patience de ne pas s’en débarrasser pourraient avoir d’agréables surprises en fin de saison.

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

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